Des taureaux qui font progresser plus vite
Depuis 5-6 ans, le Gaec de Vauzelle achète ses taureaux à la station de Jalogny. Il vient y trouver un large choix de reproducteurs en privilégiant les animaux sans corne, le vêlage facile tout en fiabilisant ses choix.
Le Gaec de Vauzelle est composé de Danièle, Joffrey et Josselin Beaudot à Saint-Romain-sous-Gourdon. Sur leur exploitation bio, ils élèvent un troupeau de 170 vaches allaitantes dont 145 charolaises. Toutes les femelles sont engraissées et une partie des mâles sont vendus en bœufs bio de 3 ans. Les associés ont le projet d’engraisser leurs broutards en jeunes bovins bio.
La reproduction du cheptel se fait à 100 % en monte naturelle et le Gaec dispose de dix taureaux pour son troupeau réparti sur deux sites. « Pour le choix de nos taureaux, nous cherchons en priorité à avoir des vêlages faciles sans césarienne pour avoir le moins de frais possible avec des veaux qui démarrent vite et font une bonne croissance compensatrice après. Et nous voulons aussi des taureaux porteurs du gène sans corne », explique Josselin. Le sans corne est important pour la famille Beaudot car « l’écornage n’est autorisé que sous dérogation en bio », confie le jeune éleveur. Quant au vêlage facile, il répond aussi à une volonté d’alléger le travail en hiver et d’éviter des frais directs et indirects, indique Josselin.
7 taureaux achetés à la station
Autrefois, pour l’achat de ses taureaux, la famille Beaudot se rendait dans les élevages ou sur les concours. « C’était la méthode des années 90 quand le testage et le génotypage n’existaient pas. On regardait l’animal et on demandait les infos aux éleveurs. Mais avec mon frère, cela ne nous satisfaisait pas vraiment », se souvient Josselin. Les deux éleveurs ont fini par tenter leur chance à la station de Jalogny et aujourd’hui, ils en sont à 7 taureaux achetés au GIE depuis 5-6 ans.
« Ce qui nous a immédiatement plu, c’est la possibilité de voir d’un seul coup et sans avoir à courir de ferme en ferme jusqu’à 100 taureaux dotés de toutes les infos dont nous avons besoin», confie Josselin.
Comportement, performances, génotypage…
L’idéal, explique le jeune éleveur, c’est de voir les veaux une première fois lors de la porte ouverte (ou sur rendez-vous) et de les réexaminer le jour de la vente. En février dernier, Josselin et Joffrey ont découvert les animaux le matin même de la vente à Charolles. Ils examinent l’allure générale des animaux (morphologie, tête, pattes…) ainsi que leurs comportements - un caractère très important pour eux. Les deux jeunes éleveurs épluchent ensuite le catalogue de vente (GMQ, Poids Age Types, ascendants…). L’animal doit obligatoirement être porteur du gène sans corne, ne pas être porteur du gène culard Q204X, ni des gènes de la maladie Blind. Quant aux index, Josselin et Joffrey y sont attentifs, mais sans focaliser sur les tout meilleurs animaux qui risquent d’être trop chers à la vente…
5.000 € pour un homozygote sans corne
Jusqu’à l’année dernière, le Gaec se fixait un plafond de 3.500 € pour son achat. En février dernier, les associés ont déboursé 3.300 € pour Voici P, un veau sans corne hétérozygote né au Gaec de Lucenier à La Chapelle-au-Mans. Et ils ont enchéri à nouveau et remporté la mise de 5.000 € pour Vulpin P, un homozygote sans corne, né au Gaec de la Védrine Blanche en Lozère. « C’était un coup de folie, mais cela n’a pas duré puisque les prix des animaux en ferme ont monté depuis », relativise Josselin. Vulpin P est le premier taureau 100 % sans corne que possède la famille Beaudot. Il devrait permettre d’accélérer la transition du troupeau vers le caractère sans corne. En outre, c’est un taureau fin d’os spécial génisses, fait valoir Josselin.
Les géniteurs issus de la station de Jalogny permettent au Gaec de progresser plus vite dans les qualités de leurs animaux. Les associés le constatent notamment sur les facilités de vêlage. « Grâce au travail de la station, il y a une part de variable qui disparait. On amène plus de certitudes dans nos choix. Nous sommes très satisfaits de ce mode de diffusion des reproducteurs. Et la vente aux enchères représente un moment convivial. Nous y allons en famille et avec nos salariés », conclut Josselin.