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Agrioccasions, les occasions agricoles
Décryptage

Des usages de l’eau de pluie...

Plus d’une vingtaine de départements français sont aujourd’hui sous le coup de restrictions d’usage de l’eau, prises par les préfets à cause de la sécheresse qui sévit en France. Que cette sécheresse s’avère à terme plus terrible que celle de 1976, devenue la référence en matière de coups de chaud français, n’est finalement pas la question cruciale.
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Elle est plutôt de savoir comment mieux anticiper les épisodes de sécheresse, pour le secteur agricole, son fourrage et son irrigation, pour l’arrosage des terrains de sport et des golfs et celui des jardins des particuliers. Si les aléas climatiques que sont les sécheresses ne sont pas évitables, leurs effets sur le fourrage des animaux d’élevage comme on le voit actuellement, peuvent ne plus être une fatalité.
Certes, ne nous berçons pas d’illusions : le réchauffement du climat devrait mécaniquement réduire la ressource en eau à l’avenir. La diminution progressive et raisonnée des prélèvements d’eau demeure donc une orientation cohérente pour gérer la ressource. Cependant, la France ne va devenir soudainement un pays aride. Des milliards de m³ de pluies se déversent chaque année sur notre territoire, mais une bonne partie de cet or bleu s’écoule directement vers la mer, sans que nous puissions en faire bon usage...
Les agriculteurs déplorent ainsi une politique nationale de gestion de l’eau incompréhensible, qui n’a toujours pas élevé au rang de priorité la création de retenues d’eau pour capter les précieuses pluies. L’idée est de stocker l’eau l’hiver quand elle est abondante dans des retenues et des lacs collinaires pour l’utiliser l’été. Ce plan de gestion nécessite des investissements mais, dans le même temps, les impacts de l’irrigation agricole sur la ressource seraient réduits.
La ministre de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, réunissait le 16 mai un "Comité sécheresse" qui devait faire le point des mesures à prévoir. Déjà, en août 2010, son prédécesseur, Jean-Louis Borloo, formalisait dans une circulaire les engagements du gouvernement pour améliorer la gestion de l’eau. Il y était question d’« une aide financière plus conséquente » pour accompagner le développement des projets de « retenues de substitution collectives ». Où en est-on aujourd’hui ?
L’anticipation face aux sécheresses vaut d’autant plus dans une économie mondialisée ballottée par la volatilité accrue des cours sur les marchés mondiaux agricoles notamment. Si les pluies ne surviennent pas ces prochaines semaines en Europe du Nord, les bilans prévisionnels de récolte seront sensiblement revus à la baisse et la tendance des marchés céréaliers continuera à être inflationniste. Car la demande mondiale de céréales, elle, ne fléchit pas.