Cladie Gudefin
« Cela m’a apporté beaucoup de sérénité »
Fin 2010, Cladie Gudefin choisissait de rejoindre son mari sur l’exploitation familiale avec le projet de développer la vente directe. Un changement radical pour les deux époux qui se retrouvaient désormais associés en EARL. Aujourd’hui, les angoisses de Cladie ont été levées. Moyennant de bonnes résolutions pour protéger la vie familiale et les enseignements précieux d’une formation, la jeune agricultrice a su trouver sa place dans l’exploitation.
Cladie Gudefin est installée depuis un peu plus d’un an à Ménetreuil. Après avoir travaillé pendant une dizaine d’années comme technicienne agricole, elle a choisi de rejoindre son mari, Jean-Guy, en créant une EARL sur la ferme familiale. Aidé d’un apprenti, le couple élève des bovins viande ainsi que des volailles de Bresse. Une quarantaine d’hectares de cultures complètent la surface herbagère.
Le projet initial de Cladie était de créer son propre abattoir de volailles et d’ouvrir un magasin de vente directe à la ferme. L’exploitation commercialise déjà de la viande de génisses charolaises ainsi que des volailles déclassées. La ferme est voisine d’un site de Écomusée de la Bresse bourguignonne, lequel attire de nombreux visiteurs à la belle saison. Une clientèle touristique à saisir aux portes de cette exploitation typiquement bressane.
Pour les volailles, l’EARL a finalement opté pour un abattoir collectif en Cuma. Très investie dans le projet, Cladie est aujourd’hui secrétaire de cette nouvelle coopérative qui fédère sept adhérents. Implanté à Oslon, l’outil d’abattage devrait être opérationnel pour les fêtes de fin d’année. D’ici là, un magasin de vente devrait être construit sur la ferme.
Un métier à part entière
Côté organisation, Cladie se consacre plus particulièrement aux volailles et au travail administratif. Jean-Guy s’occupe quant à lui des bovins et des cultures. Lorsque l’apprenti n’est pas là, la jeune femme seconde son mari à l’atelier vaches allaitantes. Ayant auparavant côtoyé le milieu salarié, Cladie mesure d’autant mieux le poids de l’astreinte générée par l’élevage. C’est l’absence de week-end qui pèse le plus lourd. Mais le couple prend un certain nombre de résolutions pour préserver sa vie familiale. Grâce à leur apprenti et profitant des périodes creuses, Cladie, Jean-Guy et leurs trois enfants parviennent à partir au sport d’hiver et en vacances d’été. Chaque jour, les époux se libèrent à 18 h 30 pour pouvoir profiter de leurs enfants à la maison.
Cladie a aussi fait le choix de confier la garde de ses enfants à une nourrice. Le plus petit a un an et les deux autres, 7 et 3 ans, vont à l’école. « Je me suis installée pour exercer un vrai métier. Avec mon activité sur la ferme, je ne pourrais pas m’occuper convenablement de mes trois enfants », explique la jeune mère. Dans le même ordre d’idée, le couple recourt aux services d’une femme de ménage. « Quand on est agricultrice, ce n’est pas un luxe. Le ménage est une vraie charge de travail. Après tout, ce n’est pas parce qu’on est agriculteur qu’on doit s’interdire les vacances, la garde des enfants ou une aide ménagère », défend Cladie.
L’angoisse de ne pas trouver sa place
Peu de temps après son installation, Cladie a été l’une des premières participantes à la formation Vivéa "Quelle(s) place(s) pour la femme sur l’exploitation ?". « J’ai toujours eu cette angoisse de savoir si j’allais trouver ma place sur l’exploitation. Je me posais beaucoup de questions, notamment sur le fait de devoir travailler avec mon mari. Jusque-là, c’était quand même lui le chef sur l’exploitation. Allait-il me laisser une place ? », s’interrogeait alors la jeune exploitante. Il y avait aussi la peur de perdre ses propres centres d’intérêts, son indépendance à laquelle elle tenait tant dans son travail précédent.
« Au début de la formation, nous étions toutes un peu sur la réserve. Grâce à la formatrice et au courant qui est passé entre les stagiaires, un climat de confiance s’est instauré et, comme les autres, je me suis finalement ouverte, livrée ». La jeune femme reconnaît aujourd’hui qu'« il y avait des choses enfouies qui devaient sortir. Il faut savoir poser les problèmes, les exposer et comprendre. Nous avons travaillé sur nos peurs, nos angoisses, nos doutes. À la fin de la première séance, nous sommes reparties avec chacune un plan d’actions avec deux ou trois choses à réaliser », explique Cladie.
Plus compliqué entre mari et femme
La jeune exploitante reconnaît ne pas avoir réussi à mettre à exécution son « plan d’actions » aussi vite que prévu. À peine installée, elle manquait encore un peu de recul pour le faire. Mais la formation lui a permis « de cerner ce qui pourrait créer des problèmes, de prendre conscience de certaines choses. Il n’y a pas de baguette magique, mais je suis convaincue qu’il faut poser les problèmes sans attendre que les choses s’enveniment. Faire sa place sur l’exploitation est quand même un véritable combat ! Les relations entre mari et femme sont plus compliquées qu’entre associés non familiaux. Il y a plus d’affects. On se dit peut-être plus les choses, mais on s’emporte plus vite aussi ! », analyse Cladie.
Avec le recul, la jeune agricultrice estime que la formation lui a apporté beaucoup de sérénité. « Nombre de mes doutes ont été levés. Entre temps, j’ai pris conscience que j’étais capable d’assurer ce travail et de le faire aussi bien que mon mari ! Finalement, je crois que nous avons réussi : j’ai ma place sur l’exploitation ! », confie Cladie. La formation lui a aussi permis de voir qu’elle n’était pas toute seule à ressentir ces angoisses. « J’ai également appris qu’il fallait savoir prendre le temps d’écouter l’autre sans réagir tout de suite ni porter de jugement. Ce serait bien d’inviter les hommes ! », suggère la jeune agricultrice.
Le projet initial de Cladie était de créer son propre abattoir de volailles et d’ouvrir un magasin de vente directe à la ferme. L’exploitation commercialise déjà de la viande de génisses charolaises ainsi que des volailles déclassées. La ferme est voisine d’un site de Écomusée de la Bresse bourguignonne, lequel attire de nombreux visiteurs à la belle saison. Une clientèle touristique à saisir aux portes de cette exploitation typiquement bressane.
Pour les volailles, l’EARL a finalement opté pour un abattoir collectif en Cuma. Très investie dans le projet, Cladie est aujourd’hui secrétaire de cette nouvelle coopérative qui fédère sept adhérents. Implanté à Oslon, l’outil d’abattage devrait être opérationnel pour les fêtes de fin d’année. D’ici là, un magasin de vente devrait être construit sur la ferme.
Un métier à part entière
Côté organisation, Cladie se consacre plus particulièrement aux volailles et au travail administratif. Jean-Guy s’occupe quant à lui des bovins et des cultures. Lorsque l’apprenti n’est pas là, la jeune femme seconde son mari à l’atelier vaches allaitantes. Ayant auparavant côtoyé le milieu salarié, Cladie mesure d’autant mieux le poids de l’astreinte générée par l’élevage. C’est l’absence de week-end qui pèse le plus lourd. Mais le couple prend un certain nombre de résolutions pour préserver sa vie familiale. Grâce à leur apprenti et profitant des périodes creuses, Cladie, Jean-Guy et leurs trois enfants parviennent à partir au sport d’hiver et en vacances d’été. Chaque jour, les époux se libèrent à 18 h 30 pour pouvoir profiter de leurs enfants à la maison.
Cladie a aussi fait le choix de confier la garde de ses enfants à une nourrice. Le plus petit a un an et les deux autres, 7 et 3 ans, vont à l’école. « Je me suis installée pour exercer un vrai métier. Avec mon activité sur la ferme, je ne pourrais pas m’occuper convenablement de mes trois enfants », explique la jeune mère. Dans le même ordre d’idée, le couple recourt aux services d’une femme de ménage. « Quand on est agricultrice, ce n’est pas un luxe. Le ménage est une vraie charge de travail. Après tout, ce n’est pas parce qu’on est agriculteur qu’on doit s’interdire les vacances, la garde des enfants ou une aide ménagère », défend Cladie.
L’angoisse de ne pas trouver sa place
Peu de temps après son installation, Cladie a été l’une des premières participantes à la formation Vivéa "Quelle(s) place(s) pour la femme sur l’exploitation ?". « J’ai toujours eu cette angoisse de savoir si j’allais trouver ma place sur l’exploitation. Je me posais beaucoup de questions, notamment sur le fait de devoir travailler avec mon mari. Jusque-là, c’était quand même lui le chef sur l’exploitation. Allait-il me laisser une place ? », s’interrogeait alors la jeune exploitante. Il y avait aussi la peur de perdre ses propres centres d’intérêts, son indépendance à laquelle elle tenait tant dans son travail précédent.
« Au début de la formation, nous étions toutes un peu sur la réserve. Grâce à la formatrice et au courant qui est passé entre les stagiaires, un climat de confiance s’est instauré et, comme les autres, je me suis finalement ouverte, livrée ». La jeune femme reconnaît aujourd’hui qu'« il y avait des choses enfouies qui devaient sortir. Il faut savoir poser les problèmes, les exposer et comprendre. Nous avons travaillé sur nos peurs, nos angoisses, nos doutes. À la fin de la première séance, nous sommes reparties avec chacune un plan d’actions avec deux ou trois choses à réaliser », explique Cladie.
Plus compliqué entre mari et femme
La jeune exploitante reconnaît ne pas avoir réussi à mettre à exécution son « plan d’actions » aussi vite que prévu. À peine installée, elle manquait encore un peu de recul pour le faire. Mais la formation lui a permis « de cerner ce qui pourrait créer des problèmes, de prendre conscience de certaines choses. Il n’y a pas de baguette magique, mais je suis convaincue qu’il faut poser les problèmes sans attendre que les choses s’enveniment. Faire sa place sur l’exploitation est quand même un véritable combat ! Les relations entre mari et femme sont plus compliquées qu’entre associés non familiaux. Il y a plus d’affects. On se dit peut-être plus les choses, mais on s’emporte plus vite aussi ! », analyse Cladie.
Avec le recul, la jeune agricultrice estime que la formation lui a apporté beaucoup de sérénité. « Nombre de mes doutes ont été levés. Entre temps, j’ai pris conscience que j’étais capable d’assurer ce travail et de le faire aussi bien que mon mari ! Finalement, je crois que nous avons réussi : j’ai ma place sur l’exploitation ! », confie Cladie. La formation lui a aussi permis de voir qu’elle n’était pas toute seule à ressentir ces angoisses. « J’ai également appris qu’il fallait savoir prendre le temps d’écouter l’autre sans réagir tout de suite ni porter de jugement. Ce serait bien d’inviter les hommes ! », suggère la jeune agricultrice.