EARL Barnaud
Des bâtiments économes en paille
Au moment de construire les deux stabulations de son exploitation, Philippe Barnaud n’a pas cédé à la mode de l’aire paillée intégrale. Avec ses bâtiments dotés d’aires raclées, l’éleveur peut apprécier aujourd’hui le fait d’être moins dépendant à la paille qu’avec un bâtiment plus classique.
Avec leur troupeau charolais, Anne-Marie et Philippe Barnaud font naître un peu plus d’une centaine de veaux à Saint-Germain-en-Brionnais. Dans ce cheptel en grande partie inséminé, les trois quarts des animaux naissent en novembre et décembre ce qui implique des gros besoins en nourriture en hiver, indique Philippe. C’est pour cette raison que l’éleveur mise beaucoup sur l’ensilage d’herbe (une douzaine d’hectares récoltés) pour sécuriser ses stocks. Il compte aussi sur 4,5 ha de maïs fourrage. L’ensilage représente au final plus de la moitié de la ration hivernale ce qui n’est pas sans incidence sur le fumier produit (plus liquide). A cela s’ajoute le fait d’hiverner des veaux plus gros du fait des vêlages précoces. Un système qui aurait pu s’avérer très consommateur de paille. Heureusement pour lui, Philippe a su concevoir ses bâtiments en conséquence.
Première aire raclée en 1994
Tout commence par les deux stabulations. La première date de 1994. Au moment d’imaginer son bâtiment, Philippe se souvient qu’un « système tout paillé lui faisait déjà peur à cause de la paille à acheter ». C’est ce qui l’a conduit à opter pour une stabulation dotée d’une partie raclée pour les vaches. Seul le côté recevant les génisses est paillé. Dans l’autre partie, une aire bétonnée de 2,80 m de large est intercalée entre la stalle d’alimentation surélevée de 15 cm et une aire d’exercice paillée en pente montante à 7 %. Le bas de la pente rejoignant l’aire raclée est bétonné sur 1,50 m. Sous l’effet du piétinement des bovins, les fumiers descendent naturellement vers l’aire bétonnée, laquelle est raclée tous les deux jours au tracteur. A la conception, l’éleveur avait le choix entre une fumière couverte ou dotée d’une fosse de récupération des jus. Philippe a préféré construire un toit sur sa fumière car le terrain se prêtait mal au terrassement d’une fosse et un hangar supplémentaire pouvait toujours servir.
Une seconde avec racleur hydraulique
En 2007, Philippe a eu besoin d’une seconde stabulation pour loger des vaches. Parmi ses objectifs, il voulait « dessérer » ses animaux dans la première stabulation en passant de 14 vaches à veaux par case à 12. Soucieux de limiter les investissements, Philippe a pensé un temps construire une aire paillée. Il est allé en voir beaucoup et, comme en 1994, ce système avec son fumier accumulé et très gourmand en paille ne l’a pas emballé. Philippe a donc une nouvelle fois opté pour un couloir raclé de 3 m séparant une aire paillée en pente et une stalle d’alimentation de 2 m. Le raclage se fait cette fois sans tracteur. Un racleur propulsé hydrauliquement le long d’un rail enterré parcourt la stabulation. Comme dans la première stabulation, le fumier est stocké sur une fumière couverte en bout de bâtiment. Plus spacieuse que la première, la seconde stabulation consommerait moins de paille et elle accueille les veaux les plus gros (les premiers nés). D’une largeur de 7 m, le couloir d’alimentation sert aussi de stockage de paille.
Jusqu’à 7 kg de paille économisé par jour et par vache !
Bien entendu, Philippe reconnaît que ces installations sont plus chères à l’achat que de simples aires raclées. Il faut compter en plus la plateforme à fumier couverte, l’aire bétonnée supplémentaire, le racleur. La stabulation pour 40 vaches de 2007 a coûté 106.000 € HT et la fumière 16.000 €. « Dans le cas de ma première stabulation, au bout de 17 ans, je considère que j’ai gagné de l’argent avec les économies de paille réalisées », fait remarquer l’éleveur. Ce dernier estime que l’aire raclée lui permet de consommer moitié moins de paille qu’une aire sur litière accumulée. Il évalue sa consommation à 4 ou 5 kg par jour et par vache alors qu’il faudrait compter 8 à 10 kg dans une aire paillée. Son technicien bâtiment confirme une économie de l’ordre de 6 ou 7 kg par jour et par couple mère/veau.
Sciure de bois pour éponger
Pour faire diminuer encore un peu plus sa facture de paille, l’éleveur utilise également de la sciure et des copeaux de bois pour la litière. Cette habitude a été prise il y a une dizaine d’années en profitant de la proximité de fournisseurs. Philippe va chercher la sciure de résineux directement à la scierie. La marchandise est stockée en tas à l’abri avant l’hiver. « La sciure a l’avantage d’éponger beaucoup », commente l’éleveur. Elle est épandue une fois par semaine en plus du paillage quotidien. « Je considère que cela m’économise un camion de paille », fait remarquer Philippe. Le prix de la sciure a beaucoup augmenté ces dernières années - « elle est vendue 7 €/m3 aujourd’hui contre 5 € il y a deux ans et 5 francs/m3 avant le passage à l’euro ! », indique l’éleveur. Mais ce matériau reste intéressant au regard du prix de la paille. En outre, Philippe estime ne pas manquer de fumier pour la fertilisation de ses terres, d’autant que le fumier d’aire raclée s’avère plus riche qu’un fumier d’aire paillée.
Tapis caoutchouc dans l’étable entravée
Philippe réalise également des économies de paille dans son ancienne étable entravée, mise aux normes en 2007. Loin d’être abandonnée, elle reçoit aujourd’hui les femelles à l’engraissement, les vaches vêlant tardivement et quelques jeunes bêtes. L’an dernier, l’éleveur a recouvert une partie des stalles avec des tapis de caoutchouc pour le confort des animaux. Les vaches avaient en effet tendance à se « taler les pattes » sur le béton, explique l’éleveur. Depuis que les tapis ont été installés, les vaches ne souffrent plus et elles sont même très propres. Cerise sur le gâteau, les tapis de caoutchouc permettent de mettre moitié moins de paille sous les animaux. Là encore, malgré l’investissement conséquent au départ (90 € par place), l’option se révèlera à terme économique à l’usage avec un gain de confort pour les animaux.
Première aire raclée en 1994
Tout commence par les deux stabulations. La première date de 1994. Au moment d’imaginer son bâtiment, Philippe se souvient qu’un « système tout paillé lui faisait déjà peur à cause de la paille à acheter ». C’est ce qui l’a conduit à opter pour une stabulation dotée d’une partie raclée pour les vaches. Seul le côté recevant les génisses est paillé. Dans l’autre partie, une aire bétonnée de 2,80 m de large est intercalée entre la stalle d’alimentation surélevée de 15 cm et une aire d’exercice paillée en pente montante à 7 %. Le bas de la pente rejoignant l’aire raclée est bétonné sur 1,50 m. Sous l’effet du piétinement des bovins, les fumiers descendent naturellement vers l’aire bétonnée, laquelle est raclée tous les deux jours au tracteur. A la conception, l’éleveur avait le choix entre une fumière couverte ou dotée d’une fosse de récupération des jus. Philippe a préféré construire un toit sur sa fumière car le terrain se prêtait mal au terrassement d’une fosse et un hangar supplémentaire pouvait toujours servir.
Une seconde avec racleur hydraulique
En 2007, Philippe a eu besoin d’une seconde stabulation pour loger des vaches. Parmi ses objectifs, il voulait « dessérer » ses animaux dans la première stabulation en passant de 14 vaches à veaux par case à 12. Soucieux de limiter les investissements, Philippe a pensé un temps construire une aire paillée. Il est allé en voir beaucoup et, comme en 1994, ce système avec son fumier accumulé et très gourmand en paille ne l’a pas emballé. Philippe a donc une nouvelle fois opté pour un couloir raclé de 3 m séparant une aire paillée en pente et une stalle d’alimentation de 2 m. Le raclage se fait cette fois sans tracteur. Un racleur propulsé hydrauliquement le long d’un rail enterré parcourt la stabulation. Comme dans la première stabulation, le fumier est stocké sur une fumière couverte en bout de bâtiment. Plus spacieuse que la première, la seconde stabulation consommerait moins de paille et elle accueille les veaux les plus gros (les premiers nés). D’une largeur de 7 m, le couloir d’alimentation sert aussi de stockage de paille.
Jusqu’à 7 kg de paille économisé par jour et par vache !
Bien entendu, Philippe reconnaît que ces installations sont plus chères à l’achat que de simples aires raclées. Il faut compter en plus la plateforme à fumier couverte, l’aire bétonnée supplémentaire, le racleur. La stabulation pour 40 vaches de 2007 a coûté 106.000 € HT et la fumière 16.000 €. « Dans le cas de ma première stabulation, au bout de 17 ans, je considère que j’ai gagné de l’argent avec les économies de paille réalisées », fait remarquer l’éleveur. Ce dernier estime que l’aire raclée lui permet de consommer moitié moins de paille qu’une aire sur litière accumulée. Il évalue sa consommation à 4 ou 5 kg par jour et par vache alors qu’il faudrait compter 8 à 10 kg dans une aire paillée. Son technicien bâtiment confirme une économie de l’ordre de 6 ou 7 kg par jour et par couple mère/veau.
Sciure de bois pour éponger
Pour faire diminuer encore un peu plus sa facture de paille, l’éleveur utilise également de la sciure et des copeaux de bois pour la litière. Cette habitude a été prise il y a une dizaine d’années en profitant de la proximité de fournisseurs. Philippe va chercher la sciure de résineux directement à la scierie. La marchandise est stockée en tas à l’abri avant l’hiver. « La sciure a l’avantage d’éponger beaucoup », commente l’éleveur. Elle est épandue une fois par semaine en plus du paillage quotidien. « Je considère que cela m’économise un camion de paille », fait remarquer Philippe. Le prix de la sciure a beaucoup augmenté ces dernières années - « elle est vendue 7 €/m3 aujourd’hui contre 5 € il y a deux ans et 5 francs/m3 avant le passage à l’euro ! », indique l’éleveur. Mais ce matériau reste intéressant au regard du prix de la paille. En outre, Philippe estime ne pas manquer de fumier pour la fertilisation de ses terres, d’autant que le fumier d’aire raclée s’avère plus riche qu’un fumier d’aire paillée.
Tapis caoutchouc dans l’étable entravée
Philippe réalise également des économies de paille dans son ancienne étable entravée, mise aux normes en 2007. Loin d’être abandonnée, elle reçoit aujourd’hui les femelles à l’engraissement, les vaches vêlant tardivement et quelques jeunes bêtes. L’an dernier, l’éleveur a recouvert une partie des stalles avec des tapis de caoutchouc pour le confort des animaux. Les vaches avaient en effet tendance à se « taler les pattes » sur le béton, explique l’éleveur. Depuis que les tapis ont été installés, les vaches ne souffrent plus et elles sont même très propres. Cerise sur le gâteau, les tapis de caoutchouc permettent de mettre moitié moins de paille sous les animaux. Là encore, malgré l’investissement conséquent au départ (90 € par place), l’option se révèlera à terme économique à l’usage avec un gain de confort pour les animaux.