La moisson attire l'attention
Près de 4 mètres de haut
Il a fallu moins d'une heure pour récolter les 80 ares de la parcelle située entre Trouhans et Montot. « Le taux de matière sèche était de l'ordre de 87 %, c'était le bon moment pour récolter », commentait Philippe Béjot, chargé de mission DRPRN Cultures biomasses à Bourgogne Pellets. Celui-ci semble satisfait de cette première récolte : « les tiges avoisinent les 4 mètres de hauteur et nous devrions avoir un rendement situé entre 11 et 13 tonnes de matière sèche par hectare. La culture n'est toutefois qu'à sa première récolte, soit 60 % de son potentiel ». Le miscanthus connaitra en effet son plein régime lors de la troisième récolte. Un rendement de 20 tonnes de MS/ha pourra alors être espéré.
D'un point de vue économique, Bourgogne Pellets assure aux agriculteurs avec qui elle passe des contrats une marge nette de 400 €/ha chaque année sur une période de quinze ans.
« Plus qu'à regarder pousser »
Cette récolte a été l'occasion de rappeler un certain nombre de principes sur la culture du miscanthus. La plantation peut être réalisée sur tout type de sol, du moment qu'il n'est pas superficiel et inondable. La première récolte n'intervient que la deuxième année. Un broyage de la culture est effectué la première année, un an après la plantation. Des traitements herbicides –anti-germinatifs et anti-dicotylédones– sont recommandés uniquement la première année, le temps que les premières feuilles sèchent et tombent pour créer un mulch. La culture n'a plus besoin d'engrais chaque année. « A partir de maintenant, nous n'avons plus qu'à regarder pousser le miscanthus », signale Christian Bompy, satisfait d'avoir valorisé une terre qui aurait demandé trop d'investissement avec un coûteux drainage.
Bourgogne Pellets vend désormais ses rhizomes
L'entreprise Bourgogne Pellets produit aujourd'hui 80 % des plants qu'elle utilise pour ses nouvelles parcelles de miscanthus. Une autre activité majeure de l'entreprise dirigée par Etienne Genet est donc la vente de rhizomes. « Il y a désormais deux formules différentes », résume Philippe Béjot, « soit vous devenez actionnaire, on s'occupe de la plantation et on vous garantit un prix d'achat minimum de 70 €/tonne de MS pendant 15 ans minimum. Soit vous êtes loin d'Aiserey (c’est-à-dire à plus de 70 km), vous achetez vos propres rhizomes et libre à vous de faire appel à nos prestations, sans contrat de reprise de votre production. Certaines exploitations peuvent valoriser la biomasse avec une chaufferie locale et nous apportons notre savoir-faire sur l’implantation qui est le principale gage de réussite de la culture ».
Une bonne alternative pour les parcelles éloignées et en zones sensibles
Daniel Durand, en EARL avec son fils Nicolas à Comblanchien sur le canton de Nuits-Saint-Georges, a planté un total de 21 hectares de miscanthus l'an dernier. Une surface importante qui n'est pourtant pas la plus conséquente du département puisque plusieurs propriétaires dépassant les 30 hectares figurent dans le listing de Bourgogne Pellets. Curieux d'assister à une récolte (il n'est qu'au stade du broyage cette année), Daniel Durand s'est déplacé la semaine dernière à Trouhans, comme d'autres agriculteurs : « Dans mon cas, nous avons choisi le miscanthus car mon fils et moi avons des terres situées en zone vulnérable. Cette culture était donc une bonne opportunité. De plus, les terres que nous avons plantées sont éloignées de l'exploitation. Elles se trouvent à Izeure et Bessey-lès-Citeaux alors que nous habitons Comblanchien : les problèmes de transport et de suivi de cultures sont terminés avec le miscanthus ».