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Seconde moisson, Matériel agricole, Bourgogne Franche Comté
Rencontre avec le Préfet de Région

Tenir compte sérieusement du malaise agricole

Cela faisait, plusieurs semaines que la FRSEA Bourgogne Franche-Comté et les Jeunes agriculteurs BFC souhaitaient rencontrer le préfet de Région Monsieur Paul Mourier pour aborder les dossiers d’actualité et en particulier celui de la Dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Finalement, le rendez-vous a pu s’organiser le 1er décembre dernier où, pendant plus de deux heures, tous les sujets importants ont pu être abordés avec précision.

Par Alex Sontag
<B>Tenir compte sérieusement du malaise agricole</B>

Lors de cette rencontre, Lionel Malfroy, président du GDS et Stéphane Sauce ont insisté sur la prise en compte de la situation des éleveurs. « Le protocole retenu par les services vétérinaires suscite de nombreuses interrogations de la part des éleveurs concernés » explique Lionel Malfroy et il précise « avoir des animaux vaccinés depuis plus de 28 jours, sortir positif, alors que l’on autorise la vente de veaux vaccinés après 28 jours suscitent de nombreuses inquiétudes ».

Aussi, il est impératif d’avoir des procédures adaptées tenant compte du choc provoqué chez un éleveur concerné par un dépeuplement. « Il est indispensable d’avoir l’appui d’un psychologue au moment de l’annonce d’un cas de DNC et les éleveurs doivent être entièrement indemnisés de leurs pertes directes et indirectes » insiste Eric Druot président de la FDSEA du Jura.

« Dans toute crise sanitaire, il est important de s’inscrire dans la durée et de regarder l’efficacité des dispositifs mis en place. Les Savoie qui ont dû faire face à une situation similaire ont réussi à gérer la situation en appliquant les règles prescrites : information sensibilisation, détection précoce, pas de mouvements d’animaux, vaccination massive, dépeuplement et accompagnement des éleveurs. Il est important de les faire respecter collectivement si nous voulons sortir rapidement de cette crise » rappelle Stéphane Sauce. Il insiste aussi sur les demandes complémentaires avec « la nécessité d’avoir des contre-expertises, les résultats des études épidémiologiques… ».

Le préfet Région indique que « les situations sont gérées à l’échelle de chaque département, mais il transmettra la nécessité de prévoir un accompagnement individualisé pour les éleveurs concernés ».

Situation catastrophique pour les zones intermédiaires

Au-delà de la crise sanitaire qui préoccupe tout le monde, Antoine Carré, président de la FDSEA de Côte-d'Or rappelle la situation préoccupante des producteurs de céréales des zones intermédiaires : « nous faisons face à trois années déficitaires successives. En 2024, le revenu dans ces zones est en moyenne à -27.700 € par exploitation ». Les pouvoirs publics sont bien conscients de la situation, explique le Préfet : « à ce titre, j’ai réuni tous les acteurs des territoires sur la gestion de l’eau, car je pense qu’il est indispensable d’anticiper le changement climatique. Il faudra prévoir des investissements pour le stockage de l’eau nécessaire aux populations, mais également pour le secteur agricole. Concernant la taxe carbone envisagée par Bruxelles, le gouvernement s’oppose à cette nouvelle taxe qui pénaliserait l’agriculture française. Ainsi que sur l’accord du Mercosur, nous ne signerons pas sans avoir des clauses de sauvegarde et de réelles garanties sur les clauses miroirs ».

Zones vulnérables 

Tous les quatre ans, il y a une révision des zones vulnérables. Pour 2026, il est proposé de classer 211 nouvelles communes et d’en sortir seulement 64. « Les chambres d’agriculture vont transmettre avant le 15 décembre leurs remarques », indique Stéphane Sauce qui poursuit : « des expérimentations ont été mises en place en Saône-et-Loire et la DREAL de bassin propose de classer ces territoires, alors que nous n’avons pas encore tous les résultats de ces travaux ».

Sur cette question, nous avons une réglementation européenne que nous devons respecter, rappelle le préfet de Région. Il complète : « nous étudierons néanmoins commune par commune les argumentaires qui seront transmis dans les prochains jours aux DDT ». 

Feader : une nouvelle crise ne pourra pas passer !

Sur la question du Feader, Thomas Lemée, président des JA Bourgogne Franche-Comté renouvelle ses inquiétudes concernant le paiement des acomptes ou des soldes pour les aides Feader demandée à partir de janvier 2023. « Nous ne pourrons pas cautionner de nouveaux retards de paiement pour les jeunes agriculteurs qui s’installent et qui ont de nombreuses difficultés de trésorerie ». Sur cette question, le préfet indique : « la Région démontre sa volonté de faire bouger les lignes pour être plus efficace. Il faut néanmoins un peu de temps pour effectuer ces changements ».

Contrôle unique

L’ancien premier Ministre, Michel Barnier, avait envoyé en novembre 2024, une circulaire à toutes les DDT pour la mise en place d’un contrôle unique sur les exploitations. « Force est de constater » explique Damien Brayotel, président de la FDSEA de l’Yonne, « qu’à ce jour aucune charte n’a été mise en place. Cette simplification serait vraiment pourtant appréciée des agriculteurs, … Le Territoire de Belfort a avancé sur le sujet, il serait bien qu’en 2026 tous les départements de la Région puissent bénéficier d’une charte pour ce contrôle unique. Cependant, la mise en place du contrôle unique ne doit pas se traduire par un renforcement des autres contrôles par satellite comme le 3STR, ce système de suivi des surfaces en temps réel ne laisse rien passer et finit par produire des feux rouges toutes les quatre minutes ! L’exploitant ne peut pas passer son temps à lever des feux rouges virtuels liés aux aléas climatiques… ». Le préfet s’engage à inciter les départements de la Région à mettre place les chartes pour le contrôle unique.

Nouvelle PAC 2028 - 2034

C’est le dossier de la Pac qui clôture cette rencontre, l’analyse est partagée, avec une baisse envisagée du budget agricole de 20 %, une fusion des fonds agricoles dans un fonds… les négociations seront difficiles pour notre région. « Il est important que la profession se mobilise sur ce dossier » indique le préfet de Région.

En conclusion, Stéphane Sauce rappelle : « 2025, sera marquée par une balance commerciale française négative pour ses produits agro-alimentaires. C'est une première, cette situation n’est pas arrivée depuis 50 ans. Jusqu’à présent, notre Région avait réussi à maintenir ses capacités de production. Il devient urgent de redonner la priorité à la production, si on ne veut pas voir s’effondrer l’un de notre fleuron économique, à savoir notre agriculture et les productions agricoles françaises ».

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