Litière des animaux
Du miscanthus pour pailler ?
Apparu avec les cultures à biomasse, le miscanthus serait capable de produire 14 tonnes de matière sèche par hectare durant près de 15 ans et ses tiges donneraient une paille très absorbante. A Aiserey (21), la Sica Bourgogne Pellets détient un véritable savoir-faire dans l’implantation et la conduite de cette culture. Une piste pour rendre la Saône-et-Loire plus autonome en paille ?
Philippe Béjot est le responsable du développement agronomique du miscanthus à la Sica Bourgogne Pellets. Pour lui, cette plante très productive pourrait offrir une alternative intéressante à la paille en guise de litière. Créée en 2009 sur le site de l’ancienne sucrerie d’Aiserey (21), Bourgogne Pellets développe la culture du miscanthus et du swich grass dans la région. Ces cultures à biomasse sont destinées à alimenter l’ancienne usine de production de pulpes de betteraves reconvertie. Propriété de Bourgone Pellets et de ses quelque 400 actionnaires, cet outil industriel compte cinq presses destinées à fabriquer des granulés. « A l’heure actuelle, nous granulons à façon des issues de céréales destinées à l’alimentation animale. Nous fabriquons aussi des granulés de miscanthus et nous sommes en train de construire un atelier de conditionnement pour mettre le miscanthus en sac », explique Philippe Béjot.
La litière plutôt que le chauffage biomasse
A l’origine du projet, Bourgogne Pellets misait sur le débouché chauffage. Finalement, le miscanthus sera valorisé dans la litière pour animaux, le paillage horticole et, demain, les matières agro-plastiques. Les granulés de miscanthus fabriqués et ensachés dans l’usine d’Aiserey sont ainsi destinés au marché des animaux de compagnie ainsi qu’au secteur équin. « Avec du miscanthus, on paille un cheval dans un boxe de 10 m2 avec 200 kg de granulés pour sept semaines. On estime qu’un kilogramme de poudre de miscanthus absorbe 4 kg d’huile, ce qui est bien supérieur à de la sciure de bois », assure Philippe Béjot. L’activité est en plein développement avec 900 tonnes de granulés cette année. « Demain, nous essaierons de capter le marché avicole. Le miscanthus est utilisé dans certains ateliers dindes », confie Philippe Béjot. Par ailleurs, plusieurs expérimentations sont en cours avec les instituts techniques et de recherche. Le but est d’obtenir des références chiffrées sur l’efficacité de la plante en litière et sur son intérêt économique en élevage.
Une culture pérenne et productive
Car Philippe Béjot avoue s’intéresser de près à l’élevage bovin et à sa problématique vis-à-vis de la paille. « Dans la zone d’élevage allaitant type Saône-et-Loire, les éleveurs sont aujourd’hui très dépendants des autres pour leurs besoins en paille car ils n’ont pas la ressource. Nous sommes en mesure de leur fournir des rhizomes pour qu’ils puissent produire du miscanthus de manière autonome sur leur exploitation », explique Philippe Béjot. En effet, la Sica Bourgogne Pellets produit elle-même des plants de rhizome dont elle assure la plantation chez les agriculteurs avec qui elle contractualise pour la fournir en miscanthus. Elle pourrait donc en faire de même chez les éleveurs intéressés par cette culture. Outre son excellent pouvoir absorbant en litière, le miscanthus est une culture pérenne dont les plantes repoussent jusqu’à 4 m de haut chaque année et cela durant plus de 15 ans !
« Souvent implanté sur des parcelles isolées ou des jachères, le miscanthus a besoin de sols profonds. Il demande à être désherbé les deux premières années, le temps que la culture s’installe. Implanté courant avril, il est broyé à la sortie de l’hiver suivant, alors qu’il mesure 1,50 m de hauteur. A deux ans d’âge, il atteint 50 % de son potentiel soit environ 7 à 10 tonnes de matière sèche par hectare (9 à 12 tonnes de paille). A trois ans, il entre en pleine production dépassant 14 tonnes de matière sèche et peut atteindre 20 tonnes/ha ! », confie Philippe Béjot.
Récolte en février-mars
La récolte est effectuée à l’aide d’ensileuses dont le rotor a été spécifiquement modifié. Coupées en brins de 60 à 80 cm de long, les tiges de miscanthus sont écrasées et ouvertes ce qui met à jour l’intérieur spongieux de la plante. Au lieu d’être propulsée vers une remorque par le ventilateur de la machine, la récolte est déposée en andain au sol pour le pressage. Bien que la récolte ait lieu en mars, le pressage peut parfois être effectué derrière l’ensileuse. Si le taux d’humidité est trop élevé, un séchage d’une journée, permet d’abaisser l’humidité de la paille de 25 à 15 % environ. Cette dernière est ensuite pressée en balles d’environ 350 kg. Ainsi conditionné, le miscanthus pourrait tout à fait se substituer à de la paille. « Récolté en mars, il peut permettre d’assurer la soudure en cas de manque de paille sur l’exploitation ou alors constituer le stock de l’hiver suivant », fait remarquer Philippe Béjot. Le technicien précise que le miscanthus pourrait tout aussi bien se récolter en vrac à l’ensileuse. Il faudrait alors le stocker en tas. A noter cependant que le produit non pressé est très volumineux (120 kg par m3).
Des atouts indéniables
Pour l’heure, le prix de revient d’une litière à base de miscanthus auto-produit est encore difficile à cerner. La prestation d’implantation effectuée par Bourgogne Pellets reviendrait aux alentours de 2.800 €/ha, hors préparation de la terre et désherbage. « Mais il ne faut pas perdre de vue que la culture est installée pour 15 à 20 ans et que le rendement moyen est de 14 tonnes de matière sèche par hectare », souligne Philippe Béjot. Pour 15 ans, le coût d’implantation revient à 12 € la tonne de paille (240 tonnes à 15 % d’humidité) produite (hors préparation de sol et désherbage). Reste à rajouter le coût de récolte et de conditionnement (bottes carrées haute densité) environ 30 à 35 €/tonne. Sachant aussi que le pouvoir absorbant du miscanthus semble bien supérieur à celui de la paille (2 à 2,5 fois plus selon certaines sources). « Le miscanthus est utilisé avec succès pour le paillage en Suisse », indique Philippe Béjot. Une piste à creuser sans aucun doute pour réduire la dépendance de nombreux élevages…
La litière plutôt que le chauffage biomasse
A l’origine du projet, Bourgogne Pellets misait sur le débouché chauffage. Finalement, le miscanthus sera valorisé dans la litière pour animaux, le paillage horticole et, demain, les matières agro-plastiques. Les granulés de miscanthus fabriqués et ensachés dans l’usine d’Aiserey sont ainsi destinés au marché des animaux de compagnie ainsi qu’au secteur équin. « Avec du miscanthus, on paille un cheval dans un boxe de 10 m2 avec 200 kg de granulés pour sept semaines. On estime qu’un kilogramme de poudre de miscanthus absorbe 4 kg d’huile, ce qui est bien supérieur à de la sciure de bois », assure Philippe Béjot. L’activité est en plein développement avec 900 tonnes de granulés cette année. « Demain, nous essaierons de capter le marché avicole. Le miscanthus est utilisé dans certains ateliers dindes », confie Philippe Béjot. Par ailleurs, plusieurs expérimentations sont en cours avec les instituts techniques et de recherche. Le but est d’obtenir des références chiffrées sur l’efficacité de la plante en litière et sur son intérêt économique en élevage.
Une culture pérenne et productive
Car Philippe Béjot avoue s’intéresser de près à l’élevage bovin et à sa problématique vis-à-vis de la paille. « Dans la zone d’élevage allaitant type Saône-et-Loire, les éleveurs sont aujourd’hui très dépendants des autres pour leurs besoins en paille car ils n’ont pas la ressource. Nous sommes en mesure de leur fournir des rhizomes pour qu’ils puissent produire du miscanthus de manière autonome sur leur exploitation », explique Philippe Béjot. En effet, la Sica Bourgogne Pellets produit elle-même des plants de rhizome dont elle assure la plantation chez les agriculteurs avec qui elle contractualise pour la fournir en miscanthus. Elle pourrait donc en faire de même chez les éleveurs intéressés par cette culture. Outre son excellent pouvoir absorbant en litière, le miscanthus est une culture pérenne dont les plantes repoussent jusqu’à 4 m de haut chaque année et cela durant plus de 15 ans !
« Souvent implanté sur des parcelles isolées ou des jachères, le miscanthus a besoin de sols profonds. Il demande à être désherbé les deux premières années, le temps que la culture s’installe. Implanté courant avril, il est broyé à la sortie de l’hiver suivant, alors qu’il mesure 1,50 m de hauteur. A deux ans d’âge, il atteint 50 % de son potentiel soit environ 7 à 10 tonnes de matière sèche par hectare (9 à 12 tonnes de paille). A trois ans, il entre en pleine production dépassant 14 tonnes de matière sèche et peut atteindre 20 tonnes/ha ! », confie Philippe Béjot.
Récolte en février-mars
La récolte est effectuée à l’aide d’ensileuses dont le rotor a été spécifiquement modifié. Coupées en brins de 60 à 80 cm de long, les tiges de miscanthus sont écrasées et ouvertes ce qui met à jour l’intérieur spongieux de la plante. Au lieu d’être propulsée vers une remorque par le ventilateur de la machine, la récolte est déposée en andain au sol pour le pressage. Bien que la récolte ait lieu en mars, le pressage peut parfois être effectué derrière l’ensileuse. Si le taux d’humidité est trop élevé, un séchage d’une journée, permet d’abaisser l’humidité de la paille de 25 à 15 % environ. Cette dernière est ensuite pressée en balles d’environ 350 kg. Ainsi conditionné, le miscanthus pourrait tout à fait se substituer à de la paille. « Récolté en mars, il peut permettre d’assurer la soudure en cas de manque de paille sur l’exploitation ou alors constituer le stock de l’hiver suivant », fait remarquer Philippe Béjot. Le technicien précise que le miscanthus pourrait tout aussi bien se récolter en vrac à l’ensileuse. Il faudrait alors le stocker en tas. A noter cependant que le produit non pressé est très volumineux (120 kg par m3).
Des atouts indéniables
Pour l’heure, le prix de revient d’une litière à base de miscanthus auto-produit est encore difficile à cerner. La prestation d’implantation effectuée par Bourgogne Pellets reviendrait aux alentours de 2.800 €/ha, hors préparation de la terre et désherbage. « Mais il ne faut pas perdre de vue que la culture est installée pour 15 à 20 ans et que le rendement moyen est de 14 tonnes de matière sèche par hectare », souligne Philippe Béjot. Pour 15 ans, le coût d’implantation revient à 12 € la tonne de paille (240 tonnes à 15 % d’humidité) produite (hors préparation de sol et désherbage). Reste à rajouter le coût de récolte et de conditionnement (bottes carrées haute densité) environ 30 à 35 €/tonne. Sachant aussi que le pouvoir absorbant du miscanthus semble bien supérieur à celui de la paille (2 à 2,5 fois plus selon certaines sources). « Le miscanthus est utilisé avec succès pour le paillage en Suisse », indique Philippe Béjot. Une piste à creuser sans aucun doute pour réduire la dépendance de nombreux élevages…