30 ans d’échanges nord-sud…
Reste qu’aujourd’hui, face au désengagement de partenaires institutionnels historiques confrontés à leurs propres restrictions budgétaires, il est urgent de trouver d’autres formes de financement. Que ce soit par le biais du mécénat, en sollicitant les entreprises privées, ou par un rôle accru des organisations agricoles professionnelles. La question, selon Thierry Michon, étant bien de « comment parvenir à les mobiliser toutes aujourd’hui ? » Avec pour exemple ces quelques chiffres : le partenariat mené depuis deux ans avec Dijon Céréales, a permis de collecter annuellement 25.000 €. Une somme suffisante pour financer l’action sur place de quatre techniciens et d’un coordinateur local. « Les petits ruisseaux faisant les grandes rivières », à noter également, le reversement par le GDS de la Nièvre de quatre centimes par bovin cotisant. Avec, à la clé, plusieurs milliers d’euros collectés. Si le mot solidarité est corollaire de la profession agricole, il est plus que jamais urgent de le concrétiser par des actes. En dépendent directement toutes ces "exploitations agricoles familiales" représentant 45 % de la population mondiale et seules capables de répondre aux besoins alimentaires de la planète, aujourd’hui, comme demain !
Quel équilibre alimentaire mondial pour demain ?
Alors que la hausse brutale des prix agricoles touche en premier lieu les pays les plus pauvres, la table ronde organisée l’après midi avait pour thème les défis alimentaires. Y participaient, outre le ministre de la Coopération, Henri de Raincourt, venu en voisin, Gérard Renouard, président national de l’Afdi et membre du bureau de la FNSEA, Nicolas Fischer, vice-président des JA, Gilles Abry, président de la chambre d’agriculture de l’Yonne, Michel Renevier, président de la chambre de Franche-Comté, Lucien Bourgeois, expert en économie rurale, ainsi que deux agriculteurs sénégalais, Malamine Sané, président de l’Ajac, et Seydou Baldé, président de la fédération des éleveurs de Kolda.
Pour Lucien Bourgeois, un impératif : « que la Pac devienne le plus vite possible une Politique alimentaire commune ! ». De souligner cette évidence : « la politique agricole, c’est simple ! On a besoin de manger trois fois par jour et on a toujours besoin d’un an pour faire un grain de blé ». La population mondiale dépend à 40 % des marchés agricoles, les produits de l’agriculture représentant 10 % du commerce international, alors même que la part de l’aide publique au développement en agriculture est passée en 20 ans de 15 à 5 %. Des chiffres qui alertent le ministre de la Coopération pour qui le continent africain sera peut-être dans la décennie à venir, la planche de salut : « on sait que la production agricole devra augmenter de 70 %. Et quand je regarde le territoire africain, j’y vois des terres disponibles, d’excellentes terres agricoles, des pays dans lesquels il y a de l’eau et naturellement, du soleil. Et quand on a tout ça, on arrive à faire pousser à peu près ce qu’on veut ! ». Sentiment visiblement partagé par Michel Renevier : « pour nourrir demain neuf milliards d’individus, ce ne sont pas les pays les plus développés qui en auront les moyens, mais bien les pays en voie de développement », avant d’en appeler à un « vrai plan Marshall de l’agriculture ». Gilles Abry pour sa part, insistant sur le fait que « l’équilibre alimentaire mondial se fera aussi par le développement de la production là où les besoins existent et où les moyens sont potentiellement présents et sous utilisés ». Un regret pour le président national d’Afdi, Gérard Renouard : « que l’on soit en retard d’investissement dans la capacité de stockage, seule façon d’organiser la régulation ».
Par des mots simples, mais empreints de dignité, Malamine Sané et Seydou Baldé ont, à leur manière, recentré le débat, s’interrogeant sur ce qui est aujourd’hui leur quotidien : « des poulets d’Europe vendus moins chers sur les marchés sénégalais que ce que je produis dans mon village, du lait de France moins cher que celui de mes vaches, à Kolda… » Décidément, le président Renouard avait raison de souligner, parlant de ses invités africains : « la pertinence de leurs propos n’a d’égale que la distance qu’il leur a fallu pour nous rejoindre… ! »
Commerce équitable
Rendez-vous le 11 juin à Lugny
Quand on parle de commerce équitable, on pense en premier lieu aux producteurs des pays en voie de développement, dont les produits sont commercialisés chez nous à un prix équitable pour eux. L’Afdi a souhaité ainsi commercialiser de la vanille malgache en lien avec la cave coopérative de Lugny.
Une animation et la vente seront ainsi organisées le samedi 11 juin prochain de 9 h 00 à 18 h 00 à la cave coopérative L’Aurore à Lugny. Par ailleurs, un pourcentage de la vente de vins réalisée ce jour-là par la cave sera reversé à l’Afdi pour son action conduite à Madagascar. Nul doute que d’autres caves coopératives emboiteront le pas à Lugny.
Voilà donc un moyen simple et efficace pour tous de soutenir efficacement l’action de l’Afdi : rendez-vous le samedi 11 juin à Lugny pour acheter du vin et de la vanille !