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Agrioccasions, les occasions agricoles
Concours général charolais

Concorde monte à Paris ! 

Cette année, dans la très disputée catégorie des taureaux, c’est Concorde qui représentera la Saône-et-Loire à Paris. Comptant parmi ses co-propriétaires Bernard Cuzin et Jean-Claude Lebeaupin, ce raceur en devenir est né dans l’élevage Langillier et il a été dégoté au concours de Charolles en 2007.
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La saison passée, les habitués des concours de reproducteurs charolais de Saône-et-Loire ont du remarquer Concorde, un impressionnant taureau de quatre ans et demi qui a remporté le prix d’honneur senior à Gueugnon, puis le grand prix d’honneur à Autun. L’animal était présenté par Bernard Cuzin, Jean-Claude Lebeaupin et un éleveur de la Nièvre, Denis Perraudin. Les trois co-propriétaires ont acheté l’animal il y a quatre ans sur le concours de Charolles. C’est un fils du remarquable Tevoilà, taureau qui - dans l’élevage de Jean-Marc Langillier à Saint-Bérain-sous-Sanvignes - a fait naître une impressionnante production. On retrouve régulièrement de ses produits sur les concours nationaux et ses qualités d’élevage sont maintenant unanimement reconnues. La mère de Concorde est une fille de Pacha, prédécesseur de Tevoilà dans l’écurie Langillier, lui aussi taureau marquant de la race.

Un joli modèle élevage


Pour son premier concours en temps que veau à Charolles, Concorde n’avait obtenu qu’un troisième prix. « L’animal était plus jeune, moins soigné que les autres. Et il n’était pas vraiment dans le modèle de Charolles », confie Jean-Claude Lebeaupin. Le fait est que dès cet instant, les acquéreurs avaient repéré ce produit typé "élevage". Un animal que ses propriétaires « ont patiemment laissé venir jusqu’à l’automne dernier ». Aujourd’hui, Concorde est devenu un magnifique taureau susceptible de transmettre d’importantes qualités maternelles à ses filles. « Son point fort, c’est sa longueur de bassin, avantage morphologique primordial pour les vêlages. Il est aussi très long avec un grand développement et une très belle démarche », détaille Jean-Claude Lebeaupin.

Des femelles lourdes et fonctionnelles


D’ores et déjà, son potentiel se confirme sur ses premiers produits. Chez Bernard Cuzin, les premières femelles sont « très bonnes » et elles ont vêlé pour la première fois cette année. La génération suivante âgée de 18 mois s’annonce très prometteuse : « un poids moyen de 610 kg de poids vif entrée hiver », fait remarquer Jean-Claude. « Concorde apporte tout de suite du développement et des qualités maternelles. C’est le meilleur taureau que j’ai eu dans mon élevage », confie Bernard. Pour l’éleveur de Perrecy-lès-Forges, Concorde représente sans nul doute un évènement majeur de sa carrière. Sélectionneur depuis plusieurs générations, Bernard avait, comme nombre de ses collègues du berceau saône-et-loirien, privilégié les qualités bouchères. Aujourd’hui, poussé par son ami Jean-Claude, il a décidé de « gagner en poids de carcasse ». « Il n’y a pas assez de différences de prix entre les bonnes bêtes de viande et les autres. Donc, mieux vaut produire des animaux lourds, surtout qu’ils sont plus aptes à la reproduction derrière », justifient en cœur Bernard et Jean-Claude.

Naisseur du père de Tevoilà


Ce sera la première fois que Bernard Cuzin monte à Paris avec l’un de ses bovins. L’homme est bien évidemment « très content d’y aller ». D’autant que c’est lui qui depuis le début soigne le taureau stationné chez lui. L’autre grande fierté pour l’éleveur de Perrecy, c’est d’avoir été le naisseur du père de Tevoilà ! Ce taureau s’appelait Pommard. Bernard l’avait vendu à l’élevage Micaud (03) qui avait fait naître à son tour le prodigieux Tevoilà. Quant à Jean-Claude Lebeaupin, lui qui est né dans une ferme de sélectionneur, d’un père ouvrier agricole, lequel « a soigné toute sa vie des bêtes de concours pour un salaire de misère », c’est un grand plaisir aujourd’hui que de pouvoir « vivre sa passion de la génétique en charolais » en s’associant à des éleveurs comme Bernard. S’il n’est pas à proprement parler éleveur lui-même - il exerce une activité de « pareur professionnel », il est pourtant un précieux « coach en génétique » pour ses amis. C’est bien entendu lui qui assure le parage et la mise en toilette des animaux de concours et c’est aussi lui qui séjournera à Paris pour prendre soin de Concorde.