Des gains de marge brute à la clé !
Depuis quelques années, Bovins croissance opère un changement dans ses relations avec les éleveurs. « Nous ne sommes pas là uniquement pour peser les animaux », résumait la directrice Martine Marquet. De fait, tandis que le protocole de pesée se modernise, Bovins croissance développe l’appui technique aux éleveurs, une manière de « donner du sens à la mesure ».
Déléguer la pesée
Et pour pouvoir consacrer davantage de temps au conseil, le syndicat propose désormais un contrat permettant à l’éleveur de réaliser lui-même la pesée de ses animaux. 88 élevages ont opté pour cette formule. Un contrat - établi entre l’éleveur et Bovins croissance - fixe le cadre et les conditions de réalisation des pesées. Concrètement, l’éleveur pèse lui-même ses animaux à la période que lui indique Bovins croissance. Conformément aux délais fixés, il communique par fax, mail ou courrier les données relevées au contrôle de performances. Ces données sont alors saisies par le technicien qui, comme il le faisait auparavant, édite les résultats techniques et leurs commentaires, lesquels sont envoyés par courrier ou remis en mains propres. Au final, rien ne change pour ce qui est de l’appui technique ; seule l’opération de pesée est confiée à l’éleveur. Pour le futur, la fédération nationale Bovins croissance étudie la possibilité d’automatiser cette pesée des animaux. Ces derniers pourraient « aller se faire peser tout seuls », sans doute à l’image de ce qui se fait, en lait, avec les robots de traite.
Plus d’appui technique en ferme
En 2010, les techniciens de Bovins croissance ont réalisé deux cents « suivis de conseil régulier génétique », co-financés par le syndicat et le conseil régional. Pour la première fois l’an dernier, un « suivi approfondi avec visite spécifique » était proposé aux éleveurs. 49 élevages y ont eu recours en 2010 et 55 sont prévus en 2011. Le service prévoit une première visite d’appui technique d’une demi-journée préparée au préalable par le technicien. Le protocole est basé sur un contrat de trois ans à raison de 50 € par an, co-financé par Bovins croissance et le conseil régional. Le programme prévoit un tour d’élevage, une analyse des performances, un appui sur les accouplements et le tri des génisses, un point sur la contention, un bilan de la reproduction. L’alimentation et l’approche économique complètent utilement ce tour d’horizon. Car « faire de la croissance, c’est bien, mais pas à n’importe quel prix », commentait Martine Marquet.
Quel impact économique ?
C’est pour mieux promouvoir cette approche économique que Bovins croissance, Coop’Evolia et CER France 71 ont lancé une étude sur « l’impact économique de l’amélioration génétique ». S’appuyant sur les comptabilités des exploitations de 2009, l’étude compare l’impact de différentes stratégies d’amélioration génétique (suivi Bovins croissance, suivi des génisses, bons IVMat, bonnes conditions de naissance, plus de 40 % d’IA avec suivi Bovins croissance) par rapport à un groupe d’éleveurs plus "communs". Chacun des groupes utilise ainsi au moins un des leviers d’amélioration génétique dont il dispose (contrôle de performances, index, taureaux testés…) et les premiers résultats de l’étude montrent qu’ils sont tous bénéfiques.
« +100 € par vêlage, c’est possible ! »
Ils feraient gagner plus de 100 € de prix de vente par animal en moyenne. En produit brut, ce serait 140 à 216 € de plus par vêlage. En marge brute, l’impact irait de +40 à +100 € par vêlage. La conclusion s’impose d’elle-même : le travail sur la génétique et les performances améliore significativement le produit et la marge brute par vêlage : « +100 € par vêlage, c’est possible ! », résumait Martine Marquet. Ces chiffres appellent toutefois des précisions. Si les stratégies évoquées génèrent plus de produits, elles induisent cependant plus de charges d’alimentation, de frais vétérinaires et d’élevage. Il y a aussi l’aspect charges de structures. Mais ces premiers résultats montrent que « la marge est meilleure. En même temps, le capital d’exploitation est supérieur et les investissements plus importants. Ces exploitations en progrès améliorent aussi leurs conditions de travail », estimait Martine Marquet. Ces résultats vont être complétés par un travail sur les coûts de production.
Et toujours ces écarts édifiants !
Cent-dix élevages font appel au suivi des performances de leurs animaux au-delà du sevrage. Lancé en 2006, ce suivi a remis en évidence la nécessité de bien soigner les génisses et il a aussi révélé l’existence d’importants écarts entre élevages dans ce domaine. Comme le signalait le technicien de Bovins croissance, Arnaud Godard, les génisses de 2 ans des élevages les plus performants pèsent en moyenne 200 kg de plus que celles des élevages les moins performants (454 à 658 kg) ! Les croissances sous les mères peuvent, quant à elles, varier de 795 g/jour à 1.219 g/jour. Et ces écarts se retrouvent pour les croissances hivernales (1 an et 2 ans) de même qu’au pré. Les chiffres détaillés tendent à prouver que c’est de la naissance à 1 an que le gros de l’écart se fait. Sans surprise, le niveau génétique des parents des génisses explique en grande partie la différence de performances.
D’importants écarts entre élevage, c’est ce qui est également ressorti de l’étude économique menée avec Coop’Evolia et CER France 71. Des mortalités s’étendant de 2 à 25 % ; des poids de veaux allant de 150 à 300 kg au même âge… Une disparité qui touche aussi les charges de structure et de manière encore plus édifiante… Le panorama des élevages du département met en évidence de grandes disparités techniques.