Les 40 ans du cru saint-véran
Décollage les 4 et 5 juin
Ce premier week-end de juin, dans la cour du Château de Monceau à Prissé,
les vignerons de l’appellation saint-véran fêteront les 40 ans du cru.
Les producteurs feront déguster leurs vins. L’occasion d’échanger avec
eux sur la diversité des 680 hectares de terroirs d’exception qui s’étendent sur
Prissé, Davayé, Chânes, Saint-Vérand, Leynes et Chasselas, au Sud de la
Bourgogne. Petit tour de ces divins terroirs...
les vignerons de l’appellation saint-véran fêteront les 40 ans du cru.
Les producteurs feront déguster leurs vins. L’occasion d’échanger avec
eux sur la diversité des 680 hectares de terroirs d’exception qui s’étendent sur
Prissé, Davayé, Chânes, Saint-Vérand, Leynes et Chasselas, au Sud de la
Bourgogne. Petit tour de ces divins terroirs...
« Il n’y a pas un saint-véran, mais des saint-vérans ». Ce compliment émane de la bouche de Fabrice Sommier, chef sommelier de Georges Blanc et Meilleur ouvrier de France en 2007. Pourquoi ? La réponse fuse : « cette appellation regroupe une mosaïque de terroirs, révélant une grande diversité de vins ».
Ce week-end, les 4 et 5 juin, au départ du château de Monceau à Prissé, l’appellation fêtera ses 40 ans (lire notre édition précédente en page 13). Une occasion unique pour découvrir les vins de 215 caves particulières et des 180 coopérateurs (Vignerons des terres secrètes, Charnay-les-Mâcon, Chaintré, Igé, Juliénas, Vinzelles).
Une vue imprenable sur le Mâconnais
Véritable havre de paix au milieu des vignes, le château de Monceau à Prissé surplombe La Solitude où Lamartine aimait tant se recueillir. Sur ce terroir de la Croix Monceau, une vue panoramique s’offre aux visiteurs pouvant ainsi contempler près de 400 des 680 hectares que compte l’appellation. La culture et le patrimoine se dévoilent à perte de vue. Seule, la Roche de Solutré empêche d’observer le reste du cru. Une faute vite pardonnée tant le magnifique éperon rocheux resplendi dans le ciel mâconnais. À ses côtés, la Roche de Vergisson glisse elle aussi doucement sur les coteaux de vignes, abritant les célèbres Pouilly-Fuissés. Comment résister dès lors ? Impossible !
Des saint-vérans uniques
Exploité par cinq viticulteurs, Émeline Favre, œnologue aux Vignerons des terres secrètes, commentait la dégustation d’un Saint-Véran Croix de Montceau 2009 : « les 5 hectares de ce terroir de chardonnay s’épanouissent en sols argilo-calcaire de l’ère jurassique, exposés plein sud, le rendant unique ». Vigneron, Jérome Jeandin apportait sa touche technique lui aussi : « ce 2009 est un millésime solaire présentant une belle maturité. C’est un vin blanc gourmand, élégant, facile à boire, dégageant des sensations en bouche sans cesse renouvelées ». C’est certainement dû aussi à ses méthodes culturales : enherbement un rang sur deux et travail du sol sur l’autre. La vigueur et donc le rendement (64 hl/ha) sont parfaitement maîtrisés pour dégager la meilleure qualité voulue. 25 % des surfaces sont revendiqués en "Climats" en 2010.
Sa capacité de vieillissement est estimée par les viticulteurs de 10 à 15 ans. « Un vin de fruit, ce Croix Montceau, mais aussi un vin de garde », concluait Fabrice Sommier.
Succession de terroirs
En se dirigeant vers Fuissé et Davayé, on comprend une des caractéristiques du cru qui est de présenter « une succession de monts parallèles entre eux, qui ont basculé sur la vallée de la Saône, après s’être soulevés », explique Jean-Luc Terrier, du Domaine des Deux Roches à Fuissé. Sur un petit chemin entre le "berceau" des Crèches et le terroir des Cras, « à 200 mètres de distance l’un de l’autre, les différences sont visibles ». Les notes gustatives et olfactives aussi. En effet, Les Cras présentent un sol de pierre calcaire tandis que Les Crèches voient cette même craie plus concassée et plus fine.
Pour sa part, « nous recherchons la minéralité », explique Christine Saumaize-Michelin, viticultrice au Domaine du même nom à Vergisson. Elle qui dit avoir « épousé la vigne » avec Roger, son mari, tous deux travaillent en parcellaire et en biodynamie. Leur parcelle des Crèches repose d’ailleurs sur des marnes blanches avec des taux de calcaire importants. « Ce sont des roches altérées en profondeur », précise Roger. Déguster les Cras et déguster les Crèches ressemblent à un voyage entre deux grands vins blancs géographiquement éloignés alors qu’ils sont frères.
Entre Chasselas et Leynes, au Sud de l’appellation, les sols sont eux implantés sur du calcaire à entroques souvent recouvert d’une couche d’argile à chailles. De nouvelles différences apparaissent là encore dans les verres des dégustateurs. Les terroirs des Monts, La Mûre, En Faux ou des Chailloux s'expriment différemment eux aussi. D’autres comme "Les Pommards" ou "Côte Rotie" sont des climats plus confidentiels, aux noms de lieux-dits étrangement évocateurs.
Des vins de plaisirs
Patrick du Domaine de la Batie à Saint-Vérand faisait lui découvrir son millésime 2009 en même temps que la petite chapelle de Saint-Vérand. Saint Vérand fut un saint de l’église catholique, évêque de l’ancien siège de Cavaillon, vers la fin du VIe siècle. Protecteur des bergers et du bétail, il donna son nom au village Saint-Vérand puis à l’appellation, perdant le "d". Penchant son nez au-dessus de son verre, Patrick se remémore : « On a grêlé cette année là. On a cherché le fruit. Il se rapproche de notre 2002 qui a un potentiel de conservation. Un atout pour cette année climatique atypique ». Finalement, tous les vins de l'appellation sont atypiques et la découverte et le plaisir n'en sont que plus grands.
D'ailleurs, pour conclure, le président de l’ODG et viticulteur à Fuissé au domaine de La Source des Fées, Thierry Nouvel donnait sa vision des saint-vérans : « ce sont des vins gourmands, riches en personnalité. Surtout, ils sont taillés pour le plaisir ; pour prendre du plaisir aussi à les partager avec des amis, ensemble, dans la convivialité ». Un mot d’ordre général qui se retrouvera sans aucun doute, ce week-end pour les 40 ans de l’appellation, qui n'attend plus que vous…
Ce week-end, les 4 et 5 juin, au départ du château de Monceau à Prissé, l’appellation fêtera ses 40 ans (lire notre édition précédente en page 13). Une occasion unique pour découvrir les vins de 215 caves particulières et des 180 coopérateurs (Vignerons des terres secrètes, Charnay-les-Mâcon, Chaintré, Igé, Juliénas, Vinzelles).
Une vue imprenable sur le Mâconnais
Véritable havre de paix au milieu des vignes, le château de Monceau à Prissé surplombe La Solitude où Lamartine aimait tant se recueillir. Sur ce terroir de la Croix Monceau, une vue panoramique s’offre aux visiteurs pouvant ainsi contempler près de 400 des 680 hectares que compte l’appellation. La culture et le patrimoine se dévoilent à perte de vue. Seule, la Roche de Solutré empêche d’observer le reste du cru. Une faute vite pardonnée tant le magnifique éperon rocheux resplendi dans le ciel mâconnais. À ses côtés, la Roche de Vergisson glisse elle aussi doucement sur les coteaux de vignes, abritant les célèbres Pouilly-Fuissés. Comment résister dès lors ? Impossible !
Des saint-vérans uniques
Exploité par cinq viticulteurs, Émeline Favre, œnologue aux Vignerons des terres secrètes, commentait la dégustation d’un Saint-Véran Croix de Montceau 2009 : « les 5 hectares de ce terroir de chardonnay s’épanouissent en sols argilo-calcaire de l’ère jurassique, exposés plein sud, le rendant unique ». Vigneron, Jérome Jeandin apportait sa touche technique lui aussi : « ce 2009 est un millésime solaire présentant une belle maturité. C’est un vin blanc gourmand, élégant, facile à boire, dégageant des sensations en bouche sans cesse renouvelées ». C’est certainement dû aussi à ses méthodes culturales : enherbement un rang sur deux et travail du sol sur l’autre. La vigueur et donc le rendement (64 hl/ha) sont parfaitement maîtrisés pour dégager la meilleure qualité voulue. 25 % des surfaces sont revendiqués en "Climats" en 2010.
Sa capacité de vieillissement est estimée par les viticulteurs de 10 à 15 ans. « Un vin de fruit, ce Croix Montceau, mais aussi un vin de garde », concluait Fabrice Sommier.
Succession de terroirs
En se dirigeant vers Fuissé et Davayé, on comprend une des caractéristiques du cru qui est de présenter « une succession de monts parallèles entre eux, qui ont basculé sur la vallée de la Saône, après s’être soulevés », explique Jean-Luc Terrier, du Domaine des Deux Roches à Fuissé. Sur un petit chemin entre le "berceau" des Crèches et le terroir des Cras, « à 200 mètres de distance l’un de l’autre, les différences sont visibles ». Les notes gustatives et olfactives aussi. En effet, Les Cras présentent un sol de pierre calcaire tandis que Les Crèches voient cette même craie plus concassée et plus fine.
Pour sa part, « nous recherchons la minéralité », explique Christine Saumaize-Michelin, viticultrice au Domaine du même nom à Vergisson. Elle qui dit avoir « épousé la vigne » avec Roger, son mari, tous deux travaillent en parcellaire et en biodynamie. Leur parcelle des Crèches repose d’ailleurs sur des marnes blanches avec des taux de calcaire importants. « Ce sont des roches altérées en profondeur », précise Roger. Déguster les Cras et déguster les Crèches ressemblent à un voyage entre deux grands vins blancs géographiquement éloignés alors qu’ils sont frères.
Entre Chasselas et Leynes, au Sud de l’appellation, les sols sont eux implantés sur du calcaire à entroques souvent recouvert d’une couche d’argile à chailles. De nouvelles différences apparaissent là encore dans les verres des dégustateurs. Les terroirs des Monts, La Mûre, En Faux ou des Chailloux s'expriment différemment eux aussi. D’autres comme "Les Pommards" ou "Côte Rotie" sont des climats plus confidentiels, aux noms de lieux-dits étrangement évocateurs.
Des vins de plaisirs
Patrick du Domaine de la Batie à Saint-Vérand faisait lui découvrir son millésime 2009 en même temps que la petite chapelle de Saint-Vérand. Saint Vérand fut un saint de l’église catholique, évêque de l’ancien siège de Cavaillon, vers la fin du VIe siècle. Protecteur des bergers et du bétail, il donna son nom au village Saint-Vérand puis à l’appellation, perdant le "d". Penchant son nez au-dessus de son verre, Patrick se remémore : « On a grêlé cette année là. On a cherché le fruit. Il se rapproche de notre 2002 qui a un potentiel de conservation. Un atout pour cette année climatique atypique ». Finalement, tous les vins de l'appellation sont atypiques et la découverte et le plaisir n'en sont que plus grands.
D'ailleurs, pour conclure, le président de l’ODG et viticulteur à Fuissé au domaine de La Source des Fées, Thierry Nouvel donnait sa vision des saint-vérans : « ce sont des vins gourmands, riches en personnalité. Surtout, ils sont taillés pour le plaisir ; pour prendre du plaisir aussi à les partager avec des amis, ensemble, dans la convivialité ». Un mot d’ordre général qui se retrouvera sans aucun doute, ce week-end pour les 40 ans de l’appellation, qui n'attend plus que vous…