Couverts végétaux : bien plus qu’une contrainte réglementaire !
Avec la flambée des engrais, du carburant et des charges de mécanisation, les couverts végétaux changent de statut. Parfois perçus comme une obligation environnementale ou un supplément de travail, ils apparaissent désormais comme un véritable levier de résilience agronomique et économique. À condition de raisonner leur implantation autrement qu’en simple “case à cocher”. Analyse avec Emeric Courbet, technicien grandes cultures à la chambre d’agriculture de Haute-Saône.
Le contexte international aura au moins eu ce mérite : rappeler brutalement que la fertilité des sols a un prix. Hausse du coût des unités d’azote, renchérissement du carburant, tensions sur les disponibilités d’intrants… dans ce paysage incertain, chaque kilo d’élément fertilisant conservé dans la parcelle reprend de la valeur.« Pendant des années, on a regardé les couverts avec une approche soit militante, soit réglementaire. Aujourd’hui, il faut les regarder comme un investissement agronomique rationnel », résume Emeric Courbet. Car derrière l’image parfois caricaturale du “couvert pour être en règle”, le technicien rappelle une évidence : un sol laissé nu pendant plusieurs mois est un sol qui perd.Il perd des éléments minéraux, lessivés par les pluies automnales et hivernales. Il perd de la structure sous l’effet de l’érosion de son taux de matière organique. Il perd progressivement de sa capacité à encaisser les excès d’eau comme les coups de sec. Bref, il s’appauvrit silencieusement.À l’inverse, un couvert bien conduit joue le rôle de pompe biologique. Il capte l’azote résiduel, valorise les reliquats, mobilise d’autres éléments nutritifs, pr...
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