Accès au contenu
Agrioccasions, les occasions agricoles
Gaec Soufférant

2.000 € d’eau économisés chaque année ! 

Pour limiter les charges de leur élevage, Franck, Julie et Jean Soufférant abreuvent leurs animaux avec de l’eau de pluie collectée sur leur exploitation. Un système de pompage reprend les eaux de ruissellement qui sont recueillies dans un bassin. Une station de filtrage et de traitement au chlore garantit la qualité sanitaire des eaux distribuées aux animaux.
2696--station_traitement.JPG
Depuis 1998, la famille Soufférant abreuve ses animaux à l’étable avec de l’eau de pluie. De fin novembre à début avril, 150 vaches suitées ainsi que 80 génisses et quelques réformes sont alimentées par l’eau de surface que le Gaec récupère sur son exploitation. Tout le cheptel passe l’hiver au siège de la ferme à Céron. Le parc comprend une stabulation de 135 vaches à veaux, une autre stabulation pour les 80 génisses et une étable entravée aux normes. Pour alimenter l’ensemble des abreuvoirs, le Gaec collecte des eaux de surfaces qui s’écoulent dans une petite vallée en contrebas de la ferme. Profitant du relief accidenté du terrain et d’un fond de vallée argileux, les éleveurs ont creusé un bassin artificiel faisant office de réserve. Il recueille les eaux qui s’écoulent des prés en pente qui l’entourent. Ce bassin d’une dizaine de mètres de long et d’environ 80 cm de profondeur alimente un puits creusé à l’une de ses extrémités. Pour passer du bassin vers le puits, les eaux franchissent une sorte de digue et passent à travers un « chemin de galets ». Les eaux s’infiltrent ainsi vers les buses percées du puits d’une profondeur de 4 à 5 mètres. Là, une pompe immergée remonte l’eau vers les bâtiments d’élevage situés à 30 mètres de dénivelé plus haut.

Pompage, filtrage et traitement


La canalisation arrive dans un local technique attenant à l’étable entravée. C’est là qu’est installé le système électrique qui gère la pompe. Le local contient un ballon métallique d’une contenance de 200 litres, dans lequel une "vessie" dotée d’un manomètre sert à maintenir la pression dans le circuit d’eau. C’est elle qui déclenche à distance la pompe lorsque la pression d’eau n’est plus suffisante.
En 2007, les Soufférant ont rajouté un système de traitement des eaux à leur installation. « L’eau non traitée avait parfois une odeur. En hiver, des particules en suspension lui donnaient un aspect sale. Nous avions également subi quelques problèmes sanitaires (diarrhée, coccidiose) », confie Franck Soufférant. Cette amélioration du système existant a pu être financée dans le cadre du Plan de modernisation des bâtiments d’élevage. Franck et son père ont fait appel à une entreprise spécialisée.
Le système débute par un filtre à "liparite" : il s’agit d’une grosse bonbonne à l’intérieur de laquelle l’eau sous pression traverse du sable de roche volcanique poreux. L’eau est ainsi filtrée à 15 microns. Le filtre se nettoie automatiquement. Franck reconnaît que ce dispositif de filtrage constitue la partie la plus coûteuse du système. Beaucoup moins cher, un filtre de type "chaussette" aurait pu convenir pour de l’eau de source très claire. Mais dans le cas des Soufférant, l’eau est chargée en particules et nécessite une filtration plus poussée. Et puis, « plus l’eau est propre avant traitement, moins il faut de chlore », complète Franck.

Dosage du chlore


L’eau filtrée fait en effet l’objet d’un traitement au chlore avant d’être distribuée aux animaux. Une pompe doseuse assure l’injection de chlore en fonction du débit de l’eau. Le dosage s’ajuste automatiquement suivant les données fournies par un compteur d’eau. La pompe à chlore s’approvisionne dans une réserve de 100 litres. Il s’agit d’un mélange d’eau, de chlore et d’un produit "stabilisateur". Cette réserve doit être renouvelée environ toutes les trois semaines en hiver. Frank Soufférant ajuste la quantité de chlore émise par la pompe en fonction des conditions météorologiques. Pour se faire, le jeune éleveur dispose d’un kit de tests lui permettant de doser la teneur en chlore de l’eau. « En hiver, par temps froid et sec, on peut diminuer la quantité injectée », indique Franck. Le chlore a besoin d’un peu de temps pour tuer les microbes. C’est pour cette raison que l’installation dispose de deux réservoirs tampons de 500 et 1.000 litres. L’eau traitée au chlore y transite avant de partir saine vers les abreuvoirs. L’éleveur signale que le chlore agit encore dans les canalisations alimentant les abreuvoirs. Un avantage que n’offrirait pas un traitement de type "UV", également proposé sur le marché.

Rentable malgré l’investissement


Outre l’abreuvement de tout le cheptel hiverné, le système de récupération des eaux créé par les Soufférant alimente également les toilettes d’une habitation, le nettoyeur haute pression de la ferme et l’arrosage du jardin en été. Pour les bovins de l’exploitation, à raison de 10 mètres cubes par jour pendant quatre mois, cela représente environ 1.200 mètres cubes d’eau consommés en hiver, estime Franck. A 1,50 € le mètre cube d’eau de ville, la famille Soufférant réalise une économie d’environ 2.000 € par an ! « A ce tarif-là, notre installation se rentabilise en très peu de temps », confie Franck. Et cela même en ayant investi au départ près de 10.000 € (4.400 € pour le système de traitement au chlore ; environ 3.000 € pour le système de pompage ; 1.500 € de fournitures diverses…). L’éleveur signale toutefois 150 à 200 € de frais annuels pour alimenter le système en chlore et produit stabilisateur.

Conformité sanitaire et réglementaire


Concernant les aspects réglementaires, le Gaec a fait installer un clapet anti-retour sur son réseau de canalisation, de sorte que l’eau récupérée sur la ferme ne puisse en aucun cas repartir dans le réseau d’eau de ville. Ce dernier pouvant assurer le relai en cas de panne sur le système de collecte des eaux de pluie. Le dispositif de la famille Soufférant a par ailleurs été validé dans le cadre d’un contrôle pour le cahier des charges Label rouge. Franck signale enfin que son installation est conforme aux exigences de la conditionnalité. En quatre années de fonctionnement, le Gaec n’a pas eu à déplorer de problème sanitaire lié à l’eau. Rigoureux dans leur travail, les Soufférant atteignent plus de 95 % de veaux sevrés par nombre de vêlage. Une performance qui traduit une conduite d’élevage très précautionneuse, à l’instar de ce qu’ont fait les associés avec leur installation de récupération des eaux de surface.

Images