Haras national de Cluny
Adaptations oui, disparition non
Pierre Terrier, ancien directeur de la Chambre d'Agriculture de Saône-et-Loire, donne son avis sur les récentes actualités concernant les Haras de Cluny...
" Des récents articles de presse ont confirmé la nouvelle : Les haras de Cluny sont sur une voie accélérée de disparition. Fin 2014, il tous les étalons seront partis. La Révision des politiques publiques -RGPP- est passée par là, dommage.
Il y a bien sûr les effets directs extrêmement regrettables sur l’emploi, sur le développement du sud de notre département, sur la renommée historique du pôle de Cluny ou sur une activité prisée par les visiteurs de notre région.
Mais à quoi servaient les Haras ?
Créer en 1665 puis remis en service en 1806 par Napoléon, les haras ont eu pendant très longtemps la responsabilité de créer un cheptel de chevaux adaptés aux besoins de l’armée française. Au cours du XX° siècle leur mission s’est concentrée sur les questions d’amélioration génétique en particulier en faveur des races les plus menacées, c'est-à-dire les chevaux de trait. Les haras sont devenus les dépositaires publics des qualités et diversités génétiques des races françaises de cheval.
Localement les haras de Cluny ont été les promoteurs des chevaux de trait parmi lesquels le comtois ou le trait de l’auxois. Mais surtout ils ont été les acteurs du développement des chevaux de courses AQPS (Autres Que Pur Sang) qui ont acquis une renommée certaine et qui concernent aujourd’hui un nombre significatif d’éleveurs dans le centre de la France.
Les haras - Institution ont sans aucun doute trop perduré. L’éclat et le prestige ont fait oublier que les éleveurs changeaient, que leurs besoins évoluaient et que les attentes de nos concitoyens se modifiaient. Tout cela est vrai.
Mais fallait-il pour autant supprimer un organisme qui avait la mission d’être le garant public du patrimoine génétique équin ou le conservateur des races menacées car à petits effectifs ? Pour toutes les espèces animales, la France a su conserver une place centrale à la puissance publique. Alors pourquoi pas pour les chevaux ? Parce que certaines races baignent dans des univers très argentés ? Et les autres ?
Faudra t –il attendre que les conséquences désastreuses de la privatisation mondialisées des patrimoines génétiques du règne végétal se reproduisent dans les mondes du cheval pour que nous nous rappelions « Nous avions les outils, mais nous les avons détruits ».
Pierre Terrier
Ancien Directeur de la Chambre d’Agriculture de Saône-et-Loire.
Il y a bien sûr les effets directs extrêmement regrettables sur l’emploi, sur le développement du sud de notre département, sur la renommée historique du pôle de Cluny ou sur une activité prisée par les visiteurs de notre région.
Mais à quoi servaient les Haras ?
Créer en 1665 puis remis en service en 1806 par Napoléon, les haras ont eu pendant très longtemps la responsabilité de créer un cheptel de chevaux adaptés aux besoins de l’armée française. Au cours du XX° siècle leur mission s’est concentrée sur les questions d’amélioration génétique en particulier en faveur des races les plus menacées, c'est-à-dire les chevaux de trait. Les haras sont devenus les dépositaires publics des qualités et diversités génétiques des races françaises de cheval.
Localement les haras de Cluny ont été les promoteurs des chevaux de trait parmi lesquels le comtois ou le trait de l’auxois. Mais surtout ils ont été les acteurs du développement des chevaux de courses AQPS (Autres Que Pur Sang) qui ont acquis une renommée certaine et qui concernent aujourd’hui un nombre significatif d’éleveurs dans le centre de la France.
Les haras - Institution ont sans aucun doute trop perduré. L’éclat et le prestige ont fait oublier que les éleveurs changeaient, que leurs besoins évoluaient et que les attentes de nos concitoyens se modifiaient. Tout cela est vrai.
Mais fallait-il pour autant supprimer un organisme qui avait la mission d’être le garant public du patrimoine génétique équin ou le conservateur des races menacées car à petits effectifs ? Pour toutes les espèces animales, la France a su conserver une place centrale à la puissance publique. Alors pourquoi pas pour les chevaux ? Parce que certaines races baignent dans des univers très argentés ? Et les autres ?
Faudra t –il attendre que les conséquences désastreuses de la privatisation mondialisées des patrimoines génétiques du règne végétal se reproduisent dans les mondes du cheval pour que nous nous rappelions « Nous avions les outils, mais nous les avons détruits ».
Pierre Terrier
Ancien Directeur de la Chambre d’Agriculture de Saône-et-Loire.