Concours d’animaux de boucherie d’Autun
Accalmie sur le haut de gamme
Mardi, le concours d’animaux de boucherie d’Autun réunissait près de 300 bêtes. Loin de l’euphorie commerciale de l’an dernier, les trois quarts des animaux ont trouvé preneur avec des prix légèrement inférieurs à l’an dernier.
A un peu plus de quinze jours des fêtes de Pâques, se tiennent les traditionnels concours d’animaux de boucherie. Mardi dernier, c’était au tour d’Autun. Comme de coutume, la Société d’agriculture de l’arrondissement, organisatrice, a enregistré plus d’engagements que de places disponibles. 35 animaux ont ainsi du être refusés. Au final, 301 bêtes concourraient le jour "J". Le rassemblement comptait 175 génisses, 81 vaches et une petite cinquantaine de bœufs. « Cette année, il y avait beaucoup de génisses "standard", 112 animaux, mais moins de culardes », confiait le président François Grillot.
Une fois de plus, la qualité était au rendez-vous. Autun a, semble-t-il, pas mal progressé depuis quelques années : une tendance qui n’a pas échappé au président de la Fédération nationale des concours d’animaux de boucherie de haute qualité, présent dans le jury.
Quand le standard va mieux…
Côté ventes, ça n’a pas été l’euphorie de l’an dernier. Alors que près de 99 % des animaux avaient trouvé preneurs en 2011, cette année, on est plus près des 75 %. Tous les opérateurs habituels étaient pourtant bien présents : groupements, négoce, chevilles, abatteurs transformateurs, grande distribution, artisans bouchers… Mais les carnets de commande étaient moins garnis que l’an dernier et les transactions ont été parfois longues à démarrer. « Nous n’avons reçu nos commandes définitives qu’hier ! », confiait un acheteur de Global-Socaviac. Les grandes enseignes de distribution ont, semble-t-il, hésité davantage que les autres années. Il faut dire que la consommation de viande bovine "haut de gamme" serait un peu partout à la baisse en ce moment. La baisse du pouvoir d’achat se fait sentir. « On préfère se priver de viande de bœuf pour pouvoir payer le carburant ou les vacances », entendait-on dans les allées. Certains pointaient aussi le climat de crise qui coupe l’envie de se faire plaisir. « Quand le marché classique est plus dynamique, ça marche moins bien sur les concours », rappelait un acheteur. Le commerce est en effet bien orienté en ferme en ce moment avec une légère sous-production et des prix convenables. Du coup, les grands distributeurs ont moins besoin de "booster" les ventes en s’illustrant sur les concours. Et puis, comme les cours sont plus élevés en ferme, voyant leur marge baisser, les distributeurs sont peut-être un peu plus frileux pour investir dans les bêtes d’exception…
Certaines enseignes locales ont tout de même bien joué le jeu. C’est le cas de Leclerc et d’Intermarché à Autun qui sont restés fidèles au concours de leur ville en achetant chacun l’une des championnes. Le premier a d’ailleurs payé 14,50 € le kilo de carcasse la cularde super prix de championnat. Une exception puisque les autres culardes du concours ont été payées entre 5,80 et 6,90 €. Les génisses : entre 5,35 et 6,40 € pour les plus primées ; 4,10 à 4,30 € celles qui n’avaient pas de plaque. En vaches, les tarifs oscillent entre 4,10 et 4,90 €. Quant aux bœufs, les plus chers ont atteint 5 €.
Baisse des commandes
Parmi les gros opérateurs présents, Global-Socaviac a acheté une centaine d’animaux. Beaucoup l’ont été pour le compte de l’abatteur Bigard. Confirmant la tendance, les acheteurs du groupement signalaient une baisse de la demande marquée en catégorie vaches. De son côté, Charolais Horizon a fait l’acquisition d’une quarantaine de bêtes : une quinzaine de moins que l’an dernier, confiait François Chaintron. Le directeur confirmait ainsi une baisse des commandes de la part de toutes les enseignes (Carrefour, Casino, Système U…). Le constat était sensiblement le même pour Hubert Cordon de SVA. L’abatteur vitréen ayant toutefois acquis 25 bêtes cette année, soit presque autant que l’an dernier. Autre gros opérateur, le chevillard habitué de Rungis Charles Guedjou lequel s’est porté acquéreur de 25 bovins également.
Les enseignes autunoises jouent le jeu
L’euphorie des années passées doit beaucoup à la grande distribution qui a su miser sur les concours pour se donner une bonne image auprès du public. Mais la démarche ne tient heureusement pas qu’au mercantilisme. Dans certaines grandes surfaces, il y a aussi des chefs de rayon dynamiques, suivis par des patrons compréhensifs. Eric Corniaux et Jérôme Chavallier du Leclerc d’Autun étaient présents sur le concours pour la cinquième année consécutive. Outre le super prix de championnat, ils se sont portés acquéreurs de cinq autres bêtes dont un prix d’honneur spécial naisseur et des premiers prix. Tous ces animaux seront détaillés pour les fêtes de Pâques au rayon traditionnel. Et la démarche ne s’arrête pas là puisque le responsable du rayon dit s’approvisionner toute l’année avec des bêtes de qualité provenant des environs. Pour cela, il s’appuie sur le chevillard local Raze qui fait abattre à Autun.
Même philosophie pour le magasin Intermarché à l’autre bout de la ville. « Nous achetons chaque année une ou deux bêtes sur le concours », confiait le directeur. Cette année, l’enseigne s’est portée acquéreuse du grand prix d’honneur vaches. Une bête qui provient de l’élevage où se fournit désormais à l’année la grande surface. Cela représente environ une vingtaine de bovins par an, tous abattus à Paray-le-Monial. Un approvisionnement local auquel ces patrons de grandes surfaces semblent très attachés. Il faut dire que la clientèle semble en être reconnaissante.
Autre fidèle du concours d’Autun, Antonio De Sousa qui s’est pour la cinquième fois vu remettre le "prix spécial de la boucherie artisanale". Ce trophée récompense l’artisan boucher qui achète la meilleure bête du concours. Antonio De Sousa a ,cette année, acquis deux femelles à Autun : le super prix d’honneur génisses et un premier prix. Chaque année, cet artisan qui exploite deux boucheries au Creusot et à Montceau-les-Mines fréquente tous les concours du département. Une démarche saluée par le président de l’Union professionnelle des bouchers de Saône-et-Loire, Pascal Moine, venu découvrir le concours.
Extrait du palmarès
Une fois de plus, la qualité était au rendez-vous. Autun a, semble-t-il, pas mal progressé depuis quelques années : une tendance qui n’a pas échappé au président de la Fédération nationale des concours d’animaux de boucherie de haute qualité, présent dans le jury.
Quand le standard va mieux…
Côté ventes, ça n’a pas été l’euphorie de l’an dernier. Alors que près de 99 % des animaux avaient trouvé preneurs en 2011, cette année, on est plus près des 75 %. Tous les opérateurs habituels étaient pourtant bien présents : groupements, négoce, chevilles, abatteurs transformateurs, grande distribution, artisans bouchers… Mais les carnets de commande étaient moins garnis que l’an dernier et les transactions ont été parfois longues à démarrer. « Nous n’avons reçu nos commandes définitives qu’hier ! », confiait un acheteur de Global-Socaviac. Les grandes enseignes de distribution ont, semble-t-il, hésité davantage que les autres années. Il faut dire que la consommation de viande bovine "haut de gamme" serait un peu partout à la baisse en ce moment. La baisse du pouvoir d’achat se fait sentir. « On préfère se priver de viande de bœuf pour pouvoir payer le carburant ou les vacances », entendait-on dans les allées. Certains pointaient aussi le climat de crise qui coupe l’envie de se faire plaisir. « Quand le marché classique est plus dynamique, ça marche moins bien sur les concours », rappelait un acheteur. Le commerce est en effet bien orienté en ferme en ce moment avec une légère sous-production et des prix convenables. Du coup, les grands distributeurs ont moins besoin de "booster" les ventes en s’illustrant sur les concours. Et puis, comme les cours sont plus élevés en ferme, voyant leur marge baisser, les distributeurs sont peut-être un peu plus frileux pour investir dans les bêtes d’exception…
Certaines enseignes locales ont tout de même bien joué le jeu. C’est le cas de Leclerc et d’Intermarché à Autun qui sont restés fidèles au concours de leur ville en achetant chacun l’une des championnes. Le premier a d’ailleurs payé 14,50 € le kilo de carcasse la cularde super prix de championnat. Une exception puisque les autres culardes du concours ont été payées entre 5,80 et 6,90 €. Les génisses : entre 5,35 et 6,40 € pour les plus primées ; 4,10 à 4,30 € celles qui n’avaient pas de plaque. En vaches, les tarifs oscillent entre 4,10 et 4,90 €. Quant aux bœufs, les plus chers ont atteint 5 €.
Baisse des commandes
Parmi les gros opérateurs présents, Global-Socaviac a acheté une centaine d’animaux. Beaucoup l’ont été pour le compte de l’abatteur Bigard. Confirmant la tendance, les acheteurs du groupement signalaient une baisse de la demande marquée en catégorie vaches. De son côté, Charolais Horizon a fait l’acquisition d’une quarantaine de bêtes : une quinzaine de moins que l’an dernier, confiait François Chaintron. Le directeur confirmait ainsi une baisse des commandes de la part de toutes les enseignes (Carrefour, Casino, Système U…). Le constat était sensiblement le même pour Hubert Cordon de SVA. L’abatteur vitréen ayant toutefois acquis 25 bêtes cette année, soit presque autant que l’an dernier. Autre gros opérateur, le chevillard habitué de Rungis Charles Guedjou lequel s’est porté acquéreur de 25 bovins également.
Les enseignes autunoises jouent le jeu
L’euphorie des années passées doit beaucoup à la grande distribution qui a su miser sur les concours pour se donner une bonne image auprès du public. Mais la démarche ne tient heureusement pas qu’au mercantilisme. Dans certaines grandes surfaces, il y a aussi des chefs de rayon dynamiques, suivis par des patrons compréhensifs. Eric Corniaux et Jérôme Chavallier du Leclerc d’Autun étaient présents sur le concours pour la cinquième année consécutive. Outre le super prix de championnat, ils se sont portés acquéreurs de cinq autres bêtes dont un prix d’honneur spécial naisseur et des premiers prix. Tous ces animaux seront détaillés pour les fêtes de Pâques au rayon traditionnel. Et la démarche ne s’arrête pas là puisque le responsable du rayon dit s’approvisionner toute l’année avec des bêtes de qualité provenant des environs. Pour cela, il s’appuie sur le chevillard local Raze qui fait abattre à Autun.
Même philosophie pour le magasin Intermarché à l’autre bout de la ville. « Nous achetons chaque année une ou deux bêtes sur le concours », confiait le directeur. Cette année, l’enseigne s’est portée acquéreuse du grand prix d’honneur vaches. Une bête qui provient de l’élevage où se fournit désormais à l’année la grande surface. Cela représente environ une vingtaine de bovins par an, tous abattus à Paray-le-Monial. Un approvisionnement local auquel ces patrons de grandes surfaces semblent très attachés. Il faut dire que la clientèle semble en être reconnaissante.
Autre fidèle du concours d’Autun, Antonio De Sousa qui s’est pour la cinquième fois vu remettre le "prix spécial de la boucherie artisanale". Ce trophée récompense l’artisan boucher qui achète la meilleure bête du concours. Antonio De Sousa a ,cette année, acquis deux femelles à Autun : le super prix d’honneur génisses et un premier prix. Chaque année, cet artisan qui exploite deux boucheries au Creusot et à Montceau-les-Mines fréquente tous les concours du département. Une démarche saluée par le président de l’Union professionnelle des bouchers de Saône-et-Loire, Pascal Moine, venu découvrir le concours.
Extrait du palmarès
Super prix de championnat et grand prix d'honneur mulotte : Pierre Desloires de Couches.
Prix de championnat femelles et grand prix d'honneur cularde : SA Lhuillier (88).
Prix de championnat mâle et grand prix d'honneur bœuf : Charles Guedjou, La Comelle.
Grands prix d'honneur culard et vache cularde : Charles Guedjou, La Comelle.
Grand prix d'honneur génisse : Gaec Givry, Mellecey.
Grand prix d'honneur vaches : EARL des Griveaux, Laizy.