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Agrioccasions, les occasions agricoles
Herd-book charolais

Ambiance en demie teinte, mais tournée vers l'avenir

Le Herd-book charolais a tenu son assemblée générale annuelle, le 1er juin dernier, à la ferme du Marault à Magny-Cours. Son président, Michel Baudot, a dressé un tableau conjoncturel assez sombre de l'élevage, lequel pénalise aussi les sélectionneurs.
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Il y avait beaucoup de monde lors de l'assemblée générale du Herd-book charolais (HBC), le 1er juin dernier à la ferme du Marault. Et après lecture des rapports d'activité des présidents de commission, Michel Baudot, président, a donné sa propre lecture de l'action conduite par l'association « dans un contexte plus qu'hostile ». Le président du HBC a même confié s'interroger parfois « sur l'utilité de tous ces efforts (ndlr: de sélection) qui, de toutes façons, se traduisent par un bonus très modeste pour nos adhérents, qui restent inexorablement et normalement tributaires du marché de la viande ». Le responsable a pointé du doigt « ce marché étrange qui, hormis en France, offre des prix à la hausse partout dans le monde, jusqu'à faire des producteurs français les derniers ou presque : +25 % en 2010 aux Etats-Unis, soit 4,5 $ du kilo, doublement du prix en Amérique du sud en 15 mois, à 4 $, comparé à des prix de 3,50 à 3,70 le kilo pour nos voisins espagnols, irlandais, allemands et italiens... Cette injustice devra tôt ou tard nous être expliquée », a-t-il averti, non sans évoquer la sécheresse qui peut, « si elle persiste, condamner nos éleveurs à rendre les armes ».

7.566 vaches cotisantes en 2010


Les adhérents du HBC n'en sont pas encore arrivés à cette extrémité. 2010 a été marquée par moins de désaffections, avec une baisse de -1,3 % (28 cheptels), que ne l'avait été 2009. Au 31 décembre dernier, l'association comptait 2.180 adhérents, résultat de 72 adhésions et de 100 démissions ou cessations, la Bourgogne, avec +0,1 % (707 adhérents) se classant dans le milieu du tableau.
C'est en nombre de cotisations vaches que les responsables du HBC ont dû affronter une mauvaise surprise : avec 115.888 cotisations Vaches perçues en 2010, le nombre de vaches cotisantes a subi une baisse sensible de -6 % par rapport à 2009, soit une perte de 7.566 têtes. Selon Jérôme Sagne, directeur, cette évolution doit être relativisée: « d'abord par la diminution du nombre de veaux nés en moyenne en France en 2010, notamment du fait de la FCO, le retard dans la saisie des certifications femelles de trois ans lié aux avaries du système informatique..., enfin par la mise en place de la réforme de la certification de parenté bovine qui a occasionné un grand nombre de non validation de veaux qui n'ont donc pas été comptabilisés... ».

Préparer l'avenir


Se réjouissant d'un résultat financier positif malgré un montant des cotisations figé depuis 2001, Michel Baudot n'a pas manqué d'évoquer l'avenir, à partir « de nos choix, réalisés en conseil d'administration, en matière d'embauches, d'études, de promotion... ». Parmi les « semis » de l'année 2010 et la récolte qui a commencé, le président du HBC a cité les travaux d'aménagement du pôle racial au Marault. Le nouveau siège social - qui sera intégré dans l'Agropôle - est en cours de construction et produira « d'ici peu du lien et de l'efficacité entre les éleveurs, les salariés et le site du Marault ». Michel Baudot s'est félicité du partenariat avec la chambre régionale d'agriculture de Bourgogne, « pour mener un certain nombre d'actions en commun ».
Parmi les chantiers d'avenir, citons également la sélection génomique, dont deux éleveurs de montbéliardes sont venues témoigner en fin d'assemblée. Selon Michel Baudot, c'est un domaine « où nous avons prospecté pour jouer un rôle ou renforcer notre action dans la sélection charolaise de demain » même si, à son sens, « cette méthode du futur est à manipuler avec précaution ».


Génomique

Un rapprochement avec Gènes Diffusion


Au sujet de la sélection génomique, Michel Baudot a rappelé que le HBC avait contribué à la naissance du consortium Gembal (Génomique moléculaire en bovins allaitants et laitiers), lequel réunit l'Inra, l'UNCEIA et Races de France. La banque de cartilages ADN collectés par le HBC depuis plusieurs années « sera un apport non négligeable » à ce projet destiné « à indexer les animaux grâce à l’ADN sur les critères Iboval actuels », estimait le président. Le Herd-book charolais ambitionne par ailleurs « de réunir la famille charolaise éparpillée depuis l’émergence du mot génomique ». Pour se faire, Michel Baudot évoque « le dépôt d’un dossier de financement auprès du Comité de Massif. Notre conseil d’administration a dernièrement acté un rapprochement avec nos amis de Gènes Diffusion sous réserve d’obtention de ces financements ». Le président du HBC espère ainsi initier « un rapprochement de tous, arbitré par l’Inra ». Une union qui semble indispensable au regard « des coûts exorbitants » et des déconvenues vécues en la matière par d’autres associations charolaises étrangères.

Vers une indexation plus juste


En attendant la génomique, le HBC poursuit ses efforts pour que soit adaptée l’indexation des animaux « aux façons de faire des éleveurs ». En effet, le président rappelait que « l’indexation actuelle n’avait toujours pas l’adhésion d’une majorité d’éleveurs qui s’estiment lésés ». « Il s’agit bien souvent des index femelles dont le poids de l’ascendance écrase le poids de la descendance, la fiabilité étant bien souvent dépendante du CD favorisant bien souvent les souches largement utilisées ». Une anomalie dans les méthodes de calculs qualifiée de « discrimination » par le Herd-book charolais et qui pourrait bien être corrigée un jour. Une réflexion raciale vient en effet d’être validée sur le fond par « nos partenaires des entreprises de sélection », annonçait Michel Baudot.