Formation des femmes
« Ce n'est pas un réflexe naturel »
Nadine Loisy, présidente de l'association Actrices Nivernaises, qui
propose à ses adhérentes des formations en développement personnel et
professionnel, estime que l'accès des femmes à la formation se heurte à
plusieurs freins.
propose à ses adhérentes des formations en développement personnel et
professionnel, estime que l'accès des femmes à la formation se heurte à
plusieurs freins.
Si Nadine Loisy, tant en utilisatrice des stages qu'en présidente d'Actrices Nivernaises, reconnaît tout l'avantage des formations destinées aux femmes - « çà permet de rompre l'isolement, de sortir de chez soi pour espérer trouver un épanouissement et valoriser des compétences » - elle est aussi bien consciente que, pour les femmes concernées, ce n'est pas chose naturelle. « Chaque femme et chaque famille a une histoire particulière en agriculture. On habite chez l'agriculteur, on baigne dans un environnement déjà installé avec une structure qui facilite l'épanouissement ou au contraire qui le bloque » dit-elle. Et face à ce constat, le premier obstacle, « c'est soi-même » témoigne-t-elle. « Faire le premier pas, s'autoriser à et tant pis si les autres nous jugent », ce n'est « pas un réflexe spontané ». Combien de femmes a-t-elle vu venir à l'association qui « ne pouvaient pas aligner trois mots sans être rouge cramoisi »? Alors, selon Nadine Loisy, « il faut que l'environnement soit facilitateur ».
La mentalité des hommes
Ce n'est pas toujours le cas: « on dit souvent aux femmes, « fais ton travail d'abord! » car les valeurs en agriculture sont très différentes ». Parfois, la mentalité des hommes revient à autoriser la formation des femmes « seulement si çà peut rapporter de l'argent derrière ». L'aspect utilitaire passe souvent en priorité devant le développement personnel. À Actrices Nivernaises, les femmes qui rentrent dans les stages peuvent pourtant suivre les modules « Manipulation bovine et ovine », « Homéopathie vétérinaire », « Secourisme », qui sont directement liés à la vie de l'exploitation. Et là, la formation joue autant sur l'implication personnelle que sur l'acquisition et la valorisation de compétences professionnelles. Il est vrai qu'Actrices Nivernaises, qui est née en 2002 au plus fort de la crise de la vache folle pour tisser des liens, va beaucoup plus loin. Ses modules de développement personnel, cette fois, offrent la perspective de maîtriser « La communication non violente », « La gestion des conflits », « La préparation morale à la retraite » ou encore « Oser dire non ».
« Il faut que l'intérêt de la formation soit en corrélation avec la réalité de la situation de la femme à un moment précis de sa vie. Moi, à 35 ans, je ne sais pas si j'aurais accepté de rentrer dans l'association » distille Nadine Loisy : « des femmes de 30 ans avec un « bout-de-chou », qui ont le travail de l'exploitation, la vie de famille et le quotidien à gérer, ne se tournent pas naturellement vers nous. Moi, je n'ai pas laissé passer l'occasion à un moment précis de ma vie où j'étais plus disponible ». A la suite d'une formation en homéopathie vétérinaire, la ferme du Val d'Osseux de Nadine Loisy et son mari est en train de devenir un élevage laitier bio. Un sacré changement d'orientation, réfléchi à deux.
« Pas un centre social »
Une fois que la démarche de formation est engagée, les femmes d'Actrices Nivernaises ont tendance à se lâcher. Si elles sont peu à s'investir dans la vie de l'association, elles réclament en revanche « plus d'activités. Mais nous ne sommes pas un centre social » nuance la présidente. En revanche, « on se rend compte, qu'en développement personnel, on touche à l'intime en profondeur ». Nadine Loisy cite cette femme qui vivait chez ses beaux-parents et qui, un jour, a tout déballé du poids de son environnement familial, « alors que nous ne nous connaissions qu'à peine ». En agriculture, la réalité des femmes est parfois pesante: « quand on sait combien il y a de suicides en agriculture, nous interagissons comme une soupape de sécurité ». Et pourtant, « au début, nous passions pour des femmes qui ne savaient pas quoi faire chez elles et qui voulaient se retrouver pour faire des choses insignifiantes ». Nadine Loisy veut tenir et garder le cap. Avec ses formations, Actrices Nivernaises est un véritable Groupement de développement agricole, reconnu comme tel par la FNGEDA.
Nadine Loisy préside Actrices Nivernaises, une association et un Groupement de développement agricole reconnu par la FNGEDA, qui regroupe une soixantaine de femmes rurales de la Nièvre.
La mentalité des hommes
Ce n'est pas toujours le cas: « on dit souvent aux femmes, « fais ton travail d'abord! » car les valeurs en agriculture sont très différentes ». Parfois, la mentalité des hommes revient à autoriser la formation des femmes « seulement si çà peut rapporter de l'argent derrière ». L'aspect utilitaire passe souvent en priorité devant le développement personnel. À Actrices Nivernaises, les femmes qui rentrent dans les stages peuvent pourtant suivre les modules « Manipulation bovine et ovine », « Homéopathie vétérinaire », « Secourisme », qui sont directement liés à la vie de l'exploitation. Et là, la formation joue autant sur l'implication personnelle que sur l'acquisition et la valorisation de compétences professionnelles. Il est vrai qu'Actrices Nivernaises, qui est née en 2002 au plus fort de la crise de la vache folle pour tisser des liens, va beaucoup plus loin. Ses modules de développement personnel, cette fois, offrent la perspective de maîtriser « La communication non violente », « La gestion des conflits », « La préparation morale à la retraite » ou encore « Oser dire non ».
« Il faut que l'intérêt de la formation soit en corrélation avec la réalité de la situation de la femme à un moment précis de sa vie. Moi, à 35 ans, je ne sais pas si j'aurais accepté de rentrer dans l'association » distille Nadine Loisy : « des femmes de 30 ans avec un « bout-de-chou », qui ont le travail de l'exploitation, la vie de famille et le quotidien à gérer, ne se tournent pas naturellement vers nous. Moi, je n'ai pas laissé passer l'occasion à un moment précis de ma vie où j'étais plus disponible ». A la suite d'une formation en homéopathie vétérinaire, la ferme du Val d'Osseux de Nadine Loisy et son mari est en train de devenir un élevage laitier bio. Un sacré changement d'orientation, réfléchi à deux.
« Pas un centre social »
Une fois que la démarche de formation est engagée, les femmes d'Actrices Nivernaises ont tendance à se lâcher. Si elles sont peu à s'investir dans la vie de l'association, elles réclament en revanche « plus d'activités. Mais nous ne sommes pas un centre social » nuance la présidente. En revanche, « on se rend compte, qu'en développement personnel, on touche à l'intime en profondeur ». Nadine Loisy cite cette femme qui vivait chez ses beaux-parents et qui, un jour, a tout déballé du poids de son environnement familial, « alors que nous ne nous connaissions qu'à peine ». En agriculture, la réalité des femmes est parfois pesante: « quand on sait combien il y a de suicides en agriculture, nous interagissons comme une soupape de sécurité ». Et pourtant, « au début, nous passions pour des femmes qui ne savaient pas quoi faire chez elles et qui voulaient se retrouver pour faire des choses insignifiantes ». Nadine Loisy veut tenir et garder le cap. Avec ses formations, Actrices Nivernaises est un véritable Groupement de développement agricole, reconnu comme tel par la FNGEDA.
Nadine Loisy préside Actrices Nivernaises, une association et un Groupement de développement agricole reconnu par la FNGEDA, qui regroupe une soixantaine de femmes rurales de la Nièvre.