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Agrioccasions, les occasions agricoles
Concours de Saint-Christophe-en-Brionnais

Beau concours, ventes mitigées

Avec 342 animaux de boucherie en compétition, le concours de Saint-Christophe prouve qu’il est désormais passé à la vitesse supérieure. Dommage que l’austérité ambiante de cette rentrée difficile ait quelque peu plombé la demande.
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Le concours de bovins de boucherie de Saint-Christophe-en-Brionnais a eu lieu samedi dernier. Avec 342 animaux en compétition, il réunissait quelques bêtes de plus que l’an dernier, confirmant ainsi son renouveau. Depuis deux ans en effet, le concours de Saint-Christophe est monté en puissance. Désormais, les animaux y sont tous présentés lavés. Profitant du marché au cadran, les grands prix sont vendus aux enchères. Depuis l’an dernier, une commission externe est chargée de contrôler la qualité des animaux avant le passage du jury. Toutes ces innovations ont semble-t-il rehaussé la notoriété, voire même le niveau de qualité du concours. Cette année, une centaine d’exposants bovins étaient présents dont une dizaine provenaient des départements limitrophes (Allier, Loire, Nièvre). Comme il est désormais de coutume, la mise aux enchères des sept bovins les mieux primés a constitué l’évènement majeur de la journée. Devant une salle du cadran archi-comble, les sept bêtes d’exception ont défilé, faisant toute grimper les tarifs.

Succès des très bonnes bêtes


Sans atteindre les 12,50 € de l’an dernier, les deux meilleures femelles culardes ont tout de même obtenu 11,70 € et 11,90 €. La première a été acquise par un boucher de Montceau-lès-Mines et la seconde par le groupe Sicarev. Les deux autres génisses culardes présentées au cadran ont atteint respectivement 9,10 € (achetée par le chevillard Gesler, Ain) et 9,70 € (achetée par le chevillard Despierre, Loire). La meilleure des vaches culardes a été adjugée 8,00 € (Despierre). Quant aux bœufs, les acheteurs (Sicarev et le boucher en gros Charveron (Isère)) les ont payés 7,50 € et 6,50 €. Globalement, les ventes sont plutôt satisfaisantes pour toutes les très bonnes bêtes. Dans les bonnes culardes, on parlait de tarifs tournant entre 6,25 € et 6,40 €, voire 6,90 € pour les meilleures. Des cours qui offrent une plus-value de 0,15 à 0,30 € par rapport aux circuits habituels.

Morosité dans les moins bonnes


Mais ce bon niveau de vente ne s'est limité qu’aux seuls très bons animaux. Le commerce se trouvant en effet très morose dans les vaches, voire même dans les génisses. Au moins le quart des animaux présentés n’a pas trouvé d’acquéreur et parmi les moins bonnes bêtes, certaines n’auraient même pas permis à leurs éleveurs de mieux les vendre qu’en ferme, confiait un opérateur. Une ambiance qui reflétait le marché actuel. En cette rentrée sous signe d’austérité et de crise économique, la demande est très limitée. Les grandes enseignes se sont montrées discrètes à Saint-Christophe-en-Brionnais. Chez Sicarev, on confirmait que les commandes dans ce type d’animaux étaient moins nombreuses de la part des grands distributeurs. Baisse des commandes aussi de la part des grands abatteurs, bien discrets eux aussi. Une tendance lourde qui semble avoir été ressentie aussi sur les autres concours de saison (Saulieu, Sancoins…). Il faut dire aussi que contrairement aux concours de Pâques ou de fin d’année, aucun évènement festif n’est là pour doper la consommation de viande dans les semaines qui suivent.

Fidélité des bouchers


Un fait qui souligne d’autant plus l’effort fourni par les artisans bouchers lorsqu’ils se portent acquéreurs de ces bêtes exceptionnelles. Fidèles au rendez-vous, certains ont encore bien joué le jeu, à l’image de l’un d’entre eux qui avouait à demi-mot qu’il lui serait impossible de répercuter le prix d’achat de sa championne sur le prix de vente en magasin. C’est un budget pub : une manière de faire parler de soi face à une grande distribution reine des étals.
Malgré le bémol en termes de commerce, les organisateurs pouvaient être satisfaits de leur manifestation. Comme toujours à Saint-Christophe, un public varié était au rendez-vous. 350 repas ont ainsi été servis à la salle polyvalente, auxquels il faudrait ajouter tous les déjeuners vendus dans les trois restaurants de la commune. Pour marquer le coup, les organisateurs avaient invité l’ancien cycliste Bernard Thévenet. Un sympathique bain de foule pour cet enfant du pays, fils d’éleveur natif de Saint-Julien-de-Civry et qui confiait avoir fréquenté le marché de Saint-Christophe-en-Brionnais avec son père dès les années cinquante.

Extrait du palmarès

Super grand prix : SCEA de l’Abergement, Saint-Bonnet-de-Joux.
Super prix d’honneur mâle : Gaec du Brionnais, Saint-Christophe-en-Brionnais.
Super prix d’honneur femelle, prix d’honneur label femelle et prix d’honneur vache cularde : Daniel Lorton, Poisson.
Prix d’honneur label mâle : François Delorme, Marcilly-la-Gueurce.
Prix éleveur naisseur : GAEC du Petit Bois, Saint-Julien-de-Civry.

Prix d’honneur
Bœufs : Jean-Paul Brivet, Poisson ; GAEC Naffetas, Vindecy.
Bœufs culards : GAEC des Sauvages, Saint-Vincent-Bragny ; Pascal Bretigny, Sanvignes-les-Mines.
Génisses : GAEC du Brionnais, Saint-Christophe-en-Brionnais ; GAEC du Petit Bois, Saint-Julien-de-Civry ; Jean-Marc Place, Vauban ; GAEC Perceau-Guillodat (58).
Génisses culardes : Bernard Alloin, Curbigny ; Daniel Lorton, Poisson ; GAEC Fénéon, Saint-Julien-de-Civry ; Christian Millier, Vauban.
Vaches : GAEC Garchery, Charbonnat ; GAEC Desbois (03) ; Jean Bresson, Ligny-en-Brionnais ; Jean-François Desmurs, Vaudebarrier.

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