Des dégâts considérables et une forte exaspération
Alerter tous les acteurs décisionnaires
Cette situation de pullulation du campagnol est tout à fait inédite en Saône-et-Loire et même en Bourgogne et ce ravageur, dans sa phase de pullulation, met à nu des centaines d'hectares de prairies.
Alors que les moyens de lutte sont finalement très limités (retournement de prairies difficile dans cette zone pour plusieurs raisons, prédation naturelle...) et que la lutte chimique est très encadrée et non autorisée au delà d'un certain seuil d'infestation qui, dans certaines communes, semble d'ores et déjà atteint, la profession entend alerter un maximum d'acteurs décisionnaires sur la question.
La semaine dernière, un courrier commun a ainsi été adressé par le GDS, la Chambre d'agriculture et la FDSEA à l'ensemble des parlementaires, des administrations départementales et régionales. Chacun le sent bien, les éleveurs auront besoin de tous les appuis pour avancer dans ce dossier complexe aux enjeux très importants. Et si la profession se mobilise, elle compte sur l'engagement des élus, des pouvoirs publics et de l'administration pour l'aider à trouver et à mettre en place toutes les solutions qui s'avèreront nécessaires.
Agir vite !
Suite aux visites sur le terrain, un point de situation a été réalisé entre la profession et l’administration.
Aujourd’hui, l’indemnisation des éleveurs du cœur de zone parait indispensable pour concentrer davantage la lutte sur la périphérie, là où celle-ci paraît plus conforme aux conditions requises dans un arrêté préfectoral. En effet, les éleveurs du "cœur de zone" ne disposent d'aucun moyen de lutte, avec des parcelles touchées au-delà du seuil d’infestation, et aucune compensation financière n'est prévue ; il n’ont donc aucune alternative que de voir disparaître leur capital prairie, unique ressource de leur exploitation. Cet état de fait, additionné à la sécheresse –avec ses conséquences financières– mène ces derniers dans une totale impasse en l'état actuel des choses. Une intervention forte des pouvoirs publics s'impose. Un non engagement de l’Etat ou des collectivités sur ce dossier serait lourd de conséquences.
C'est pourquoi la profession demande au plus vite la tenue d’une réunion en préfecture. Cette réunion est indispensable pour que connaître le positionnement de l’administration sur ce dossier et déterminer ou non la mise en route du chantier de lutte pour la rentrée de septembre.
En l'état actuel des choses, une multitude de questions et de problèmes sont posés sur les aspects règlementaires (rédaction de l’arrêté préfectoral, création du GDON...), techniques (plan de lutte, modalités de surveillance, coordinateurs locaux, recensement du matériel disponible : charrues, fusils...). Et cela sans parler des aspects financiers : constitution d’un dossier Calamités, financement du technicien Fredon, financement des investissements matériels...
La situation est grave et, a
Pour en savoir plus sur le rat taupier : www.campagnols.fr
Doublement pénalisés
Dès le mois de janvier, plusieurs agriculteurs du Charollais et du Brionnais ont alerté sur des dégâts causés par le campagnol terrestre. A l’époque, les signalements étaient essentiellement localisés à la vallée de l’Arconce et quelques communes autour de Saint-Christophe-en-Brionnais. Pour le moins désarmés, les éleveurs ont hersé leurs prairies et réalisé leurs amendements de fumier ou d’engrais pour tenter de redonner vigueur aux pâtures. Les premiers jours du printemps particulièrement chauds ont permis une pousse assez vigoureuse et ont laissé espérer une compensation des dégâts causés, mais rapidement la chaleur printanière s'est transformée en sècheresse et la conjonction des deux phénomènes pénalise de façon dramatique la production fourragère avec des rendements en foin de l’ordre d’une tonne à l’hectare.
Carte de situation de colonisation du campagnol terrestre
Insérer ici la carte jpeg
Les communes en jaune représentent les communes atteintes au cours de l’hiver 2010-2011. Au mois de juin 2011, les communes à l’intérieur du cercle rouge sont également colonisées depuis le printemps. Au total, en juin, près de 54 communes sont touchées par le campagnol. Et cela sans compter le présence du ravageur dans un autre secteur géographique, de l'autre côté de la Loire, qui toucherait également des communes de Saône-et-Loire, mais aussi de l'Allier et de la Loire.
Ce constat est particulièrement inquiétant : les communes périphériques au "cœur de zone" n’avaient en effet pas observé de dégâts visibles à la fin de l’hiver, alors qu'aujourd’hui de nombreuses parcelles sont touchées...