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Agrioccasions, les occasions agricoles
Face aux conditions climatiques

Adapter sa production fourragère

Sur chaque exploitation d'élevage, l'heure est à adapter sa stratégie fourragère en fonction de sa situation propre, celle de ses stocks fourragers, celle de l'état de ses prairies, lesquelles dépendent de la nature de ses sols, des précipitations qui ont pu tomber ou qui ne sont pas tombées. Et, en Saône-et-Loire, on constate sur le terrain un damier de situations
très variables... Premiers conseils de la chambre d'agriculture.
Par Publié par Cédric Michelin
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Les quelques orages de la fin avril ont créé –sur le terrain– un damier de situations très variables.
Ces dernières semaines, la pousse se maintenait dans les sols lourds profonds. Quelques coups de froids ces derniers jours ont cependant localement pu griller les trèfles et brûler la pointe des graminées. Dans ces zones, la pâture se passe pour le moment plutôt bien avec 20 à 25 jours d’avance, voire plus.
Dans les sols sableux, on a encore une quinzaine de jours d’avance de pâture dans les meilleures situations, notamment en système chargé (40 ares/UGB). Il faut envisager d’ouvrir les parcelles mises en défens et prévues éventuellement à l’enrubannage. Dans les cas plus extrêmes (moins d'une semaine d'avance), il conviendra de sacrifier quelques parcelles de fauche...
Pour les exploitations avec 15 à 20 jours d’avance de pâture, les récolte précoces doivent être terminées. Attendre de voir l'évolution de la météo de la semaine prochaine.
Quand les parcelles en fauche précoce épient, il ne faut pas attendre pour les récolter et miser sur une bonne repousse. Il faut donc les ensiler, les enrubanner ou les récolter en foin, au plus vite. De fait, si la pluie n’arrive pas la semaine prochaine, le fourrage récolté ne sera pas perdu et, en cas de pluies dans les 10 jours, la repousse se fera dans de bonnes conditions. Et cela alors que l'évolution de la biomasse actuelle sur des parcelles épiées sera –même avec une pluie– faible sur la fin du premier cycle. Un apport d'azote de 30 unités d'azote est conseillé après la fauche, si la pluie revient.

Précocité...


La situation pour les parcelles de foin est variable selon le niveau de déprimage et la fertilisation. Dans tous les cas de figure, il faudra prévoir une récolte plus précoce car nous allons atteindre les 1.000 à 1.200 °C pour des foins dès la deuxième quinzaine de mai et les 1.200-1.300°C (fin floraison) dès la première semaine de juin, et cela au lieu du 20 juin en 2010 (malgré des récoltes fin juin en 2010, les foins étaient de bonne qualité et, contrairement à cette année, 2010 était une année tardive).
Dans ces situations, il semble préférable d’attendre une dizaine de jours pour envisager la pâture de parcelles destinées en foin. L’ensilage des céréales immatures ne devrait pas être envisagé pour l’instant. Nous ne sommes que début mai, la situation peut encore changer rapidement.
Certains secteurs notamment dans l'Autunois-Morvan n’ont déjà plus d’herbe en pâture, avec moins de 5 jours d’avance.
Dans ces situations, les réponses doivent s’adapter aux besoins du troupeau ; et ceux-ci sont variables selon le système de production et les systèmes fourragers.


Dans l'hypothèse où la pluie arrive la semaine prochaine


En vêlage de début d’hiver : dans l'immédiat, il faut sacrifier quelques parcelles de fauche en foin pour les mettre en pâture. Pour ne pas compromettre les repousses en cas de pluie, il ne faut pas faire brouter trop ras, quitte à resserrer les animaux sur des parcelles sacrifiées et affourager quelques jours. Pour compenser les moindres rendements des fauches précoces, il est possible d'envisager des dérobées après la récolte des céréales. Une récolte précoce de foins non déprimés, dès le 15 mai, est souhaitable pour avoir d'éventuelles repousses pour les mâles (30 unités d'azote à apporter). Le déchargement par la vente anticipée des réformes sans veaux est souhaitable. En pâturage tournant, il est recommandé de laisser passer les veaux devant les vaches et d'ajuster les quantités de concentrés à 18 % de MAT.
En vêlage de fin d’hiver : dans l'immédiat, il faut décharger en anticipant la vente des taurillons et miser sur des repousses en deuxième coupe. La qualité du fourrage est moins primordiale et peut être sacrifiée au profit de la quantité. L’anticipation des ventes de mâles peut donner une véritable souplesse. Avec un éventuel retour des pluies fin mai, une valorisation des repousses derrière une fauche précoce, en deuxième coupe, est envisageable à condition d'effectuer un apport d’azote après les premières coupes. Ce sont les systèmes qui résistent le mieux à un déficit fourrager.
En vêlage de milieu d’hiver : pour compenser les faibles rendements fourragers et dans l'hypothèse d'une récolte précoce des céréales, la mise en place de dérobées semble incontournable. Ces systèmes s’accompagnent en général d’une vente de mâles sur l’hiver avec des cultures auto-consommées. Ce sont des systèmes intermédiaires en sensibilité printanière, mais tributaires des résultats sur les céréales et sur le maïs ensilage. Il faut conserver la priorité sur le maïs, quitte à le semer plus tard avec un indice plus précoce.
Chaque semaine, retrouvez la note d’information Herbe Hebdo 71 sur le site de la chambre d’agriculture ou dans votre messagerie en envoyant votre adresse mail à [email protected]