C'est désormais officiel
Les débits des cours d'eau sont déjà très inférieurs à la normale saisonnière puisqu'ils sont proches des niveaux usuellement rencontrés en juillet. La situation hydrologique du 17 mai 2011 a permis de constater que, sur les huit bassins hydrographiques observés, six avaient franchi le seuil d'alerte et que deux étaient passés en dessous du seuil de crise.
Mesures préventives...
Au vu de ces éléments, le préfet de Saône-et-Loire a décidé de prendre des mesures préventives restreignant les usages de l'eau sur les zones du département les plus touchées. L'objectif de ces mesures est de limiter les consommations non indispensables pour préserver la ressource en eau déjà peu abondante alors que la période estivale –qui est la plus critique– n'est pas encore amorcée. Cinq bassins versants sont concernés par ces restrictions : les deux bassins déjà en crise "Arconce et Sornin" et "Grosne et côtes viticoles" et trois autres bassins de l'ouest qui, au vu des prévisions météo pour la quinzaine à venir, menacent de passer prochainement ce seuil de crise : "Vallée de la Loire", "Arroux" et "Bourbince". La liste des communes et des mesures de restrictions figure en annexe. La carte permet aussi de bien visualiser les zonages concernés.
Ces mesures sont applicables jusqu'au 15 septembre. Elles pourront être ajustées le cas échéant au cours de la saison estivale en fonction de l’état des nappes et des débits des cours d’eau. L’application des restrictions fera l’objet de contrôles, pouvant toucher l’ensemble des usagers de l’eau, par les services de contrôle habilités.
Bien que l'ensemble du département ne fasse pas encore l'objet de restrictions, le préfet rappelle à tous les citoyens que l'économie d'eau doit être un souci quotidien. Quelques gestes simples permettent de réduire notre consommation d'eau (prendre des douches plutôt que des bains, fermer le robinet pendant le brossage des dents, arroser son jardin le soir et recueillir dès que possible les eaux de pluie...). Le bon sens, quoi.
Réaction du conseil général
Une fois encore, la sécheresse s’installe dans notre région. La Saône-et-Loire, le plus grand département d’élevage de France, sera touchée par ce phénomène qui inquiète à juste titre l’ensemble de la profession agricole. Nous souhaitons apporter notre plus grand soutien aux agriculteurs du département et tout particulièrement aux éleveurs déjà fragilisés par une crise qui dure depuis plusieurs années.
Des mesures d’urgence s’imposent !
Aussi demandons-nous fermement au gouvernement de ne pas reproduire les plans d’urgence des années précédentes en proposant de nouveaux emprunts aux agriculteurs. Ces erreurs commises dans le passé ont porté préjudice à nombre d’exploitants déjà surendettés. Une telle initiative serait donc catastrophique pour la trésorerie des exploitations agricoles de notre territoire.
La seule solution acceptable serait la renégociation de la dette des exploitants avec les banques. Ainsi s’agirait-il d’allonger d’un an la durée de tous les emprunts, l’emprunteur réglant alors les seuls intérêts.
Par ailleurs, le conseil général, représenté par son vice-président en charge de l’agriculture, a participé le 19 mai à la réunion organisée par M. le préfet de Saône-et-Loire concernant l’Observatoire Sécheresse. Le Département a proposé que soit étudiée sérieusement la question de l’approvisionnement des éleveurs en fourrage.
Sur ce point aussi, une action urgente dans un esprit collaboratif est nécessaire. Nous sollicitons le préfet de Saône-et-Loire pour qu’il prenne contact avec ses homologues des départements céréaliers pour que la paille produite ne soit pas détruite (broyée ou brûlée) mais réservée aux éleveurs des départements d’élevage comme le nôtre.
Le conseil général est prêt à collaborer activement avec les organisations professionnelles agricoles et l’État pour que ces mesures soient mises en place très rapidement, seul gage d’efficacité de celles-ci.
Arnaud Montebourg, président du conseil général
Christian Gillot, vice-président chargé de l’Agriculture