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Agrioccasions, les occasions agricoles
Face à la sécheresse

Consolider la chaîne de la solidarité

La chaîne de la solidarité s’impose au monde agricole pour passer l’étape délicate qui s’annonce devant elle et qui résulte directement de la sécheresse… Président de la FDSEA de Saône-et-Loire, Yves Bonnot insiste sur l’obligation de réussite qui s’impose aujourd’hui à tous.
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« La Saône-et-Loire subit une sécheresse très importante pour son agriculture, pour son économie, en particulier pour son secteur de l’élevage », rappelle tout de go Yves Bonnot, président de la FDSEA 71, qui évoque sans détour les situations de trésoreries des éleveurs extrêmement mises à mal par quatre années de la plus longue et plus sévère crise que le monde de l’élevage allaitant n’ait jamais eu à traverser. Il faut dire que le département détient le plus important troupeau de vaches allaitantes en France, avec pas moins de 620.000 bovins allaitants, auxquels s’ajoutent les animaux laitiers, les ovins et les caprins, tous tributaires de la production fourragère…

Des besoins énormes


« Nous avons un besoin énorme de fourrages », poursuit Yves Bonnot, qui évoque le recensement des besoins en paille, lequel se chiffrait à pas moins de 70.000 tonnes en ce début de semaine. A noter qu’en 2003, autre année de sécheresse sévère, l’opération paille conduite par la FDSEA avait permis le rapatriement de 60.000 tonnes de fourrages, dont 47.000 tonnes de paille…
« Pour pallier les besoins, nous travaillons en étroite relation avec un certain nombre de départements céréaliers », poursuit le président de la FDSEA 71, qui liste en premier lieu le travail de sensibilisation conduit au sein même du département, dans ses secteurs céréaliers, mais aussi l’Yonne, la Seine-et-Marne, l’Oise, l’Aisne et l’Eure, où partout un élan de solidarité s’exprime fortement dès lors que les éleveurs rencontrent les producteurs de grandes cultures. Des délégations d’éleveurs saône-et-loiriens sont ainsi montées à la rencontre des céréaliers et de leurs organisations. Les contacts sont établis ; partout, ils sont bons à excellents et prouvent, si besoin en était, que le dialogue direct reste le meilleur mobilisateur à cette indispensable chaîne de solidarité.
« Pour l’heure, nous n’avons pas encore contractualisé à hauteur de nos besoins », précise Yves Bonnot, qui évoque quelques 55.000 tonnes sous contrat en ce début de semaine. Fort heureusement, la pluie qui tombait ces derniers jours dans le nord de la France donne un peu de répit, de part et d’autre, pour poursuivre et amplifier les contacts. A noter qu’un travail est par ailleurs conduit avec les départements de la Marne et de l’Aube.

La cellule paille est en place


Dans ce contexte d’urgence, l’appui spontané - et à l’unanimité des élus - du conseil général à cette opération de solidarité paille est apprécié. Il ne sera pas de trop. Réuni la semaine dernière, quelques jours avant le déplacement d’Yves Bonnot, de Joël Maltaverne, Jean-François Lacroix, de Christian Bajard, Eric Joannon et de Philippe Vuillot, responsable du service économique et syndical de la FDSEA, dans l’Oise, puis l’Aisne, le conseil de l’agriculture départementale de Saône-et-Loire, le Cad 71, a fait le point sur la situation, permettant de définir et d’organiser ce qui n’était encore qu’un projet de cellule paille. Ce Cad 71 élargi aux organisations économiques a permis de croiser les renseignements, tous admettant la nécessité collective de réussir cette opération au regard de la situation exceptionnelle à laquelle notre agriculture départementale est confrontée.
Dans la foulée et à la demande de la FDSEA et des JA 71, la mission d’enquête calamités sillonnait la Saône-et-Loire du nord au sud, d’est en ouest, les 16 et 17 juin. Avec un constat : la situation est grave.
En ces premiers jours de semaine, dans les locaux de la Fédé à Mâcon, à la Cellule Paille - dénommée SolidAgri 71 - chacun s’activait. Entre le recensement des besoins, l’établissement des programmes, le téléphone ne cesse de sonner… Surtout, la réception des commandes, pour les adhérents comme pour les non adhérents, dont la date limite a été fixée à ce vendredi 24 juin. « Nous serons extrêmement fermes sur le respect des dates », avertit Yves Bonnot.
A la cellule paille, et pour parer à l’urgence, chacun a dû laisser de côté les travaux en cours. Mais tous l’ont compris : la gravité de la situation l’impose. Il en va de l’avenir - de la survie - de nombreuses exploitations d’élevage.

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