Coup de froid sur les bovins
Grippe Bovine

La grippe bovine touche quelques élevages dans le département, notamment dans les monts du Lyonnais. Si la situation n’est pas rare en cette saison, une vétérinaire de Saint-Symphorien-sur-Coise préconise quelques conseils.

Grippe Bovine

Une douzaine de vaches touchées près de Thizy-Les-Bourgs ; un agriculteur qui affirme que c’est seulement la seconde fois que la grippe touche son élevage en trente ans ; 1000 l de lait de perte par jour ; d’autres agriculteurs concernés dans les monts du Lyonnais. La grippe bovine est arrivée, c’est normal, c’est de saison.
D’octobre à mars, c’est la période durant laquelle les virus se développent. Le froid, l’humidité, les écarts de température rendent les animaux plus sensibles. « La grippe se transmet plus facilement à l’intérieur des bâtiments, là où il existe une forte densité d’animaux. Les courants d’air sont également très propices à la contamination. Lorsque le thermomètre extérieur passe en-dessous de la barre des 5°C, il y a aussi plus de risque, précise Pauline Otz, vétérinaire, installée à Saint-Symphorien-sur-Coise. Il faut bien distinguer deux types de grippe : la forme respiratoire et la forme intestinale. Si le virus n’est pas le même que celui des hommes, les bovins attrapent la grippe, toute aussi contagieuse, par les voies respiratoires. Afin d’éviter la propagation, les conseils ne sont pas multiples : nettoyer régulièrement ses bottes et bien entendu les désinfecter, changer de blouse. Et ceci est valable pour tous les intervenants de l’élevage. Isoler les vaches malades est aussi une mesure de protection intra troupeau, mais on sait très bien que ce n’est pas évident à mettre en place. »

Anti-inflammatoires ou vaccin

Lors de la forme digestive, dite grippe intestinale ou aussi appelée dysenterie hivernale, « ce sont surtout les primipares qui sont touchées. Avec l’âge et après avoir été malade une première fois, l’animal fait son immunité et est moins sensible », ajoute Pauline. Un pic d’hyperthermie est souvent le premier signe, quand la température grimpe à 40, voire 41°C (alors que pour une vache en bonne santé elle est de 38,5°C).
Après une incubation de 3 à 5 jours, la grippe intestinale, due à un coronavirus, se manifeste ainsi : une diarrhée, d’odeur nauséabonde et parfois hémorragique, une forte fièvre (39,5°C-40,5°C) avant l’apparition de la diarrhée et une baisse de la production laitière (de 10 à 30 %). Sont parfois associés des signes respiratoires : toux légère, écoulements nasaux et oculaires. Généralement, ces symptômes se manifestent sur plusieurs vaches en quelques jours. La maladie est rarement mortelle, mais très contagieuse.
C’est une maladie virale, donc il n’y a pas de moyen spécifique pour traiter la vache. Dans les cas les plus bénins, la guérison survient sans traitement en quelques jours. Toutefois, dans la plupart des cas, « nous faisons d’abord du traitement symptomatique. À part donner des anti-inflammatoires et des pansements digestifs et attendre que ça passe, en général une petite semaine, il n’y a pas grandchose à faire », souligne la vétérinaire. « On conseille de mettre de l’argile dans les rations. On ne peut faire que du traitement palliatif pour limiter les symptômes et favoriser une meilleure récupération. Le recours aux antibiotiques est inutile dans ce cas. Ils ne seront utilisés que lors de surinfection bactérienne sur recommandation d’un vétérinaire. Le meilleur moyen d’éviter la grippe reste la prévention, mais il n’existe pas de vaccin contre la forme digestive. Seule une vaccination contre les maladies respiratoires (RSV, Pi3,...) est possible. Si le vaccin contre la grippe bovine n’est pas systématique, c’est essentiellement en raison de son coût (6 à 8 €/ injection) », précise la vétérinaire. L’idéal, dans une campagne de vaccination, est de commencer au début de l’automne, avant la période à risque, avec deux injections à un mois d’intervalle, puis un rappel annuel.

Pauline Otz, vétérinaire, installée à Saint-Symphorien-sur-Coise
"La grippe se transmet plus facilement à l’intérieur des bâtiments, là où il existe une forte densité d’animaux. Les courants d’air sont également très propices à la contamination. Lorsque le thermomètre extérieur passe en dessous de la barre des 5°C, il y a aussi plus de risque", précise la vétérinaire Pauline Otz.

S’assurer des bonnes conditions de vie dans les bâtiments agricoles

Afin de se prémunir des risques éventuels de la grippe bovine, il est donc conseillé de veiller à la bonne ambiance des bâtiments : éviter les courants d’air, maintenir une température entre 5 et 15°C dans les bâtiments, selon l’âge des animaux. Une bonne ventilation ainsi qu’une densité d’animaux maîtrisée dans les bâtiments sont autant de moyens de prévenir les risques. Il faut préciser qu’il n’y a pas de transmission vers d’autres espèces d’animaux. « On précise aux agriculteurs d’éviter de rendre visite à leurs voisins le temps de l’épisode viral, de limiter le passage des personnes extérieures à l’élevage, d’utiliser un pédiluve, tout comme de nettoyer le matériel agricole ayant pu être utilisé. » Si la grippe bovine ne joue pas sur la qualité du lait, le virus engendre en revanche une baisse de la production d’où son importance économique en élevage laitier. Quatre à cinq élevages, dans un rayon de 30 km autour de Saint-Symphorien- sur-Coise, ont été touchés par la grippe bovine au cours du mois écoulé.