Des chapons qui rapportent
Frédéric Buttet à Saint-Maurice-les-Châteauneuf. Ce dernier a fait le
choix de se diversifier plutôt que d'agrandir son exploitation et c'est
tout naturellement qu'il a mis en place deux poulaillers label de 400 m2
chacun. Il produit des volailles label rouge et, à l'approche des fêtes de fin d'année,
un lot de chapons ou de dindes festives. Voici ses résultats
économiques..
Arrivés en juillet, les 4.400 poussins sont répartis en deux lots. D'un côté, 1.750 poulettes qui ont été conduites comme des poulets label, avec un abattage à 81 jours minimum. De l'autre, 2.650 poulets élevés jusqu'aux fêtes après avoir été chaponnés à 33 jours.
Fin septembre, l'abattage des poulettes permet de décharger le bâtiment et laisser ainsi plus d'espace aux chapons. Hormis pendant le dernier mois où ils sont finis dans le bâtiment - dans une semi-obscurité pour obtenir de plus belles carcasses - ces volailles sortent et disposent d'un parcours herbeux de 10.000 m2. Les chapons sont bagués à l'âge de 25 jours avec le numéro de l'élevage.
Cette année, le chaponnage s'est « bien passé ». Cette opération est assurée par une société spécialisée. En une journée, pas moins de sept personnes s'activent pour chaponner les quelque 2.600 poulets présents. Au préalable, ces derniers avaient été mis à la diète pendant 48 heures, parqués puis regroupés dans des cages de 15 m2. Si les pertes ont été très faibles, la réussite du chaponnage était « médiocre » avec un nombre anormal de « rouges », estime le technicien de la chambre d'agriculture, Thierry Michel.
En effet, lors de l'opération, si l'intégralité des testicules ne sont pas retirés ou si quelques cellules restent à l'intérieur du corps, elles croissent et produisent les hormones qui naturellement transforment le poulet en coq. Ces derniers ont alors la tête beaucoup plus colorée, d'où le terme de "rouge". Ils deviennent agressifs et il est nécessaire de les trier et abattre au fur et à mesure qu'ils se déclarent.
Les poulettes ont été chargées en une seule fois le 26 septembre pour être abattues. Les chapons sont partis en trois fois : les 15, 19 et 20 décembre juste avant les fêtes.
Dès les animaux partis, Frédéric a soigneusement nettoyé le bâtiment. Le matériel est alors relevé, les murs et le toit lavés, le fumier sorti. Le matériel est nettoyé et l'ensemble désinfecté avec précaution. Sur l'exploitation, le fumier sera composté avec des déchets verts de la déchetterie locale pour fournir un compost qui sera plus tard épandu sur les prairies.
Les résultats du lot :
Résultats techniques
4.400 ont été mis en place pour 4.315 facturés (toujours 2 % mis en supplément) ;
4.375 volailles sorties, soit 128 pertes ce qui équivaut à 2,9 % ;
38 volailles saisies en abattoir pour 132 kg, soit 0,86 % des mises en place ;
15.429 kg de volailles produites soit un poids moyen de 3,609 kg (les poulettes font 2,3 kg et les chapons 4,53 kg) ;
66.020 kg d'aliment consommé soit un indice de consommation de 4,30 (4,30 kg d'aliment sont nécessaires pour produire 1 kg de volaille) ;
Les poulettes et les « rouges » sont valorisés 1,65 € par kg, les chapons 3,12 €.
Résultats économiques
Dépenses Recettes
Achat de poussins 3.184 93 € Vente de volailles 40.590 €
Aliments 19.874 70 €
Cotisation syndicat 185,22 €
Visite 26,29 €
Chaponnage 2.432,00 €
Total 25.703,14 € Total 40.590 €
Marge intégration du lot : 14.886 €, soit 3,48 € par volaille
De cette marge versée au producteur, il convient de retirer les charges qui restent au producteur, à savoir : 820 € de frais vétérinaires, 420 € de gaz, 455 € de litière (paille et copeaux) et environ 200 € d'électricité, soit une marge de 13.011,86 €.
Chez Frédéric Buttet, le lot de chapon est complété sur l'année par un lot de poulet label qui dégage en moyenne une marge de 4.400 €.
Au final, le poulailler de 400 m2 dégage 17.411 € par an pour payer l'amortissement du bâtiment, la main-d'œuvre et MSA.