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Agrioccasions, les occasions agricoles
Agriculture de Saône-et-Loire

Des enjeux qui imposent la mobilisation

Le 2 décembre, le préfet de Saône-et-Loire avait convié les
Parlementaires et les représentants des élus du département pour leur
faire partager l’urgence d’enclencher une action collective, coordonnée
entre profession, administration et élus, face aux enjeux de la future
Pac. Retour.
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Il y a quelques semaines, le préfet de Saône-et-Loire, François Philizot, invitait les représentants de la profession agricole pour dresser un tour de l’actualité, mais aussi pour leur manifester tout l’intérêt qu’il porte à l’avenir de ce secteur économique fondamental pour le département et ses différents territoires.
Il faut dire qu’en moins d’une décennie, la profession a connu une véritable hémorragie, perdant bon an mal an chaque année quelque trois cents exploitants et l’équivalent de cinq cents actifs agricoles ! Des données récentes issues du dernier recensement général agricole qui, à l’heure où se profile une nième réforme de la Pac, font froid dans le dos quant aux perspectives qui pourraient se dessiner dans les années à venir.

Nécessaire mobilisation


Conscient de la gravité des enjeux, François Philizot a tout naturellement fait siennes les inquiétudes de la profession, choisissant de leur donner un écho tout particulier, en invitant les Parlementaires à partager cette analyse, mais à aussi se mettre en ordre de bataille pour, aux côtés de l’administration et de la profession, s’atteler à dessiner un avenir à notre agriculture de Saône-et-Loire.
C’était là tout l’enjeu de la réunion du 2 décembre dernier à laquelle ont participé Arnaud Danjean, député européen, Arnaud Montebourg, président du conseil général et député de la Bresse, Jean-Marc Nesme, député du Charollais-Brionnais, Christophe Sirugue, député du Chalonnais, Gérard Voisin, député du Mâconnais-Beaujolais, ainsi que les représentants des maires ruraux du département, aux côtés des représentants de l’Agriculture.
Pour tous, il apparaît en effet urgent que « nos zones intermédiaires se mobilisent pour faire davantage entendre et porter leur voix », pour reprendre l’expression d’Yves Bonnot, président de la FDSEA, invité à exprimer les craintes de la profession (lire à ce sujet notre édition du 2 décembre en page 2). Une nécessaire mobilisation qui doit, on le comprend, aller bien au-delà des seuls territoires de notre département, en lien avec les départements voisins confrontés aux mêmes problématiques : l’Allier, la Nièvre, la Côte-d’Or, et plus loin le Cher, la Creuse ou encore la Vienne.

Des enjeux de taille


Les enjeux que recouvriront les nouvelles modalités de la Pac sont au bas mot de 25 millions d’€ pour nos territoires, ils pourraient même s’élever à plus de 58 millions, comme le rappelait Sophie Dubreuil, de la chambre d’agriculture. De quoi susciter une vraie crainte, et cela au-delà du seul monde agricole lequel, faut-il le rappeler, ne voit ces sommes que transiter, avant qu’elles n’irriguent l’ensemble de l’économie des territoires concernés…
De fait, les questions qui se posent sont celles de l’avenir des ICHN, de la PHAE, celles relatives au possible découplage de la PMTVA… Sans oublier, mais le dossier est lié, les craintes qui pèsent sur l’avenir des Zones défavorisées simples, lesquelles représentent pas moins de 76 % du territoire saône-et-loirien…
« Actes de production, économie, dynamisme de nos territoires sont étroitement liés », rappelait Bernard Lacour, secrétaire général de la FDSEA, refusant d’opposer les styles d’agriculture, les producteurs. Se tournant vers les politiques présents, « l’heure est grave pour les territoires dont vous êtes les élus et que vous avez la charge de défendre et de protéger ». Et d’observer qu’en dix ans, la ferme Saône-et-Loire a perdu l’équivalent d’Areva et de Michelin, dans le silence et l’indifférence générale.
Ne pas commettre l’irréparable
« Nous avons besoin de lisibilité face à l’avenir », plaidait David Bichet, président des Jeunes agriculteurs, alors que « les chiffres de l’installation dégringolent en Saône-et-Loire, pour la deuxième année consécutive ». Et de mettre en garde élus et administrations : « ne laissez pas croire que les circuits courts régleront tout… »
« Partout, toutes familles politiques confondues, on reparle ré-industrialisation », observait Christian Decerle, président de la chambre d’agriculture. « Pourtant, il y a des gens qui, en leur temps, avaient averti sur les risques alors encourus… Il en va de même pour notre agriculture, dont les évolutions sont irréversibles. Notre société regrettera sans doute demain de les avoir regardées, de les avoir favorisées souvent, impuissante qu’elle sera à enclencher un phénomène inverse ».
Et le président de la chambre d’inviter l’agriculture départementale à se mobiliser dans toute sa richesse et sa diversité, à se mobiliser pour relever les défis qui s’offrent à elle –en liens avec la société et les administrations– en innovant, en allant de l’avant. Et « parce que la richesse, ce sont les hommes et les femmes qui font notre agriculture, il est urgent de mettre fin à cette hémorragie qui vide nos campagnes ».




Le 14 décembre à La Guiche


Le 14 décembre prochain à 14 h 00 à La Guiche, le débat se poursuivra en s’invitant au conseil fédéral de la FDSEA. Equipes syndicales locales et cantonales de la FDSEA, équipes locales des Jeunes agriculteurs de Saône-et-Loire, mais aussi celles des sections et commissions spécialisées de la FDSEA (bovine, ovine, laitière, céréales, viticole, fermiers & métayers, bailleurs, employeurs de main-d’œuvre…) sont conviés à tirer ensemble les enseignements du dernier recensement général agricole, mais aussi des enjeux territoriaux liés aux futurs contours de la Pac dite 2014.


Alors qu’il ne reste sans doute que quelques mois pour prendre une contre-offensive coordonnée avec les élus en faveur de nos territoires, l’heure est manifestement à la mobilisation.


Rendez-vous à La Guiche le mercredi 14 décembre.






Reprendre l’initiative


Dans la droite ligne de cette prise de conscience, la chambre d’agriculture de Saône-et-Loire entend consacrer le prochain Rendez-vous annuel de l’Agriculture, le vendredi 6 janvier 2012 à Chalon-sur-Saône, à cette réflexion.


Selon le potentiel agronomique des territoires, un certain nombre de productions de notre département peinent à sortir de la crise. Par ailleurs, les perspectives économiques et le projet de nouvelle Pac dans ses orientations actuelles, font peser une menace majeure sur un nombre important d’exploitations de Saône-et-Loire.


Cette journée sera l’occasion de se poser pour poursuivre deux objectifs :


1) créer de l’emploi, des biens, de la valeur ajoutée. C’est une affaire d’entrepreneurs, d’initiatives et de dynamisme. Autour de l’économiste Michel Godet, des entrepreneurs qui, d’une façon collective ou individuelle, ont développé des activités agricoles ou para-agricoles avec succès apporteront leur témoignage ;


2) développer une agriculture dynamique dans un vrai projet territorial. Élus et responsables professionnels exprimeront leur vision, leurs remarques sur les enjeux de notre agriculture, de nos territoires et de la politique nécessaire pour faire face aux défis qui nous attendent, mais aussi pour saisir les opportunités d’un monde en pleine croissance économique.


Le vendredi 6 janvier, de 9 h 30 à 17 h 00, au salon du Colysée, parc des expositions à Chalon-sur-Saône.




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