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Agrioccasions, les occasions agricoles
Bien-être animal

Bien gérer la lumière

Des bâtiments d’élevage bénéficiant d’une luminosité satisfaisante
contribuent directement à la santé des vaches et à leurs performances de
production. Ni trop, ni trop peu, tel est l’équilibre à respecter en
lumière naturelle et, à défaut, par un éclairage électrique.
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Le facteur de la luminosité est très important dans un bâtiment d’élevage, à la fois pour la santé, le bien-être du troupeau et le confort de travail de l’éleveur. L’impact de la lumière a été étudié depuis longtemps chez les vaches où la corrélation a été établie entre la quantité de lumière naturelle reçue et la durée d’exposition à celle-ci - que l’on traduit par le terme de photopériode - et le fonctionnement physiologique de l’animal, en particulier sur ses fonctions reproductrices et ses performances laitières.

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Le rôle de la mélatonine


Le croisement des multiples observations sur les troupeaux laitiers a permis d’établir qu’une photopériode rallongée - équivalant à 16 heures de lumière continue par jour (soit 16 lux) pour 8 heures d’obscurité - permettait d’augmenter la production de lait de 8 % en moyenne. Tout en sachant bien que, dans ce cas de figure, les besoins alimentaires des animaux sont eux aussi en augmentation, de 6 % en moyenne. Cela signifie que les performances laitières peuvent être maintenues, voire améliorées, grâce à une lumière appropriée. Pour les vaches taries et les génisses, leurs besoins sont un peu différents. Elles peuvent se contenter de 8 heures de lumière par jour. L’astuce pour vérifier la qualité de la lumière dans le bâtiment d’élevage est que l’on doit pouvoir lire un journal partout où se trouvent des animaux.
Au printemps et en été, la question d’une durée suffisante d’exposition journalière à la lumière est d’emblée résolue puisque le troupeau passe énormément de temps à l’extérieur. La problématique peut se poser en revanche à l’automne et en hiver lorsque les journées raccourcissent et que la qualité de la lumière naturelle diurne n’est pas aussi bonne. Les éleveurs constatent en effet que les performances reproductrices de leurs vaches s’abaissent en hiver. L’explication est, là aussi, physiologique. La sécrétion de mélatonine par la glande pinéale dans le cerveau augmente en période de basse luminosité. Elle est même à son maximum en condition de totale obscurité. Or cette sécrétion importante de mélatonine fait entrer l’organisme en somnolence, ce qui peut avoir des effets négatifs sur les fonctions reproductrices, l’appétit des animaux et les performances laitières.[/WEB]

Une bonne réponse des bâtiments actuels


Question luminosité, les bâtiments d’élevage récents offrent des conditions satisfaisantes, même durant les jours courts. L’apparition des plaques translucides installées en toiture ou en parois latérales a beaucoup contribué à améliorer la situation. La composition de ces matériaux a aussi évolué et ils possèdent désormais des qualités permettant de faire entrer la lumière sans les UV et en limitant la chaleur. Pour obtenir une luminosité suffisante, la règle est d’avoir au minimum 1/10e de la surface de toiture en translucide (mais sans dépasser 25 % pour éviter une surchauffe, notamment en été).
De même, les bardages à claire-voie procurent une bonne luminosité et les filets brise-vent ajoutent à leur fonction première celle d’atténuer l’intensité de la lumière dans le bâtiment. N’oublions pas non plus le rôle sanitaire de la lumière naturelle qui permet d’assécher les bétons et litières et la fonction désinfectante des UV.
Concernant les nouveaux équipements d’éclairage électrique, ceux de type lumière à induction permettent à l’éleveur de concilier efficacité et économie d’énergie, avec une production de lumière artificielle se rapprochant des qualités de la lumière du jour. Pour connaître les nouveautés sur les programmes d’éclairage et leurs performances, le mieux est de s’adresser à un professionnel qui déterminera avec l’éleveur l’installation qui convient le mieux à son propre bâtiment.

Contrastes d’intensité lumineuse à éviter


Sans aller toutefois vers des investissements très importants, l’éleveur a tout intérêt à se rappeler certains principes de base qui l’aideront à préserver des conditions de bien-être de son troupeau. Par exemple, ne pas confondre dans son bâtiment une bonne luminosité et une lumière éblouissante. Les bovins - qui ont une vision panoramique de près de 360 degrés - peuvent voir tout ce qui se passe autour d’eux sans bouger la tête mais leur vision est moins nette sur les côtés et vers l’arrière. Ils sont très sensibles au changement brutal d’intensité lumineuse. Un certain nombre d’installations est ainsi à éviter : un positionnement de fenêtres dans l’axe de vision des bovins ; une lumière trop contrastée sur les chemins de circulation des animaux, par exemple entre les couloirs et la salle de traite ; des néons installés perpendiculairement à l’axe de circulation des bovins ; des phénomènes éblouissants ou des couleurs très vives… Pour une bonne approche de la question "lumière-luminosité", il est judicieux de relier la notion de confort à celle d’évitement du stress chez les animaux.

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