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Agrioccasions, les occasions agricoles
Station de Jalogny

Des enchères très disputées 

Vendredi dernier, le GIE Synergie Charolais - Station de Jalogny organisait sa seconde vente aux enchères depuis sa création. Sans atteindre le succès historique de 2011, la station charolaise confirme son renouveau avec une affluence record et des prix de vente à la hausse.
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Vendredi dernier à la station de Jalogny, les 66 jeunes reproducteurs évalués depuis l’automne dernier ont été proposés aux enchères. Comme l’an dernier, le GIE Synergie Charolais - Station de Jalogny avait confié l’animation de la vente à l'équipe du cadran de Moulins-Engilbert. Près de 500 personnes se sont déplacées pour l’évènement. Parmi eux, 77 acheteurs potentiels munis d’un boîtier électronique d’achat. Dès le matin de la vente, l’affluence était au rendez-vous. 260 repas ont été servis et les efforts accomplis par les organisateurs pour mieux accueillir les visiteurs sur le site n’ont pas été vains.
Après la réussite historique de la saison passée et les bons échos des premières ventes charolaises de la saison, tous les signaux semblaient de bonne augure. Avec 47 veaux vendus vendredi dernier contre 58 en 2011, le taux de vente est moins bon (71 % au lieu de 90 %), un score qui, malgré les 19 invendus, reste cependant honorable.
Ce sont les tarifs qui compensent cette relative contre performance. De 2.660 € en 2011, le prix moyen est grimpé à 2.899 € cette année ; un chiffre gonflé par plusieurs très bons veaux ayant affolé les enchères. Le plus cher a été adjugé 6.240 € alors que le record se limitait à 4.660 € l’an dernier. Quatre autres veaux ont été payés entre 4.000 et 5.000 € et une douzaine ont obtenu entre 3.000 et 4.000 €. Au final, cela fait 17 veaux à 3.000 € et plus ; 17 entre 2.300 et 3.000 ; 13 à la mise à prix.

Acheteurs exigeants


Une fois de plus cette année, la clientèle de la station d’évaluation a fait montre de beaucoup d’exigence et de discernement en matière technique. Les veaux qui se sont bien vendus sont ceux qui cumulaient bonne morphologie et performances chiffrées sur le papier. Parmi les qualités recherchées, les garanties « facilité de vêlage » et « aptitude au vêlage » ont été très vendeuses. Signe d’une préoccupation devenue prépondérante pour les utilisateurs. Les cinq veaux les plus chers de la vente détenaient chacun l’une ou l’autre de ces précieuses aptitudes, parfois même les deux. Les acheteurs ont ensuite été très attentifs aux performances globales de fin de contrôle. Tous les gros IMOCR > 112 (index de valeur génétique après contrôle) ont trouvé preneurs. Les éleveurs ont également privilégié les animaux les plus lourds (650 à 700 kg) et, autant que possible, dotés d’un bon GMQ. Même si ce dernier critère n’a peut être pas été le plus déterminant (1.000 à 1.700 g/jour pour les animaux vendus).

Des Vosges aux Hautes-Alpes


Si les organisateurs ont regretté l’absence d’étrangers –des Hongrois étaient venus acheter en 2011– certains visiteurs sont tout de même venus de loin pour voir les animaux de Jalogny. Six départements extérieurs étaient représentés parmi les acheteurs. Les destinations les plus lointaines qu’emprunteront les veaux sont les Vosges, les Hautes-Alpes et la Haute-Saône. D’autres gagneront la Loire, le Doubs et la Nièvre. Ce dernier département ayant, à lui seul, acquis pas moins de quatre reproducteurs évalués à Jalogny cette année. 80 % des animaux resteront cependant en Saône-et-Loire. Si toutes les zones du département sont approximativement couvertes, on notera cependant une participation active des éleveurs charolais de l’est du territoire (Clunisois, vallée de la Grosne et Bresse). Cinq veaux ont également été acquis par le groupement Charolais Horizon, répondant à des commandes de ses adhérents.



Grosse cote pour Gagneur !


C’est Gagneur, un veau né à l’EARL du Bois Doré à Saint-Forgeot, qui a obtenu la plus grosse cote cette année. L’acheteur, M. Jeandaux, éleveur sélectionneur à La Machine dans le 58, l’a retenu avant tout pour « ses très bons index en facilité de naissance ». L’animal était en effet estampillé « facilité de naissance » à la vente avec des parents indexés à 105 et 108 sur ce critère, idem du côté des grands-parents maternels. « C’est un veau grossissant, sans gros défaut, avec de la longueur, de la puissance, un bon GMQ », détaillait M. Jeandaux. Ce dernier utilisera ce taureau (origine Pinay/Mermoz) pour saillir ses futures génisses de 30 mois destinées en partie à la vente. « Mes clients veulent des génisses avec de bons index », expliquait le jeune sélectionneur. Une belle surprise pour le vendeur Cédric Barnay. Avec son veau de grand gabarit (688 kg), ayant bien profité (1.491 g/j) et indexé à 106 d’IMOCR, le jeune éleveur « se doutait bien qu’il allait le vendre, mais pas à un tel niveau de prix ! ».




Frisson SC, la perle rare !


Frisson SC, le meilleur animal de la série, premier en IMOCR (120), a été adjugé près de 4.000 €. Fils du taureau sans corne Visir SC, ce jeune reproducteur natif de la Loire, Jean-Marc Lespinasse, avait impressionné par ses qualités musculaires, dès son arrivée à Jalogny. La première impression s’est révélée être la bonne puisque le jeune reproducteur termine avec un développement musculaire indexé à 115 et un poids record de 714 kg. Des qualités bouchères qui ne l’empêchent pas de posséder la garantie "Aptitude au vêlage" grâce aux excellents index IFNais et AVel de ses parents. Un reproducteur parfait dont s’est emparé le Gaec Rave de La Vineuse, déjà acheteur du meilleur veau l’an dernier.
Parmi les autres veaux adjugés plus de 4.000 €, deux possédaient la double estampille "Facilité de vêlage" et "Aptitude au vêlage". Le premier, né au Gaec d’Azu de Saint-Romain-sous-Gourdon (112 d’IMOCR), a rejoint l’EARL de Lavault à Cuzy. Le second, provenant du Gaec des Quatre Saisons de Boyer entrera en service à la Ferme expérimentale de Jalogny.


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