Ce qui est recherché
En finir avec le casse-tête bouse/refus
La quantité de bouses au sol varie en fonction du chargement au printemps.
Si ce dernier est important (<40 ares/UGB), les bouses seront certes plus nombreuses, mais les animaux seront aussi contraints de pâturer au plus près de celles-ci ; donc cela ne produira pas ou peu de refus. Un passage de herse (style herse à maille ou étrille) en fin de printemps permet une meilleure répartition des fertilisants NPK contenus dans les matières organiques. Généralement très liquides, les bouses de mai sont ainsi étalées et posent moins de problème. En avançant dans la saison, le "sec" change la donne et un ébousage au début de l’été et en automne pourra se justifier.
En système plus extensif (>50 ares/UGB), les animaux vont s’éloigner des bouses pour pâturer. Sur ces zones où la pousse est stimulée, ray-grass et dactyles auront tendance à prendre de vitesse les animaux. Fin juin, la végétation n’y est plus pâturable car devenue trop dure, d’autant que les animaux ont le choix d’opter pour les "inter-bouses". C'est cela qui génère les refus et nécessitera un broyage ou un fauchage selon la hauteur de végétation. Un ébousage début juin peut réduire cet effet en homogénéisant le pâturage. Si les refus sont chaque année récurrents, c’est qu’un problème dans le calage du système fourrager existe : fertilisation trop poussée, surface fauchée trop faible, manque de suivi des parcelles au printemps, pas d’ajustement...
Effacer les dégâts de taupes et de rats taupier
Les taupes se concentrent généralement dans les zones riches en matière organique où la présence de vers de terre est importante. Leur répartition est le plus souvent hétérogène. Elles posent surtout problème pour les parcelles fauchées, avec un risque de pollution des fourrages par la terre, et des risques de casse ou d’usure précoce du matériel. Dans certaines régions, un service de gazage permet leur destruction en localisé. Le passage d’outil doit être réalisé le plus tardivement possible avant récolte, en tenant compte bien sûr de la hauteur de végétation. L’usage de matériels lourds composites est possible, à condition de réduire l’agressivité des couteaux. En effet, le passage tard dans la saison de certains outils scarificateurs augmente les risques de dépression de la prairie en cas de déficit hydrique. Les outils équipés de système à mailles/chaînes ou sarclettes + raclette sont à privilégier en cas de présence récurrente.
Les rats taupiers (ou campagnols) ont une population qui évolue de façon cyclique. Dans le sud du département, certaines parcelles sont actuellement très fortement touchées : 50 % de ces parcelles sont recouvertes de petites taupinières contiguës. Pour le moment, aucune stratégie de destruction n’est en place dans ces secteurs. Le hersage - assez précoce fin février-début mars - a peu ou pas d’incidence sur les populations de campagnols, mais permet à la flore de retrouver de la lumière. Des sur-semis fin mars sont envisageables. Il existe un outil - utilisé dans le Jura et le Doubs - permettant de freiner le développement de leur population. Les outils équipés de sarclettes + raclettes sur outils lourds sont à privilégier pour étaler les pseudo taupinières.
Limiter l’invasion des mousses
Une des causes du développement des mousses peut être un pH qui ne favorise pas le développement des graminées. Dans les sols à pH faible, un chaulage s’impose (chaux ou carbonate selon taux d’argile). Le sur-pâturage peut, en pénalisant les graminées, préparer le terrain au développement de la mousse hivernale. Les autres facteurs non influençables sont nombreux : lumière, orientation, profondeur et fragilité de sol…
Le matériel efficace sur mousse sera composé de "maille/chaine" ou de dents d’étrille. On n’enlève pas la mousse, dans la plupart des cas, une partie seulement va s’arracher du sol ou se décoller. Si elle est très présente, cela va laisser des espaces qui pourront être recolonisés par les graminées, légumineuses… ou autres dicots si le fond prairial est déjà trop dégradé. La scarification avec les couteaux en complément, favorisera un drainage en surface et apportera de la lumière.
Dégradation de la matière organique, herbe morte - fumier
Une grande partie de la production d’une prairie n’est pas valorisée par les bovins. Elle retourne donc sur le sol après sénescence. Les carabes, puis les vers de terre et les bactéries se chargent de la remettre à disposition de la plante au niveau du système racinaire. Les résultats d’essais réalisés par l’Institut de l’élevage montrent que si des effets positifs du hersage sur la dégradation de la matière organique (MO) sont avérés, ils ne sont pas quantifiables. Ces pratiques ne laissent apparaître aucune amélioration chiffrable des indices N, P K de la végétation, donc pas d’effet significatif sur la minéralisation.
Les apports de fumier un peu tardifs ou suivis d’une période sèche peuvent poser problème lors des récoltes les plus précoces. Il est préférable de faire des apports entre 12 et 15 tonnes/ha. Mais tous les épandeurs n'ont pas la même qualité d’épandage et les fumiers sont plus ou moins pailleux et compacts. Le hersage permettra d’éparpiller le fumier. Préférer un outil rapide, mais attention au bourrage, notamment avec les étrilles qui ne sont pas en quinconce ou les raclettes.
Nivellement du sol
Les outils sont globalement peu efficients sur des taupinières enherbées ou fourmilières. Un entretien plus régulier permettra de traiter ce problème avant l’enherbement. Néanmoins, seuls les outils composites lourds munis de sarclettes et rabots peuvent en venir à bout.
Le nivellement consiste le plus souvent à remettre en état des parcelles plus ou moins humides défoncées par les animaux au printemps ou l’hiver, malgré les précautions prises par l’éleveur. Ce travail pourra se faire dans l’hiver ou en automne. Il nécessite un matériel lourd armé de sarclettes pour couper les mottes et de rabots pour les étaler. La présence de couteaux sur lames en avant permettra un meilleur émottage et évitera les effets de lissage éventuels, surtout en terre argileuse.
Et pour le développement du système racinaire ?
L’usage de scarificateurs ou aérateurs de prairie influence-t-il le développement du système racinaire ? Couper le mas racinaire en surface (2 à 4 cm) ou profondément (10 -15 cm) permet le développement de nouvelles racines. Nous avons pu le constater les années précédentes, dès qu’il y a un vide... Il y a colonisation racinaire.
Cela a-t-il un impact sur la production de la prairie ? Non, répond l’Institut de l’élevage, fort des résultats d’essais présentés (en lien sur l’Herbe Hebdo 71 n° 3). Pas d’effet chiffrable sur la flore, sur la fertilité du sol, sur la production de la prairie.
Hersage
Un aspect du problème seulement…
L’entretien des prairies ne se substitue pas au respect des fondamentaux de la maîtrise du système fourrager. Deux impératifs ne doivent en effet pas être perdus de vue : offrir un pâturage en quantité et en qualité sur l’année et constituer des stocks suffisants pour l’hiver.
« On sait que la meilleure façon de faire bouger ses rendements et sa flore est la gestion du chaulage, de la fertilisation, des épandages des matières organiques ainsi que la maîtrise de certaines pratiques, date de fin de déprimage... On sait également que la meilleure façon de faire de la qualité passe par la maîtrise des dates de récolte et la gestion du pâturage », rappelle Eric Braconnier. La quantité d’herbe valorisée par les animaux sur une année dépasse rarement 60 % de l’herbe totale produite sur l’exploitation car une grande partie de l’herbe qui pousse meurt avant d’avoir été exploitée.