Matériel
Bien choisir son outil de hersage
Le 3 mars, la chambre d’agriculture de Saône-et-Loire et l’USC de Saint-Bonnet-de-Joux proposaient, démonstration à l’appui, une journée technique consacrée au matériel d’entretien des prairies. Elément complémentaire d’une bonne gestion du système fourrager, l’entretien des prairies, et notamment le hersage, permet de remettre en état les terrains abîmés par les taupes, le nivellement en sol humide, la mousse en secteur mal exposé, les bouses, le fumier…
Qu’ils soient herses, aérateurs, ébouseuses ou niveleuses, les outils d’entretien des prairies font appel à différents types de modules répondant à des attentes différentes. Selon les équipements, l’intervention peut se limiter à la surface (mousse, bouses, taupe, matière organique, herbes sèches, nivellement des reliefs). L’action peut aussi s’exercer sur le mas racinaire, de 2 à 4 cm de profondeur, et provoquer le nivellement des trous et des reliefs. Il existe une intervention plus profonde (> 10cm) d’aération du système racinaire pour faciliter la circulation de l’eau et/ou des racines. L’action la plus profonde (> 15 cm) est le décompactage induisant un meilleur développement racinaire en profondeur. Tour d’horizon des différents "modules".
Les dents d’étrille
Elles grattent en surface avec une agressivité réglable par inclinaison. D’un diamètre préférentiel de 8 mm, elles sont mises en pression par des ressorts (ou autres systèmes) pour pallier le manque de poids. Le montage en quinconce réduit le bourrage. La vitesse d’avancement en mono-équipement est élevé, jusqu’à 12 km/h. Cependant, à cette vitesse, il peut y avoir une baisse d’efficacité. A noter que le montage étrille + barre de nivellement est trop léger pour faire du nivellement des trous.
L’outil est très efficace sur les herbes mortes et sur la mousse, plus variable sur les bouses. Avec une barre, l’étaupage est correct. L’action de la dent d’étrille est meilleure lorsqu’elle n’est pas combinée avec d’autres équipements. Un réglage trop agressif peut aller au-delà de l’arrachement des herbes sèches.
Son usage est possible à toutes périodes sur des parcelles sans besoin de nivellement. Elle s’avère "trop juste" pour les problèmes de rats taupiers.
Coût (charge fixe + entretien + tracteur) : 8 €/ha sur base de 100 ha.
Les outils "à chaîne" ou "à maille"
Ce sont des outils légers, très souvent en mono-montage ou avec une barre en triangle à l’avant pour faire de l’étaupage. La vitesse d’utilisation doit rester en dessous de 8 km/h sinon ils "sautent". Cela reste un outil d’action limitée, avec une sensibilité au bourrage, des châssis parfois fragiles et une usure rapide.
La faible agressivité permet toutefois de passer n’importe quand.
Coût (charge fixe + entretien + tracteur) : 8 €/ha sur base de 100 ha.
Les sarclettes
Il existe peu d’outils équipés uniquement de sarclettes. Par contre, on les retrouve presque systématiquement sur les montages composites. Ce sont des lames plates qui ont pour but de couper les reliefs. Elles sont de plus en plus souvent montées sur fixations souples et vibrent lors de l’avancement, faisant ainsi un effet de va-et-vient qui percute le sol. Cet effet est moins prononcé quand elles sont en première position sur l’outil. Leur réglage doit être précis car trop en pression, elles risquent de "plonger", arrachant ainsi des morceaux de pelouse… Leur efficacité est plus marquée si elles ne sont pas trop larges (< 70 cm).
Coût (charge fixe + entretien + tracteur) : 12 €/ha sur base de 100 ha.
Raclettes, racloirs ou rabots
Contrairement aux sarclettes, ces modules sont des lames verticales qui sont positionnées, dans la plupart des composites, en arrière des sarclettes. Dans ce cas, ils vont étaler ce que les sarclettes ont coupé ; taupinière enherbée, relief, bouses séchées… Il existe des outils spécialisés (Agrimat, Joskin) sur lesquels les raclettes sont montées sur lames plates ressorts. On n'a donc qu’un effet rabot avec une tendance à étaler les bouses plutôt qu’à les éclater. Le manque de poids ne permet pas le nivellement, même avec un peigne en arrière et l’émoussage reste très faible.
Coût (charge fixe + entretien + tracteur) 11 €/ha sur base de 100 ha.
Couteaux de scarification
La scarification consiste à pénétrer le mas racinaire. Celui-ci est constitué de quelques centimètres de matière organique en décomposition, de racines de surface et éventuellement de mousse ou algues formant parfois un feutrage. On retrouve les couteaux de scarification exclusivement sur des montages composites, en première ou en dernière position. Ce sont des modules qui doivent travailler en pression ; il est donc indispensable qu’ils soient montés sur fixation souple, avec ressort ou trois points de pression s'ils sont en arrière de l’outil. Différentes formes de couteaux existent. Il faut rechercher une coupe nette du mas racinaire et éviter tout ce qui peut ressembler à de l’arrachement ou à une mise en surface des racines.
Les couteaux sur châssis fixes en avant sont moins fonctionnels et plus sensibles à la casse.
Les outils composites équipés de couteaux sont nombreux : ce sont des outils lourds, souvent équipés pour faire du travail de surface mais également du nivellement en relief et de trous. L’effet de l’étrille montée sur ces outils sera en partie lié à la vitesse d’avancement (environ 6 km/h pour la majorité d’entre eux excepté le modèle "prairial" de chez Carré pouvant dépasser les 10 km/h). Les couteaux, qui se limitent à 2 cm, n’entraînent pas de risque sur des passages tardifs. Par contre, au-delà, il faut intervenir fin février ou tout début mars (autour des 200°C).
Coût (charge fixe + entretien + tracteur) : 12,5 €/ha sur base de 100 ha.
L’aération > 10 cm
Il y a peu d’outils pouvant descendre à plus de 6 cm dans le système racinaire. La "Prairial" peut descendre jusqu'à 8 cm. Son système de couteau en forme de sabre est très efficace, avec une très bonne tenue dans le temps, mais nécessite un réglage fin. La coupe est très propre, la vitesse d’avancement est impressionnante (jusqu’à 12 km/h). L’étrille en arrière assure l’émoussage et les rabots ondulés l’étaupage. "L’A Ersol" de chez Grégoire fait un peu office d’outil spécialisé en matière d’aération. Il s’agit d’un axe sur lequel sont montées des lames couteaux de 20 cm qui vont plonger dans le sol faisant une fente de 0,5 cm de large sur 12 à 15 cm de profondeur. Son action consiste à redonner des espaces de colonisation au système racinaire et à améliorer la pénétration de l’eau dans le sol. Attention, tout passage au-delà de 200°C (fin février), fait courir un risque important en cas de sécheresse printanière.
Les outils de décompaction en profondeur sont peu utilisés en prairie. Il n’existe pas de référence sur leur efficacité. L’outil "Actisol" permet cependant de décompacter une prairie jusqu'à 25 cm.
Les dents d’étrille
Elles grattent en surface avec une agressivité réglable par inclinaison. D’un diamètre préférentiel de 8 mm, elles sont mises en pression par des ressorts (ou autres systèmes) pour pallier le manque de poids. Le montage en quinconce réduit le bourrage. La vitesse d’avancement en mono-équipement est élevé, jusqu’à 12 km/h. Cependant, à cette vitesse, il peut y avoir une baisse d’efficacité. A noter que le montage étrille + barre de nivellement est trop léger pour faire du nivellement des trous.
L’outil est très efficace sur les herbes mortes et sur la mousse, plus variable sur les bouses. Avec une barre, l’étaupage est correct. L’action de la dent d’étrille est meilleure lorsqu’elle n’est pas combinée avec d’autres équipements. Un réglage trop agressif peut aller au-delà de l’arrachement des herbes sèches.
Son usage est possible à toutes périodes sur des parcelles sans besoin de nivellement. Elle s’avère "trop juste" pour les problèmes de rats taupiers.
Coût (charge fixe + entretien + tracteur) : 8 €/ha sur base de 100 ha.
Les outils "à chaîne" ou "à maille"
Ce sont des outils légers, très souvent en mono-montage ou avec une barre en triangle à l’avant pour faire de l’étaupage. La vitesse d’utilisation doit rester en dessous de 8 km/h sinon ils "sautent". Cela reste un outil d’action limitée, avec une sensibilité au bourrage, des châssis parfois fragiles et une usure rapide.
La faible agressivité permet toutefois de passer n’importe quand.
Coût (charge fixe + entretien + tracteur) : 8 €/ha sur base de 100 ha.
Les sarclettes
Il existe peu d’outils équipés uniquement de sarclettes. Par contre, on les retrouve presque systématiquement sur les montages composites. Ce sont des lames plates qui ont pour but de couper les reliefs. Elles sont de plus en plus souvent montées sur fixations souples et vibrent lors de l’avancement, faisant ainsi un effet de va-et-vient qui percute le sol. Cet effet est moins prononcé quand elles sont en première position sur l’outil. Leur réglage doit être précis car trop en pression, elles risquent de "plonger", arrachant ainsi des morceaux de pelouse… Leur efficacité est plus marquée si elles ne sont pas trop larges (< 70 cm).
Coût (charge fixe + entretien + tracteur) : 12 €/ha sur base de 100 ha.
Raclettes, racloirs ou rabots
Contrairement aux sarclettes, ces modules sont des lames verticales qui sont positionnées, dans la plupart des composites, en arrière des sarclettes. Dans ce cas, ils vont étaler ce que les sarclettes ont coupé ; taupinière enherbée, relief, bouses séchées… Il existe des outils spécialisés (Agrimat, Joskin) sur lesquels les raclettes sont montées sur lames plates ressorts. On n'a donc qu’un effet rabot avec une tendance à étaler les bouses plutôt qu’à les éclater. Le manque de poids ne permet pas le nivellement, même avec un peigne en arrière et l’émoussage reste très faible.
Coût (charge fixe + entretien + tracteur) 11 €/ha sur base de 100 ha.
Couteaux de scarification
La scarification consiste à pénétrer le mas racinaire. Celui-ci est constitué de quelques centimètres de matière organique en décomposition, de racines de surface et éventuellement de mousse ou algues formant parfois un feutrage. On retrouve les couteaux de scarification exclusivement sur des montages composites, en première ou en dernière position. Ce sont des modules qui doivent travailler en pression ; il est donc indispensable qu’ils soient montés sur fixation souple, avec ressort ou trois points de pression s'ils sont en arrière de l’outil. Différentes formes de couteaux existent. Il faut rechercher une coupe nette du mas racinaire et éviter tout ce qui peut ressembler à de l’arrachement ou à une mise en surface des racines.
Les couteaux sur châssis fixes en avant sont moins fonctionnels et plus sensibles à la casse.
Les outils composites équipés de couteaux sont nombreux : ce sont des outils lourds, souvent équipés pour faire du travail de surface mais également du nivellement en relief et de trous. L’effet de l’étrille montée sur ces outils sera en partie lié à la vitesse d’avancement (environ 6 km/h pour la majorité d’entre eux excepté le modèle "prairial" de chez Carré pouvant dépasser les 10 km/h). Les couteaux, qui se limitent à 2 cm, n’entraînent pas de risque sur des passages tardifs. Par contre, au-delà, il faut intervenir fin février ou tout début mars (autour des 200°C).
Coût (charge fixe + entretien + tracteur) : 12,5 €/ha sur base de 100 ha.
L’aération > 10 cm
Il y a peu d’outils pouvant descendre à plus de 6 cm dans le système racinaire. La "Prairial" peut descendre jusqu'à 8 cm. Son système de couteau en forme de sabre est très efficace, avec une très bonne tenue dans le temps, mais nécessite un réglage fin. La coupe est très propre, la vitesse d’avancement est impressionnante (jusqu’à 12 km/h). L’étrille en arrière assure l’émoussage et les rabots ondulés l’étaupage. "L’A Ersol" de chez Grégoire fait un peu office d’outil spécialisé en matière d’aération. Il s’agit d’un axe sur lequel sont montées des lames couteaux de 20 cm qui vont plonger dans le sol faisant une fente de 0,5 cm de large sur 12 à 15 cm de profondeur. Son action consiste à redonner des espaces de colonisation au système racinaire et à améliorer la pénétration de l’eau dans le sol. Attention, tout passage au-delà de 200°C (fin février), fait courir un risque important en cas de sécheresse printanière.
Les outils de décompaction en profondeur sont peu utilisés en prairie. Il n’existe pas de référence sur leur efficacité. L’outil "Actisol" permet cependant de décompacter une prairie jusqu'à 25 cm.