Dialogue et concertation
tenue au lycée de Fontaines, le 15 septembre dernier. L’occasion de passer en revue une actualité
chargée, même si l’accent était donné sur la signature de la charte sur
les zones humides et les travaux hydrauliques ruraux…
Les projets actuels ne seront une nouvelle fois pas sans conséquence pour notre agriculture, notamment au regard du devenir des zones défavorisées. Cette question est désormais intégrée à la Pac et ce dossier ne laisse rien présager de bon, alors même que la Commission européenne a maintenu ses positions initiales, en dépit des propositions bourguignonnes pourtant reprises et portées par la France…
« L’économie agricole a été oubliée. Pire, on peut même craindre que certaines mesures détériorent ce qui devrait être une orientation importante et prioritaire », constatait Jean-Luc Desbrosses, secrétaire général, à l’issue de la présentation faite sur l’avenir de la Pac. Nul doute que ce dossier impactera de nouveau fortement notre agriculture, alors même que les questions centrales comme l’autonomie alimentaire des élevages de la zone allaitante semblent compromises par la volonté de figer un peu plus encore, au travers d’un verdissement marqué, l’existant…
« Toute réforme est une source de préoccupation légitime pour les agriculteurs », concluait Christian Decerle, président, soulignant les tendances fortes qui, réforme après réforme, s’imposent. Pourtant, notait-il, « au-delà des soutiens, l’encadrement réglementaire a aussi toute son importance ». Ainsi de citer en exemple le fait que « le maintien d’une surface en prairies est différent de la sanctuarisation des prairies naturelles ».
Une dynamique bien réelle
Autre sujet abordé, l’enseignement et la formation en agriculture.
Anne Gonthier et Jean-Pierre Thuot, respectivement présidente et directeur du lycée de Fontaines, en profitaient pour rappeler la réelle dynamique développée par l’établissement, chiffres à l’appui. Quant à Madeleine Hasdrubal, responsable de l’enseignement agricole à la Draaf de Bourgogne, elle rappelait la diversité, l’importance et le dynamisme de ce dernier dans la région. Surtout, elle insistait sur ses excellents résultats et sur le taux d’insertion professionnelle élevé, 87 % à 45 mois, dont il peut légitimement se targuer. Un avis partagé par Jean-Paul Tréboz, impliqué dans l’enseignement privé, qui rappelait la diversité des formations et des métiers, « dont on ne parle qu’à peine assez… »
Robert Martin, responsable de la formation à la chambre, et Didier Sauvage, en charge du dossier, en profitaient pour présenter le tout nouveau catalogue de formation de la chambre d’agriculture, sorti quelques jours plus tôt. Un élément qui vise à inciter plus encore les exploitants agricoles et viticoles à bénéficier d’une dynamique bien réelle, puisque, Certiphyto mis à part, les formations des chefs d’exploitation ont fait un bond de +60 % en Saône-et-Loire en deux ans ! À ce sujet, une troisième formation Synergie est en route et sera officiellement lancée dans quelques jours.
Dialogue et concertation
La présentation du travail conduit autour de la signature de la charte (lire notre édition du HH septembre dernier en page JJ et encadré ci-dessous) donnait l’occasion à Christian Decerle de passer un message à l’attention des services de l’État : la profession agricole a besoin d’une administration à ses côtés pour relever les défis qui s’imposent à elle, une administration qui l’accompagne dans les nombreuses évolutions techniques, réglementaires.
Un message manifestement perçu par François Philizot qui, faisant référence à la charte et à sa signature, rappelait que « nous sommes tous dépositaires d’une partie de l’enjeu. Il nous faut sortir de l’opposition pour aller vers la concertation ». Une analyse partagée qui, bien entendu, dépassait le dossier des seules zones humides, à commencer par celui de Natura 2000 ou celui de la gestion de la consommation du foncier agricole… Autant de sujets qui nécessiteront tout autant de dialogues et de concertation !
Encadré avec photo : Les signataires de la charte.
Apaiser les relations…
C’est autour de la signature de la charte relative aux zones humides et aux travaux hydrauliques ruraux que s’est achevée la session. Dans ce dossier, on revient de loin. Chacun a en mémoire la réunion à Uxeau qui, à l’initiative de la FDSEA, avait vu des échanges tendus entre administrations et paysans, mais aussi les projets initiaux –fort heureusement contrariés– qui avaient conduit au classement potentiel en zones humides de plus de 40 % de la SAU du département, comme le rappelait Samuel Chanussot, responsable du Service Agronomie, gestion de l’espace et de l’Environnement à la chambre.
Depuis, dans l’ombre, un travail de concertation, de rapprochement avec les services de l’État a été conduit « dans l’objectif de clarifier les choses pour permettre à chacun un partage de la vision des choses et donc la possibilité de travailler sereinement ». Et Samuel Chanussot de se féliciter de ce dialogue, qui « a fait avancer les choses » rappelant le travail lourd qui a abouti à une ligne directrice. Fortement impliqué dans ce dossier, Lionel Borey, président de la section céréalière de la FDSEA, rappelait les marges de manœuvre extrêmement étroites et l’importance du dialogue constructif qui a pu être établi dans ce dossier. « La profession reconnaît l’intérêt écologique des zones humides », rappelait-il en préalable, soulignant que « le drainage des terrains hydromorphes doit rester une priorité, et ces chantiers doivent être conduits sans altérer les zones humides ». Une réalité de taille alors que le département dispose d’un potentiel de 40.000 hectares de terres à drainer, comme le rappelait Bertrand Dury, de la chambre.
La charte a pour finalité d’éclairer chacun sur la réglementation, rappelée à cette occasion par Nicolas Guérin de la DDT 71, de faciliter les tâches de tous les acteurs que sont certes les agriculteurs, mais aussi les administrations, les maires ruraux, les structures de conseil, les entreprises de travaux agricoles. Elle vise aussi à définir et simplifier les démarches administratives et, bien entendu, à sécuriser l’activité économique.
« Une poignée de personnes ont travaillé d’arrache-pied sur un chemin étroit pour rapprocher les parties », observait Christian Decerle pour qui « cette charte est la seule solution possible pour retrouver la nécessaire sérénité entre la profession agricole et l’Onema ».