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Dermatose nodulaire contagieuse

DNC : éleveurs laitiers et allaitants demandent plus d'aides

La FNPL (éleveurs de bovins lait, FNSEA) réclame une meilleure indemnisation des pertes de production laitière, tandis que la FNB (éleveurs allaitants) plaide pour une compensation du manque à gagner lié au blocage des broutards.

DNC : éleveurs laitiers et allaitants demandent plus d'aides

Lors d’une conférence de presse au Sommet de l’élevage le 7 octobre, le président de la FNPL (producteurs de lait, FNSEA) Yohann Barbe a exigé des « garanties » sur l’indemnisation des pertes de production de lait dues à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Un sujet prégnant alors que le repeuplement se profile dans l’Ain et les deux Savoie, où la zone de protection vient d’être levée. « La prise en charge ne porte que sur trois mois. Or, reconstituer un troupeau laitier dans ce délai, c’est impossible », explique Yohann Barbe. « On a l’impression qu’on essaie de nous calquer sur les schémas d’élevage hors sol », analyse-t-il, réclamant une durée de prise en charge plus longue.

D’après cet éleveur vosgien, la ministre de l’Agriculture démissionnaire avait déjà « opposé une fin de non-recevoir » à cette demande. Outre la mortalité (autour de 10 %), la DNC provoque d’importantes pertes de production laitière, jusqu’à « moitié moins », selon un éleveur de Haute-Savoie touché par la maladie et invité à témoigner à la conférence de presse.

« 20 à 25.000 broutards » bloqués

Par ailleurs, la FNPL porte, pour les veaux laitiers, la même demande que la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA) avait formulée quelques jours plus tôt pour les mouvements de broutards. Alors que les bovins ne peuvent pas sortir des zones réglementées pour la DNC, la FNB réclame deux mesures pour aider les éleveurs possédant des broutards bloqués. À court terme, pour les producteurs, « les plus coincés », la FNB demande une aide financière pour compenser le différentiel entre le prix d’un broutard vif et le prix d’une carcasse de broutard. « Un broutard non engraissé peut avoir une destination bouchère, mais avec une rentabilité bien moindre », explique le président de la FNB, Patrick Bénézit. Or, « les engraisseurs sont peu nombreux dans ces zones réglementées ».

Dans un second temps, le syndicat veut obtenir la possibilité de « commercialiser les animaux dûment vaccinés, y compris à l’export ». « Avec seulement deux cas au mois de septembre, la vaccination a fait ses preuves », estime M. Bénézit. Selon cet éleveur du Cantal, environ 1.500 éleveurs (allaitants et mixtes) sont potentiellement concernés dans les deux premières zones réglementées (Savoie-Ain et Loire-Rhône), pour un total de « 20 à 25.000 broutards » (effectif sortant habituellement des zones entre juillet et la fin de l’année).

Un nouveau foyer de DNC détecté dans le Jura

Un cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) a été confirmé le 12 octobre sur la commune d’Ecleux au nord-ouest du Jura, a indiqué le ministère de l’Agriculture dans un communiqué de presse. L’épizootie a touché un élevage de 93 bovins qui ont tous été euthanasiés. Comme à l’accoutumée, une zone réglementée d’un rayon de 50 km a été mise en place autour de ce foyer. Elle couvre « une partie des départements du Jura, du Doubs, de Côte-d'Or, de la Haute-Saône et de la Saône-et-Loire », précise le ministère. Depuis son apparition sur le territoire français le 29 juin dernier, c’est le 80e foyer recensé. Jusqu’à présent cinq départements ont été touchés : Savoie (32 foyers) ; Haute-Savoie (44 foyers) ; Ain (2 foyers) ; Rhône (1 foyer) et maintenant Jura (1 foyer). Ces foyers concernent 48 élevages. Le ministère rappelle « l'importance de maintenir une vigilance accrue de l'état de santé des bovins, de mettre en œuvre des mesures de biosécurité et de veiller au respect des règles relatives aux mouvements d'animaux, dans un contexte où la situation sanitaire (...) est encore évolutive ». Le 9 octobre, 63 communes situées à l’Est de la Savoie et de la Haute-Savoie étaient sorties de la zone de surveillance.