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Agrioccasions, les occasions agricoles
Consommation d'eau

Depuis 10 ans, l'agriculture les réduit

En France, le premier utilisateur d'eau en termes de prélèvement est le
secteur de l'industrie et plus particulièrement la production
d'électricité avec l’hydroélectricité et le nucléaire. Cependant, le
secteur qui consomme le plus d'eau reste l'agriculture. Décryptage.
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Chaque année il tombe environ 400 milliards de m3 d'eau de pluie sur la France. Les deux tiers de cette eau s'évaporent. Le reste –environ 175 milliards de m3– alimente les eaux de surface et les eaux souterraines. Tous secteurs confondus, la France prélève chaque année 31,6 milliards d'eau douce dans le milieu naturel. Seuls 7 % sont réellement consommés, soit 2,21 milliards de m3. Pour bien comprendre, il faut faire la différence entre les prélèvements et les consommations.
Les consommations correspondent à l'eau prélevée dans le milieu naturel qui n'est pas restituée à ce même milieu.
Ainsi, l'eau prélevée par les barrages hydroélectriques est simplement utilisée pour faire tourner les turbines, mais elle est rendue au cours d'eau. Tandis qu'une partie de l'eau utilisée pour le refroidissement des centrales nucléaires s'évapore et n'est donc pas rendue aux milieux. On parle alors de consommation.

L’agriculture consomme 2,6 milliards de m3


En termes de prélèvements d'eau, la production d'énergie et l'industrie sont les premiers postes avec 22 milliards de m3 par an, dont 19 milliards de m3 pour le refroidissement des centrales nucléaires. La production d'énergie représente, à elle seule, 59 % des prélèvements d'eau. La quasi-totalité de l'eau prélevée est restituée au milieu, réchauffée de quelques degrés quand elle sert au refroidissement des centrales. De son côté, l'industrie prélève environ 3,1 milliards de m3, soit environ 10 % des prélèvements annuels.
Du côté de l'eau potable, les prélèvements s'élèvent à 5,8 milliards de m3, soit 18 % des prélèvements d'eau douce. Là aussi, la grande partie de l'eau est restituée au milieu avec parfois des résidus d'hydrocarbures, de médicaments, d’hormones, de produits ménagers, etc.
A l’inverse, l'irrigation des cultures prélève seulement 12 % du volume total (3,9 milliards de m3), mais n'en restitue que 32 %. Une partie de l'eau disparaît par évapotranspiration, l'autre par la croissance des plantes. L'agriculture consomme ainsi 2,6 milliards de m3 d'après les derniers chiffres du ministère de l'Ecologie. L'impact de l'irrigation est d'autant plus important que les prélèvements ont lieu pour l'essentiel dans les eaux de surface en période d'étiage, c'est-à-dire au moment où le niveau des cours d'eau est le plus bas. Cependant, il faut noter la réduction progressive de l'eau prélevée pour l'irrigation depuis les années 2000, ainsi passée de plus de 5 milliards de m3 d'eau à 3,9 milliards de m3 en 2007 qui s'explique surtout par l'amélioration des pratiques et des technologies.



A savoir


5 à 10 %, ce sont les pertes maximum par évaporation en cours d’irrigation. Tel est le résultat d’une étude conduite par le Cemagref et l’Inra. Ces pertes sont donc extrêmement limitées, contrairement à de fréquentes déclarations mal documentées… ou mal intentionnées.