GAEC Bortolotti à Auxy
Autonomie : le maître mot !
Comptant parmi les rares éleveurs laitiers de l’Autunois-Morvan, Elisabeth et Eric Bortolotti ont depuis longtemps tourné le dos à la logique intensive délaissant maïs et intrants chimiques. Convertis depuis près de quinze ans à un système herbager leur garantissant une quasi autonomie alimentaire, ils s’apprêtent à commercialiser leur premier lait certifié bio.
Elisabeth et Eric Bortolotti se sont installés en 1983 en reprenant une exploitation allaitante à Auxy. Attirés par la production laitière et désireux de travailler ensemble sur l’exploitation, ils ont tout de suite créé un atelier “lait” d’une douzaine de vaches. Trois ans plus tard, la quinzaine d’allaitantes qu’abritait encore la ferme quittaient l’élevage tandis qu’une salle de traite ainsi qu’une stabulation étaient construites. En 90-91, la structure était transformée en EARL et en 1997, Elisabeth et Eric décidaient de cesser la culture du maïs. Un véritable virage pour l’exploitation qui faisait ainsi le choix de tourner le dos au système conventionnel intensif qu’elle avait pratiqué pendant ses premières années. « Le maïs coûte cher à produire et nous n’avons pas de gros rendements chez nous. Nous avions envie de mettre un place un véritable système herbager qui soit moins dépendant du commerce de l’agrofourniture », explique Eric. Visionnaire pour l’époque, le choix des époux Bortolotti n’a pourtant pas été avantagé par le système d’aides en vigueur. « Nous avons beaucoup trinqué : la Pac était faite pour les systèmes intensifs ! Dans le système lait-maïs, les éleveurs touchaient une aide de 300 €/ha alors que nous qui avions remis nos terres en herbe, nous n’avions droit à rien ! ». Heureusement, la mise en place des CTE herbagers en 2000 a permis à l’exploitation de retrouver un soutien et de voir son choix enfin reconnu.
Le bio, une suite logique
Dès l’abandon du maïs, Elisabeth et Eric avaient renoncé aux produits phytosanitaires ainsi qu’aux engrais minéraux. « Nous nous questionnions déjà sur le bio, mais nos logettes sur caillebotis n’étaient pas compatibles avec les exigences de la filière biologique », se souvient Eric. La donne a changé en 2008 lorsque l’exploitation a réalisé la mise aux normes de ses bâtiments. « Nous avons agrandi notre stabulation avec une grande aire paillée pour le couchage des animaux. La partie caillebotis n’étant plus que réservée à l’alimentation". Ce nouveau mode de logement des animaux était cette fois compatible avec le bio. La conversion a débuté en mai 2010. En mai dernier, Mathieu, le fils aîné, a rejoint ses parents sur l’exploitation familiale qui s’est transformée en Gaec. La structure va passer progressivement de 270.000 à 320.000 litres de quota. C’est le basculement en filière bio qui va permettre aux trois associés de vivre avec un quota relativement modeste. Depuis un an, Elisabeth développe une vente directe de lait cru à la ferme. L’exploitation envisage également de produire des veaux de lait à partir d’animaux croisés.
Pâturage d’avril à octobre
L’exploitation de la famille Bortolotti aura achevé sa conversion le 10 novembre prochain. A compter de cette date, la production de l’élevage sera officiellement bio. La conversion aura duré 18 mois. La première étape consiste en un audit effectué par un organisme certificateur. Pour les époux Bortolotti qui avaient fait le choix d’abandonner les intrants chimiques dès 1997, il n’y a pas eu besoin de modifier grand-chose dans les habitudes de l’exploitation. La clé du système, c’est la gestion de l’herbe. « Nos vaches pâturent dès qu’elles le peuvent et tant qu’elles le peuvent », confie Eric. Bien que situées sur le froid plateau d’Auxy – Antully à plus de 500 mètres d’altitude, les montbéliardes sortent à partir de début avril, quitte à recevoir une ration de complément la nuit en stabulation. Le pâturage se poursuit jusqu’au 15-20 octobre. Le Gaec ne pratique pas de pâturage tournant à proprement parler, mais le parcellaire bien groupé autour de la ferme permet aux vaches de « tourner elles-mêmes suivant la pousse de l’herbe ». Cette gestion d’apparence souple n’exclut pas une grosse surveillance des parcelles : pour ajuster la pression de pâturage, les associés en ferment certaines au printemps de sorte à maîtriser la hauteur d’herbe et les refus.
Enrubannage, base de la ration hivernale
En hiver, foin et enrubannage constituent la base de la ration. Sur leurs 116 ha, Elisabeth, Eric et Mathieu cultivent 15 hectares de prairie temporaire faite d’un mélange de ray- grass hybride et de trèfle violet. Enrubannée à raison de deux ou trois coupes, cette marchandise fournit un fourrage de base « très azoté et très souple d’utilisation », indique Eric. Vingt hectares de foins de prairies permanentes complètent le stock hivernal tandis que 15 ha d’un mélange de triticale et de pois sont assolés avec les prairies temporaires. Avec ce système, le Gaec parvient en principe à se passer de complément azoté du commerce. Un objectif d’autonomie corrélé à une moyenne de production du troupeau plus modeste que de coutume (5.500 litres par vache et par an). « Nous préférons produire moins et avoir moins de charge », argumente Eric. Cela dit, « une vache à 5.000 est moins fragile. Nos laitières vieillissent mieux, jusqu’à 13 ans ! Nous avons certes plus de vaches (une soixantaine), mais aussi plus de veaux dont une partie est valorisée en croisé ».
Depuis bientôt quinze ans que leur système est entièrement calé sur l’herbe, les époux Bortolotti n’ont jamais eu à déplorer de problème de bilan fourrager. La conduite à l’herbe suppose cependant d’accepter des variations de production. Passer de l’intensif à l’extensif ne veut pas dire moins de technicité, bien au contraire ! Outre la gestion de l’herbe, le bio impose une grande vigilance dans la conduite des cultures et vis-à-vis des animaux. Les contraintes en termes d’emploi de médicaments et des prophylaxies imposent davantage de prévention et de surveillance. Une redécouverte de l’agronomie et de la zootechnie qui ne peut que plaire si l’on est passionné par le métier. Pour Elisabeth, Eric et Mathieu, ce retour aux fondamentaux est en tout cas très motivant.
Le bio, une suite logique
Dès l’abandon du maïs, Elisabeth et Eric avaient renoncé aux produits phytosanitaires ainsi qu’aux engrais minéraux. « Nous nous questionnions déjà sur le bio, mais nos logettes sur caillebotis n’étaient pas compatibles avec les exigences de la filière biologique », se souvient Eric. La donne a changé en 2008 lorsque l’exploitation a réalisé la mise aux normes de ses bâtiments. « Nous avons agrandi notre stabulation avec une grande aire paillée pour le couchage des animaux. La partie caillebotis n’étant plus que réservée à l’alimentation". Ce nouveau mode de logement des animaux était cette fois compatible avec le bio. La conversion a débuté en mai 2010. En mai dernier, Mathieu, le fils aîné, a rejoint ses parents sur l’exploitation familiale qui s’est transformée en Gaec. La structure va passer progressivement de 270.000 à 320.000 litres de quota. C’est le basculement en filière bio qui va permettre aux trois associés de vivre avec un quota relativement modeste. Depuis un an, Elisabeth développe une vente directe de lait cru à la ferme. L’exploitation envisage également de produire des veaux de lait à partir d’animaux croisés.
Pâturage d’avril à octobre
L’exploitation de la famille Bortolotti aura achevé sa conversion le 10 novembre prochain. A compter de cette date, la production de l’élevage sera officiellement bio. La conversion aura duré 18 mois. La première étape consiste en un audit effectué par un organisme certificateur. Pour les époux Bortolotti qui avaient fait le choix d’abandonner les intrants chimiques dès 1997, il n’y a pas eu besoin de modifier grand-chose dans les habitudes de l’exploitation. La clé du système, c’est la gestion de l’herbe. « Nos vaches pâturent dès qu’elles le peuvent et tant qu’elles le peuvent », confie Eric. Bien que situées sur le froid plateau d’Auxy – Antully à plus de 500 mètres d’altitude, les montbéliardes sortent à partir de début avril, quitte à recevoir une ration de complément la nuit en stabulation. Le pâturage se poursuit jusqu’au 15-20 octobre. Le Gaec ne pratique pas de pâturage tournant à proprement parler, mais le parcellaire bien groupé autour de la ferme permet aux vaches de « tourner elles-mêmes suivant la pousse de l’herbe ». Cette gestion d’apparence souple n’exclut pas une grosse surveillance des parcelles : pour ajuster la pression de pâturage, les associés en ferment certaines au printemps de sorte à maîtriser la hauteur d’herbe et les refus.
Enrubannage, base de la ration hivernale
En hiver, foin et enrubannage constituent la base de la ration. Sur leurs 116 ha, Elisabeth, Eric et Mathieu cultivent 15 hectares de prairie temporaire faite d’un mélange de ray- grass hybride et de trèfle violet. Enrubannée à raison de deux ou trois coupes, cette marchandise fournit un fourrage de base « très azoté et très souple d’utilisation », indique Eric. Vingt hectares de foins de prairies permanentes complètent le stock hivernal tandis que 15 ha d’un mélange de triticale et de pois sont assolés avec les prairies temporaires. Avec ce système, le Gaec parvient en principe à se passer de complément azoté du commerce. Un objectif d’autonomie corrélé à une moyenne de production du troupeau plus modeste que de coutume (5.500 litres par vache et par an). « Nous préférons produire moins et avoir moins de charge », argumente Eric. Cela dit, « une vache à 5.000 est moins fragile. Nos laitières vieillissent mieux, jusqu’à 13 ans ! Nous avons certes plus de vaches (une soixantaine), mais aussi plus de veaux dont une partie est valorisée en croisé ».
Depuis bientôt quinze ans que leur système est entièrement calé sur l’herbe, les époux Bortolotti n’ont jamais eu à déplorer de problème de bilan fourrager. La conduite à l’herbe suppose cependant d’accepter des variations de production. Passer de l’intensif à l’extensif ne veut pas dire moins de technicité, bien au contraire ! Outre la gestion de l’herbe, le bio impose une grande vigilance dans la conduite des cultures et vis-à-vis des animaux. Les contraintes en termes d’emploi de médicaments et des prophylaxies imposent davantage de prévention et de surveillance. Une redécouverte de l’agronomie et de la zootechnie qui ne peut que plaire si l’on est passionné par le métier. Pour Elisabeth, Eric et Mathieu, ce retour aux fondamentaux est en tout cas très motivant.