Pour caler les rations
Derniers conseils
A quelques semaines du retour des animaux dans les bâtiments, c’est le
moment de faire le point sur l’état des stocks, en termes de quantité et
de qualité. Il y a un an, les éleveurs s’apprêtaient à entamer l’hiver
avec des réserves hétéroclites du fait d’une sévère sécheresse
printanière. Cette année, c’est la pluie qui a chamboulé le bon
déroulement des récoltes fourragères. La quantité est là, mais les dates
de fauche parfois très tardives se ressentent sur la qualité des fourrages. Pour
mieux appréhender le plan d’alimentation hivernal des cheptels, voici
une série de rappels et conseils de saisons tirés d’Herbe Hebdo n° 26, la note d'information sur la production fourragère réalisée par les techniciens de la chambre d'agriculture de Saône-et-Loire.
moment de faire le point sur l’état des stocks, en termes de quantité et
de qualité. Il y a un an, les éleveurs s’apprêtaient à entamer l’hiver
avec des réserves hétéroclites du fait d’une sévère sécheresse
printanière. Cette année, c’est la pluie qui a chamboulé le bon
déroulement des récoltes fourragères. La quantité est là, mais les dates
de fauche parfois très tardives se ressentent sur la qualité des fourrages. Pour
mieux appréhender le plan d’alimentation hivernal des cheptels, voici
une série de rappels et conseils de saisons tirés d’Herbe Hebdo n° 26, la note d'information sur la production fourragère réalisée par les techniciens de la chambre d'agriculture de Saône-et-Loire.
Des foins en quantité mais récoltés tardivement…
Compte tenu de la date tardive de récolte, les foins réalisés à partir de fin juin jusqu'à fin août sont relativement corrects. Le regain -surtout du trèfle- qui a poussé dans le foin arrivé en fin de cycle début juillet, a permis de maintenir un niveau de MAT élevé. C'est un foin qui devrait être correctement consommé par les animaux allaitants (sous réserve des conditions de récolte). L'encombrement reste proche de 1,2 UEB ce qui est satisfaisant. La densité énergétique (DE) à 0,52 est cependant très moyenne. Cela nécessitera, dans la plupart des situations, l'apport de concentrés si ce foin est apporté seul (cf. paragraphe ci-dessous).
Les foins récoltés plus tôt ont 13 % de PDIN en plus, mais cette année le risque météo était maximal à cette période. Ce différentiel de 8 gramme de PDI peut sembler négligeable à priori, mais sur une ration de vache, cela représente 100 grammes d'azote (13 à 15 % des besoins selon la date de vêlage), et pour le compenser il faudra l’équivalent de 500 g de tourteau de colza en plus, par jour, dans la ration. Pour un troupeau de 80 vaches, c'est prêt de 5 tonnes de tourteau économisé. L'autonomie en protéine d'une exploitation passe en partie par des fauches avant le 15 juin... quand c'est possible !
Demi-teinte pour les ensilages
Les deuxièmes coupes sont très proches des valeurs Inra en UF en UEB, mais sont faibles pour les PDIN qui devraient être plus proches de 100 g/kg. Ce fourrage est à réserver aux laitonnes et autres animaux aux besoins élevés en DE.
Pour les ensilages d'herbe faits avant le 25 mai, les résultats sont en demi-teinte, avec un niveau énergétique et azoté en dessous des normes Inra ; la densité énergétique est moyenne à 0,70 au lieu de 0,78. Pour les ensilages réalisés tardivement, les valeurs sont très médiocres avec une DE à 0,61, ce qui est conforme aux normes Inra. On peut remarquer l'augmentation de l'encombrement et la rapide baisse des valeurs alimentaires entre les deux périodes de récolte.
Les valeurs UF des maïs ensilage sont bien moyennes. Avec 80 échantillons aux résultats homogènes, il faudra en tenir compte dans les rations engraissement (tableau 2, Valeurs maïs ensilage 2012).
Des besoins différents selon les catégories
La connaissance des densités énergétiques (DE) des rations bovins allaitants revient à apprécier rapidement la qualité de son fourrage par rapport aux besoins.
Les jeunes femelles ont besoin d’une ration à forte densité énergétique (capacité d’ingestion faible par rapport aux besoins de croissance). Ces besoins baissent rapidement avec leur poids (plus les génisses sont grosses au sevrage, plus elles seront capables de valoriser les fourrages et moins elles ont besoin de concentré). Même avec un très bon foin, le fourrage seul ne permet pas de faire une croissance de 600 g/jour.
Les primipares sont dans une situation semblable, la concentration de la ration doit être supérieure à 0,66 UFL/UEB. Il faut donc leur réserver une ration spécifique, différente des multipares. Les foins de 1ère coupe ne couvrent pas leurs besoins, même offerts à volonté. L'ensilage d'herbe précoce est bien adapté ; attention cependant à maintenir un apport de fibre suffisant pour le fonctionnement du rumen.
Pour les vaches, attention à la date de vêlage. Une sous-alimentation est tolérée pour des vaches à vêlage de fin d'hiver, à condition qu'elles soient en bon état au vêlage. Elles puiseront sur leurs réserves (effet accordéon). Il faut cependant qu'elles soient en reprise de poids après la mise à l'herbe pour la reproduction.
Avec du vêlage de début d'hiver, une sous-alimentation aura des effets négatifs sur la production et la reproduction ; c'est pourquoi il faut maintenir une densité proche de 0,6 UFL/UEB le plus souvent impossible avec des foins de 1ère coupe.
Faire un point sur ses besoins quantitatifs
Les rendements 2012 sont en général au-dessus de la moyenne. Faire un point sur ses besoins reste nécessaire pour appréhender sereinement l'hiver.
Une approche rapide peut-être réalisée à l'aide des tableaux 4 et 5.
Pour faire le point sur ses stocks
Avant de faire du rationnement, il est impératif d'avoir une bonne connaissance de ses stocks. Savoir qu'il y en a "assez" est rassurant. Mais pour maîtriser les performances de son troupeau, il faut préalablement :
• se fixer des objectifs de croissance en cohérence avec son système de production ; cela définira les besoins pour chaque catégorie d'animaux ;
• avoir une très bonne connaissance de ses fourrages en valeur mais aussi, et surtout, en quantité distribuée : pour cela, il est nécessaire de peser chaque année quelques bottes et faire les matières sèches (MS) pour tout ce qui n'est pas en foin. Cela permettra également de pouvoir vérifier globalement les quantités ingérées. Si une vache ingère 1 kilo de MS fourrage de plus que prévu, c'est plus de 500 grammes de céréales économisés par jour et par bête... pour les mêmes performances !
Calcul du poids du mètre cube au silo
Compte tenu de la date tardive de récolte, les foins réalisés à partir de fin juin jusqu'à fin août sont relativement corrects. Le regain -surtout du trèfle- qui a poussé dans le foin arrivé en fin de cycle début juillet, a permis de maintenir un niveau de MAT élevé. C'est un foin qui devrait être correctement consommé par les animaux allaitants (sous réserve des conditions de récolte). L'encombrement reste proche de 1,2 UEB ce qui est satisfaisant. La densité énergétique (DE) à 0,52 est cependant très moyenne. Cela nécessitera, dans la plupart des situations, l'apport de concentrés si ce foin est apporté seul (cf. paragraphe ci-dessous).
Les foins récoltés plus tôt ont 13 % de PDIN en plus, mais cette année le risque météo était maximal à cette période. Ce différentiel de 8 gramme de PDI peut sembler négligeable à priori, mais sur une ration de vache, cela représente 100 grammes d'azote (13 à 15 % des besoins selon la date de vêlage), et pour le compenser il faudra l’équivalent de 500 g de tourteau de colza en plus, par jour, dans la ration. Pour un troupeau de 80 vaches, c'est prêt de 5 tonnes de tourteau économisé. L'autonomie en protéine d'une exploitation passe en partie par des fauches avant le 15 juin... quand c'est possible !
Demi-teinte pour les ensilages
Les deuxièmes coupes sont très proches des valeurs Inra en UF en UEB, mais sont faibles pour les PDIN qui devraient être plus proches de 100 g/kg. Ce fourrage est à réserver aux laitonnes et autres animaux aux besoins élevés en DE.
Pour les ensilages d'herbe faits avant le 25 mai, les résultats sont en demi-teinte, avec un niveau énergétique et azoté en dessous des normes Inra ; la densité énergétique est moyenne à 0,70 au lieu de 0,78. Pour les ensilages réalisés tardivement, les valeurs sont très médiocres avec une DE à 0,61, ce qui est conforme aux normes Inra. On peut remarquer l'augmentation de l'encombrement et la rapide baisse des valeurs alimentaires entre les deux périodes de récolte.
Les valeurs UF des maïs ensilage sont bien moyennes. Avec 80 échantillons aux résultats homogènes, il faudra en tenir compte dans les rations engraissement (tableau 2, Valeurs maïs ensilage 2012).
Des besoins différents selon les catégories
La connaissance des densités énergétiques (DE) des rations bovins allaitants revient à apprécier rapidement la qualité de son fourrage par rapport aux besoins.
Les jeunes femelles ont besoin d’une ration à forte densité énergétique (capacité d’ingestion faible par rapport aux besoins de croissance). Ces besoins baissent rapidement avec leur poids (plus les génisses sont grosses au sevrage, plus elles seront capables de valoriser les fourrages et moins elles ont besoin de concentré). Même avec un très bon foin, le fourrage seul ne permet pas de faire une croissance de 600 g/jour.
Les primipares sont dans une situation semblable, la concentration de la ration doit être supérieure à 0,66 UFL/UEB. Il faut donc leur réserver une ration spécifique, différente des multipares. Les foins de 1ère coupe ne couvrent pas leurs besoins, même offerts à volonté. L'ensilage d'herbe précoce est bien adapté ; attention cependant à maintenir un apport de fibre suffisant pour le fonctionnement du rumen.
Pour les vaches, attention à la date de vêlage. Une sous-alimentation est tolérée pour des vaches à vêlage de fin d'hiver, à condition qu'elles soient en bon état au vêlage. Elles puiseront sur leurs réserves (effet accordéon). Il faut cependant qu'elles soient en reprise de poids après la mise à l'herbe pour la reproduction.
Avec du vêlage de début d'hiver, une sous-alimentation aura des effets négatifs sur la production et la reproduction ; c'est pourquoi il faut maintenir une densité proche de 0,6 UFL/UEB le plus souvent impossible avec des foins de 1ère coupe.
Faire un point sur ses besoins quantitatifs
Les rendements 2012 sont en général au-dessus de la moyenne. Faire un point sur ses besoins reste nécessaire pour appréhender sereinement l'hiver.
Une approche rapide peut-être réalisée à l'aide des tableaux 4 et 5.
Pour faire le point sur ses stocks
Avant de faire du rationnement, il est impératif d'avoir une bonne connaissance de ses stocks. Savoir qu'il y en a "assez" est rassurant. Mais pour maîtriser les performances de son troupeau, il faut préalablement :
• se fixer des objectifs de croissance en cohérence avec son système de production ; cela définira les besoins pour chaque catégorie d'animaux ;
• avoir une très bonne connaissance de ses fourrages en valeur mais aussi, et surtout, en quantité distribuée : pour cela, il est nécessaire de peser chaque année quelques bottes et faire les matières sèches (MS) pour tout ce qui n'est pas en foin. Cela permettra également de pouvoir vérifier globalement les quantités ingérées. Si une vache ingère 1 kilo de MS fourrage de plus que prévu, c'est plus de 500 grammes de céréales économisés par jour et par bête... pour les mêmes performances !
Calcul du poids du mètre cube au silo
- Ensilage d'herbe coupe fine (MS < 40 %)
En silo couloir : densité (matière sèche par m3 au silo) = (5 x matière sèche) + (16 x hauteur moyenne) + 34
En silo taupe : densité (matière sèche par m3 au silo) = (3,7 x matière sèche) + (7 x hauteur moyenne) + 74
- Maïs ensilage
En silo couloir : densité (matière sèche par m3 au silo) = [929 - (17,5 x matière sèche) + (7,9 x taux d'amidon) + (44 x hauteur)] x MS/100
En silo taupe : densité (matière sèche par m3 au silo) = [874 - (14,5 x matière sèche) + (4,2 x taux d'amidon) + (48 x hauteur)] x MS/100
Le taux d'amidon peut varier fortement (<25 % à > 40 %). Une analyse est vivement conseillée. Sur les analyses du laboratoire César 2012, la moyenne base est à 23 % pour les moins riches en grain et à 31 pour les mieux pourvus.
MAT matière azotée totale ; UEB unité encombrement bovin ; PDI protéines digestibles au niveau de l’intestin ; UF unité fourragère.
En silo couloir : densité (matière sèche par m3 au silo) = (5 x matière sèche) + (16 x hauteur moyenne) + 34
En silo taupe : densité (matière sèche par m3 au silo) = (3,7 x matière sèche) + (7 x hauteur moyenne) + 74
- Maïs ensilage
En silo couloir : densité (matière sèche par m3 au silo) = [929 - (17,5 x matière sèche) + (7,9 x taux d'amidon) + (44 x hauteur)] x MS/100
En silo taupe : densité (matière sèche par m3 au silo) = [874 - (14,5 x matière sèche) + (4,2 x taux d'amidon) + (48 x hauteur)] x MS/100
Le taux d'amidon peut varier fortement (<25 % à > 40 %). Une analyse est vivement conseillée. Sur les analyses du laboratoire César 2012, la moyenne base est à 23 % pour les moins riches en grain et à 31 pour les mieux pourvus.
MAT matière azotée totale ; UEB unité encombrement bovin ; PDI protéines digestibles au niveau de l’intestin ; UF unité fourragère.