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Cave coopérative d’Azé

Azé veut accélérer sur les bulles

Si la dernière récolte se révèle satisfaisante, les adhérents-coopérateurs d’Azé réunis en assemblée générale le 15 janvier se sont néanmoins montrés préoccupés par les tendances baissières du marché.

Par D.B
Azé veut accélérer sur les bulles
David Bessenay
La coopérative compte 44 adhérents et une surface de 248 ha dont environ un tiers de cépages rouges (gamay et pinot).

L’an prochain, la coopérative d’Azé fêtera son centième anniversaire, mais ce n’est pas la raison pour laquelle elle souhaite produire plus de bulles lors du prochain millésime.

Le président Raphaël Poulin, qui dirigeait sa première assemblée générale, a annoncé que le bureau avait validé l’augmentation de la production de crémant de Bourgogne en réponse à la demande de la coopérative partenaire de Bailly-Lapierre. La coopérative de l’Yonne est une marque historique et puissante de crémant de Bourgogne et la coopérative d’Azé est devenue adhérente de celle-ci, ce qui assure une relation stable.

« On veut doubler notre production de crémant », précise le président. Un choix dicté donc par la demande en bulles, mais aussi par la baisse des cours en vin tranquille. « Les négociants nous mettent la tête sous l’eau. On entend parler de pièces de mâcon-villages qui se négocient autour de 450 € ! », même si la moyenne est en réalité plus élevée.

Le vigneron de Saint-Maurice-de-Satonnay a conscience des difficultés que l’augmentation de la production de crémant engendre : il faudra atteindre un rendement de 90 hl/ha ce qui n’est pas simple avec l’évolution climatique et avoir recours à la main-d’œuvre ce qui entraîne un surcoût. La « carotte » (prime) devra donc être suffisamment attractive pour convaincre les coopérateurs et le déchargement au quai devra être fluidifié « nous y travaillons, rassure le président, il faut améliorer le système sans aller trop loin dans les coûts ». L’idée au final est de valoriser la production au mieux et ne plus être dépendant du négoce (la coopérative commercialise environ 3.000 hl en vrac) et de ses propositions « ras des pâquerettes ».

Chiffre d’affaires en recul

La récolte 2025 s’est révélée satisfaisante, seulement 10 % en dessous du rendement butoir. Mais commercialement, le bilan de l’année de la coopérative, comme celui de l’Union AVBB (voir ci-après) fait apparaître un ralentissement de l’activité et un tassement des cours. Le chiffre d’affaires affiche ainsi un recul de 2 %. Plus précisément les produits d’exploitation s’élèvent à 7,5 M € contre 8,7 M € l’an passé, soit un recul de 13 %. Si la situation n’a rien de dramatique, les bénéfices de l’exercice se montent à 330.000 €, la trésorerie se réduit. « On ne s’attendait pas à cette diminution, confie Raphaël Poulin, les tarifs de vente ne sont plus les mêmes et on a perdu quelques parcelles. Heureusement, il y a la vente bouteille. »

Le prix de vente moyen s’élève à 3,13 €/l contre 3,20 l’an passé, et la baisse concerne principalement les blancs. Le prix de la bouteille lui a grimpé de 4 %.

Le bilan de l’activité du magasin, présenté par le vice-président Nicolas Debost, fait apparaître un recul de 8 % du chiffre d’affaires. Sur l’évènementiel, la coopérative a connu des fortunes diverses. Les portes ouvertes ont très bien marché et le vice-président signalait un bon retour des clients sur les visites œnologiques de la grotte. « C’est prenant en juillet-août, mais c’est très enrichissant. Et la cuvée 171 (vieillie dans la grotte, N.D.L.R.), bien valorisée, part bien. »

Alliance des vignerons Beaujolais Bourgogne : Un marché en repli et des défis à relever !

Pierre-Jérôme Beretti, directeur d’AVBB est venu présenter aux vignerons d’Azé le bilan de l’Alliance qui, sans surprise vu le contexte, affiche un CA en recul de – 4,60 %, un résultat a pondéré toutefois, car il repose sur seulement 11 mois. En volumes, le recul est moindre : -1,65 %. « L’année 2025 fut marquée par un marché en continuel repli, un dynamisme de nos concurrents pour conserver et reprendre des parts de marché et une obligation de nos caves de réajuster leurs niveaux tarifaires pour maintenir nos positions et repartir à la conquête », résume le directeur.

Au sein de l’alliance, la coopérative Azé a commercialisé 6.642 hl (sur 23.726 hl), elle représente plus d’un quart du chiffre d’affaires d’AVBB. Ces volumes sont en recul de 6 % et le CA passe en dessous de la barre des 4 M €, soit son niveau d’avant Covid.

Le business d’AVBB demeure assez équitablement réparti en trois tiers : export, marché traditionnel et GD, auxquels s’ajoutent un peu de ventes négoce. L’an passé, l’export a souffert et a été compensé en partie par la grande distribution. Pourtant, Pierre-Jérôme Beretti en est convaincu : « c’est à l’export qu’on trouvera de la valeur, et de la croissance. » Il se veut optimiste et combatif : « Malgré ces aléas, d’importants marchés exports ont pu être déjà validés ou sont en cours de discussion, en plus d’une campagne primeur en forte croissance permettant de projeter un développement commercial. »

L’Alliance souhaite concentrer ses efforts sur des marques fortes (Verizet, Terres Burgondes) et par ailleurs optimiser les coûts de production en centralisant les opérations sur certains sites (la mise en bouteille à Viré par exemple).

« De nombreux défis restent à relever et une attention particulière sur la santé financière de nos partenaires reste de mise. La situation actuelle nécessite comme toujours une adaptation constante et une consolidation de nos positions en continuant d’investir dans nos marques propres pour valoriser notre image, augmenter et fidéliser notre communauté de consommateurs ».

D.B

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