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Agrioccasions, les occasions agricoles
« Fissuration » des prairies

Démonstration de matériel à Vérosvres

Les conditions météorologiques étaient optimales pour apprécier
l'efficacité des différents matériels d'entretien des prairies en
démonstration à Vérosvres. Cet après-midi technique, organisé par l'USC
de Saint-Bonnet-de-Joux présidé par Alain Mazille, et la chambre
d'agriculture de Saône-et-Loire, a rassemblé 35 éleveurs autour de trois
matériels proposés par la société Actisol, en partenariat avec les
établissements Mortier de Saint-Bonnet.
Par Publié par Cédric Michelin
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C'est avec l'ouverture d'un profil pédologique du sol que Bertrand Dury, technicien à la chambre d'agriculture de Saône-et-Loire, a mis en évidence une zone de tassement. Cette zone est présente à 10 à 12 cm de profondeur (voir encadré et photo). Cette couche, dont l'origine n'est pas évidente à définir peut concourir à un blocage de la capillarité dans le sol, ainsi qu'à un mauvais développement du système racinaire profond, réduisant ainsi la résistance de la plante au déficit hydrique.


Fissuration



La société Actisol basée à Cholet propose un matériel spécialisé dans la fissuration profonde des prairies permanentes. Il s'agit de l'herbasol. Le montage permet un travail très propre en surface ; des disques tranchent préalablement le mas racinaire, ils permettent ainsi une pénétration sans arrachement des dents fissuratrices (5 dents avec 60 d'écartement pour un travail de 3 m) ; enfin, une roue vient refermer l'ouverture. Pour un travail propre en surface, la vitesse d'avancement doit rester en dessous de 4 km/h ; en bout de parcelle, un système de vérin permet aux dents de sortir tout en maintenant la pression des roues : il n'y a donc aucun soulèvement de terre en sortie de dent. La puissance nécessaire en traction est variable selon les types de sols et les conditions. Dans les sols « légers » de Vérosvres, un tracteur de 120 chevaux faisait largement l'affaire.


Ameublissement sur 50 % de la surface



Le travail en sous-sol a pu s'apprécier dans un premier temps avec une sonde dynamométrique : la profondeur de travail peut varier de 15 à 25 cm. Afin d'atteindre nos objectifs, nous avons fait un réglage à 18 cm. Hors zone de travail, la sonde descend à 10 cm environ pour une pression donnée. Dans la zone de fissuration, la sonde descend à plus de 25 cm à même pression. Dans les 15 cm de chaque côté du passage de la dent, la sonde descend entre 15 et 20 cm. On peut estimer que le sol est ameubli sur 50 % de la surface. Dans un second temps, un profil a permis d'appréhender visuellement le profil et de confirmer le travail d'aération. L'objectif de fissuration de l'horizon 2 est entièrement atteint.
Ce que l'on peut attendre du passage de cet outil, c'est une meilleure exploitation du sol par le système racinaire, la minéralisation devrait également s'en trouver améliorée ainsi que la rétention d'eau.
Un suivi sera mis en place par les techniciens de la chambre d'agriculture pour apprécier dans les mois et années à venir l'impact pratique sur la production de la prairie (minéralisation rendements...).


Herse légère, efficace



La herse à chaîne Floriale est un outil d'entretien de surface efficace sur les bouses et taupinières. L'action sur la mousse est plutôt attendue sur un travail de printemps ; le nivellement ne rentre pas dans ces prérogatives. Ces herses légères sont idéales pour ce type d'entretien, elles sont peu coûteuses et assez rapides à l'utilisation, 6 à 8 km/h ; au- delà, les mailles réversibles sautent trop.


Scarification effets incertains



Enfin, en démonstration, un outil de scarification, l'Actiflore, constitué d'un axe équipé de grandes « dents lames » permettant de perforer le sol sur une dizaine de cm de profondeur. L'objectif est d'améliorer la structure du sol pour stimuler le développement racinaire et la minéralisation. Des essais menés par l'Institut de l'élevage n'ont pas pu confirmer ces objectifs.


L'importance de l'analyse du sol sous prairie


Observer, comprendre, raisonner, voilà les trois principes de base qu'un agronome doit s'attacher à appliquer sur les prairies. Une prairie naturelle, ça se cultive et tout commence par une bonne connaissance du sol et de ses interactions avec l'environnement et les pratiques agricoles.
Toutes erreurs de comportements peuvent endommager durablement le sol, qui garde en mémoire tout ce qu'on lui fait subir. Les prairies sont souvent des zones sensibles au compactage en période humide. De ce fait il convient d'être très vigilant à cette période, afin de ne pas impacter durablement la porosité de vos sols.

Sous prairie, une zone compacte est régulièrement observée entre 8 et 20 cm de profondeur (principalement sur les terrains sur granite). Ce tassement entrave généralement le bon développement racinaire et accentue l'effet « paillasson » fréquemment observé sur les prairies, dès que les températures estivales accélèrent l'évaporation. Piégées, les racines ne peuvent pas dépasser la zone de décompactage pour puiser leur nourriture plus en profondeur expliquant ainsi qu'année après année, la flore de la prairie se dégrade, s'appauvrit, la parcelle devenant de moins en moins productive. Le seul remède à ce problème reste une intervention au niveau de la structure du sol. Naturellement, les périodes de gels ou de sécheresses extrêmes agissent sur le sol. Une autre solution reste de privilégier une intervention au niveau des horizons problématiques. Dans le cadre de cette réflexion, trois outils de la gamme Actisol ont été testés sur une prairie naturelle de la commune de Vérosvres.


Le sol de la parcelle où les différents essais ont été réalisés correspond à un sol brun acide formé sur arène granitique. Trois horizons ont été identifiés sur les trente premiers centimètres.
Un premier horizon (0-12 cm) Limono-argilo-sableux, assez riche en matière organique, frais, sain (sans traces d'hydromorphie) et à tendance acide. Les racines sont fortement développées dans cet horizon peu compact mais buttent à 12 cm sur l'horizon sous-jacent.
Le second horizon (12-28 cm), sablo-limoneux présente quant à lui plus d'éléments grossiers avec quelques graviers acides (5 à 10%). Très compact, l'horizon n'est traversé que par quelques racines.
Le dernier horizon commence à partir de 28 cm. Plus argileux, cet horizon reste très peu compact.


L'intervention souhaitée concernait donc le second horizon très compact, bloquant aujourd'hui la pénétration des racines en profondeur.


Images