Acteur majeur du sanitaire
Le GTV se donne pour mission de former constamment les vétérinaires de terrain. Une formation qui se veut « pratico-pratique, variée et de niveau élevé », assure Liliane Rehby. Tenue d’être « en symbiose avec l’actualité des pathologies dominantes du bassin allaitant bourguignon », cette formation se devait de traiter de la tuberculose bovine. La maladie sévit depuis plusieurs années en Côte-d’Or et elle mobilise très fortement les vétérinaires sanitaires de ce département et des zones limitrophes. Un fléau qui fut le thème central de la journée technique annuelle organisée à Autun en octobre dernier. La parole a été donnée au groupe d’experts qui « appuient » les actions de lutte contre la tuberculose bovine dans les zones françaises touchées (lire encadré). Ces derniers ont rappelé les fondamentaux (épidémiologie, outils disponibles pour l’éradication, actualité réglementaire), exposé l’évolution de la maladie et insisté sur le rôle fondamental des vétérinaires sanitaires en matière de dépistage.
Très complète, cette session a d’ailleurs été reconnue au titre de la formation continue obligatoire des vétérinaires sanitaires. Elle fait désormais partie du catalogue de formations imposé par l’administration. Mis en place en 2007, ce cycle de formation continue obligatoire des vétérinaires sanitaires est promu auprès des praticiens par le GTV Bourgogne. En quatre ans de temps, plus de 70 % des vétérinaires ont suivi au moins une des formations proposées. En 2011, le GTV espère parvenir à toucher l’ensemble des praticiens de la région.
Former des éleveurs-infirmiers
Depuis trois ans, des vétérinaires praticiens de Saône-et-Loire participent et animent des journées de formation spécifiquement dédiées aux éleveurs, intitulées « formations éleveurs-infirmiers ». Organisées par le GDS et financées par des fonds Vivéa, ces formations ont pour but de « recadrer les bases auprès des éleveurs pour leur permettre de mieux s’organiser dans leur travail et de savoir trancher quant à leur capacité ou non à gérer des cas cliniques tout seul », commentait Jocelyn Amiot, vétérinaire à Epinac. Le module "Examen du bovin malade" explique « comment réaliser un examen rigoureux des animaux détectés comme étant malades, pour déterminer la gravité du cas ». Le module "Médicaments vétérinaires", quant à lui, « responsabilise l’éleveur devant l’utilisation des médicaments en insistant sur le fait qu’un traitement doit systématiquement être mené de façon rigoureuse et complète », insiste Jocelyn Amiot. Ces deux modules viennent de s’enrichir d’une troisième session intitulée "Alimentation et pathologies". Cette dernière est animée par deux vétérinaires spécialisés en nutrition (société 5MVet), lesquels interviennent de concert avec les praticiens locaux et le GDS. « Cette collaboration nous a permis d’amorcer une sensibilisation auprès de nos clients trop ancrés dans leurs habitudes », estime Jocelyn Amiot. « Ces formations ont pour but de consolider le rôle de conseiller du vétérinaire par rapport à sa clientèle. Objectif : devenir le conseiller privilégié de l’éleveur en production animale », ajoutait Liliane Rehby.
Partenariats
Parmi ses activités importantes, le GTV participe à un certain nombre d’essais en partenariat avec des laboratoires pharmaceutiques, voire même le CHU 21, pour certains thèmes. Le GTV assume par ailleurs un rôle de représentation soutenue auprès de l’ensemble des partenaires agricoles, de l’administration et des laboratoires partenaires. En 2010, le GTV s’est ainsi lourdement impliqué dans le dossier FCO. Les vétérinaires sanitaires bourguignons ont ainsi poursuivi la campagne massive de vaccination obligatoire, permettant, de ce fait, d’arriver à une situation sanitaire satisfaisante, tant pour le nombre de foyers cliniques que pour le déroulement des échanges européens d’animaux, rappelait Liliane Rehby. Pour 2011, alors qu’une volonté d’une vaccination volontaire non obligatoire s’est faite jour, le GTV espère que la nouvelle direction prise « ne compromettra pas les résultats de fin 2010 », confiait la présidente.
L’acte vétérinaire redéfini
2011 s’annonce comme une « année charnière pour les vétérinaires en production animale avec les premières conséquences législatives issues des Etats généraux du sanitaire. Ces travaux, qui ont mobilisé les représentants nationaux des GTV, de l’ordre et du syndicat des vétérinaires, étaient destinés à construire, avec les partenaires de la profession, le cadre de la Loi de modernisation de l’agriculture », indiquait Liliane Rehby. En 2010, ils ont abouti - « dans un accouchement difficile aux forceps », précisait la présidente - « à la définition du futur acte vétérinaire, de l’exercice du mandat sanitaire et de la gouvernance sanitaire ». Un cadre qui devrait modifier sensiblement l’exercice du métier et qui n’est pas sans susciter quelques inquiétudes dans la profession. C’est pour ces raisons que la présidente du GTV Bourgogne incitait ses troupes à se mobiliser. Le mot d’ordre est de consolider la position du GTV dans l’univers agricole bourguignon et pour cela, un appel du pied est lancé en direction des vétérinaires ruraux pour qu’ils unissent leurs forces au sein du GTV Bourgogne.
Tuberculose
Une maladie qui pose questions
« La tuberculose en Côte-d’Or prouve qu’il n’y a pas de maladie du passé », résumait Liliane Rehby, faisant référence à la journée technique régionale du 20 octobre dernier à Autun. Face à ce fléau, « le rôle du vétérinaire sanitaire est capital car on est en présence d’une maladie d’évolution insidieuse et difficile à diagnostiquer », indiquait par ailleurs Stéphanie Philizot, vétérinaire en Côte-d’Or. De fait, « s’il appartient aux éleveurs de protéger leurs troupeaux, les vétérinaires sont en première ligne pour le dépistage », indiquait la praticienne. Parmi les messages entendus à Autun, on retiendra « que l’infection se propage avant tout par contact mufle à mufle. La zone blanche du 21 a été soigneusement explorée depuis deux ans sans détection de cas de tub. Par contre, certains départements où des cas sont régulièrement détectés en abattoir, mais pas en prophylaxie, posent question ». Selon l’ONCFS, la présence de la maladie dans la faune sauvage reste en général un révélateur de l’infection des bovins, mais elle peut cependant, dans certaines conditions, devenir un réservoir. Cerfs, blaireaux et sangliers peuvent être infectés. En revanche, chevreuils, renards et carnivores domestiques le seraient de façon plus sporadique. A noter qu’en Saône-et-Loire, tous les blaireaux analysés autour de foyers ont présenté des résultats négatifs. Dernier fait rapporté : la bactérie responsable de la tuberculose persisterait dans le milieu extérieur, ce qui expliquerait certaines re-contaminations. Les fumiers sont particulièrement visés. Le compostage des litières, par l’échauffement qu’il produit, offre un bon moyen de tuer ces bactéries avant épandage. Le risque de contamination serait faible pour ce qui concerne les fourrages issus de pâtures infectées. Dans tous les cas, une bonne maîtrise des facteurs de risques est recommandée : nettoyage et désinfection du matériel, bétaillères, bottes des vétérinaires. La gestion du parcellaire et des clôtures fait également partie des recommandations.