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Au 1er juin 2011

Des nappes phréatiques à des niveaux bas

Le 17 juin, le service du BRGM fait état des niveaux des nappes phréatiques français au 1er juin 2011 : la plus grande majorité des réservoirs (79 %) affichent un niveau inférieur à la normale ; notre région n'y échappe pas...
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Au 1er juin 2011, la plus grande majorité des réservoirs (79 %) affichent un niveau inférieur à la normale. C’est le cas sur la plus grande partie du Bassin parisien et dans le Sud-Ouest pour plusieurs grands aquifères. On peut citer les nappes de Beauce, du Bas-Dauphiné, du Champigny en Ile-de-France ou encore les nappes du bassin de la Garonne. Cette situation est le résultat de plusieurs années de déficit pluviométrique. Seuls les secteurs du Sud-Est du pays (Région Languedoc-Roussillon) présentent des
niveaux plus favorables.

Tendance d’évolution du niveau des nappes


Une proportion extrêmement réduite des niveaux de nappe est en hausse ou stable (11 %) en mai. La grande majorité des niveaux est en baisse (88 %) pour ce mois. Cette situation confirme la tendance assez négative observée les mois précédents. Les données du mois de mai confirment, avec le déficit pluviométrique conséquent observé depuis le début de l’année, que la période de recharge des nappes a été très peu effective sur une grande partie du territoire.
Avec les conditions anticycloniques persistantes, la sécheresse se poursuit et ce mois de mai 2011 se classe comme le plus sec depuis les cinquante dernières années. Les cumuls de précipitations ont rarement dépassé 30 mm en plaine. Le passage d'épisodes orageux a toutefois permis des cumuls plus importants sur l'ensemble des massifs ainsi que sur le Limousin et le plateau de Langres. Si la pluviométrie a dépassé ponctuellement 150 mm sur les Alpes du Nord et le Béarn, une situation pluviométrique déficitaire a été observée sur l’essentiel du pays avec, notamment, un déficit qui dépasse 75 % depuis le Poitou-Charentes et les Pays de la Loire jusqu'au Nord - Pas-de-Calais, sur l'ouest de la Gironde, l'ouest de la Corse, de la Provence à la basse vallée du Rhône et à l'Hérault.
Les précipitations efficaces cumulées depuis septembre dernier sont supérieures à 500 mm sur les Pyrénées, les Alpes, les Vosges, le Jura, la montagne corse ainsi que de la Montagne noire au Vivarais. En revanche, dans les plaines du Sud-Ouest, d'Alsace, dans la vallée de l'Allier et la basse vallée du Rhône, du Centre à la Touraine, en Île-de-France et en Picardie, elles demeurent inférieures à 120 mm.
Globalement, les cumuls sont stables sur les massifs grâce aux épisodes orageux mais les déficits se sont accentués en plaine. Les précipitations efficaces demeurent déficitaires sur la quasi-totalité du pays, tout particulièrement au nord du Bassin parisien où les cumuls sont inférieurs à 50 % de la normale. Les zones excédentaires ne concernent que le Var, les Alpes-Maritimes, le nord du Gard et l'Ardèche.
La situation pluviométrique contrastée mais globalement déficitaire sur la plus grande partie du territoire conduit à observer pour ce mois de mai 2011 une évolution des ressources en eau souterraine stable ou à la hausse pour à peine plus de dix pour cent (11 %) des points suivis. Pour la très grande majorité des autres points (88 %), les niveaux sont en baisse en mai. La période de recharge du début d’année n’a pas été probante pour une grande majorité des points. Les situations sont certes contrastées selon que l’on considère les nappes fortement capacitives ou plus réactives, mais globalement les niveaux sont nettement inférieurs aux normales et la période de
consolidation des stocks n’est plus, désormais, d’actualité.
Le niveau des nappes à fin mai est en hausse pour 3 % d'entre elles, en baisse relative pour 88 % et stable pour les 8 % restants.
L’état de remplissage des aquifères se maintient majoritairement sur des valeurs inférieures à la normale en cette fin mai 2011. Il est assez peu contrasté : inférieur à la moyenne pour 79 % des points suivis, égal à la moyenne pour 12 % et supérieur à la moyenne pour les 9 % restants.
Certaines situations déficitaires restent caractéristiques (Bassin Parisien, Bassin aquitain, Bas-Dauphiné, Plaine de Valence). Quelques rares situations proches de la normale, sont observées dans les seuls contextes aquifères du Languedoc-Roussillon.
Plusieurs grandes nappes présentent une situation déficitaire :
• la nappe des calcaires de Beauce est en forte baisse en mai 2011. Dans un contexte général de baisse des niveaux depuis 2002, les niveaux piézométriques enregistrés sont largement inférieurs aux normales de saison, ils sont représentatifs de niveaux de crise.
• La nappe de la molasse Miocène accuse à nouveau une forte baisse en mai 2011. Les niveaux sont réellement déprimés, sous les valeurs décennales de basses-eaux, en partie nord (Bas Dauphiné) et proches de valeurs historiques également en partie sud (Plaine de Valence).
• Les niveaux de la nappe de la Craie sont en baisse en mai 2011, notamment en Basse-Normandie, dans un contexte général de baisse des niveaux depuis 2001. Les niveaux sont largement sous les normales, au plus bas depuis le début des enregistrements.
• La situation de la nappe des calcaires de Champigny reste critique. Les niveaux sont globalement en baisse en mai 2011 et la vidange est en cours pour la grande majorité des points de suivi. Les niveaux sont tous inférieurs aux normales de saison.
• Les nappes des formations karstiques en région Paca : à la Fontaine de Vaucluse, il n’y a pas eu d’épisode de crue durant le mois de mai. Le débit mesuré suit une courbe classique de vidange de la nappe. En mai, le débit moyen est parmi les 10 plus faibles valeurs enregistrées depuis 1970. Il est compris entre le débit quinquennal sec (15,5 m³/s) et le débit décennal sec (11,1 m³/s).
Avec la recharge des derniers mois, liée à des précipitations efficaces notables, seules les nappes du Languedoc-Roussillon présentent fin mai 2011 des situations proches des normales.