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Agrioccasions, les occasions agricoles
Pailles de colza

En litière ou en affouragement...

La situation en matière de production de fourrages et de pailles de céréales est préoccupante. Dans ce contexte, les éleveurs sont à la recherche de sources complémentaires d’alimentation pour les animaux. La paille de colza peut constituer une ressource de pénurie, mais elle est à faire consommer avec modération. Le Cétiom fait ici le point sur l'état des connaissances.
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La situation en matière de production de fourrages et de pailles de céréales est préoccupante et aucune source de fourrages, pas plus que de paillage éventuel, n'est aujourd'hui à négliger. Nous avons abordé il y a peu la sciure de bois, nous voici maintenant à étudier de plus près le cas des pailles de colza, à envisager en litière ou affouragement en situation de pénurie. En effet, ces dernières peuvent constituer une ressource de pénurie, bien que devant être à faire consommer avec modération.

Récolter la paille


Les estimations actuelles donnent une production de biomasse végétative d’environ 1,3 tonne de paille par tonne de graines produites, soit pour un rendement de 30 q/ha une production comprise entre 3,5 et 4 tonnes/ha. Cependant, les opérations de récolte entraînent des pertes estimées au mieux à 50 %, si bien que l'on tablera plutôt sur une production de 2 tonnes/ha de pailles.
A la différence de conditions normales de récolte du colza (recommandation de couper "haut" pour éviter l’entrée de biomasse inutile dans la machine), il convient alors de couper le plus bas possible en tenant compte bien sûr de la hauteur de la culture. La taille courte des colzas facilitera en effet l’opération.
Presser quand les pailles sont sèches. En cas de pailles humides, il convient de laisser sécher quelques jours car l’humidité des pailles de colza peut être élevée à la récolte.

Ration avec des pailles de colza


La paille de colza est un sous-produit qui peut présenter quelque intérêt pour l’alimentation des vaches laitières en situation de pénurie fourragère.
Deux éléments se dégagent :
- la tige n’absorbe pratiquement pas d’eau, ce qui lui confère un pouvoir grattant "record" au niveau des papilles ruminales. Ainsi, il faut deux fois moins de paille de colza par rapport à une paille de blé pour parvenir au même objectif recherché : faire ruminer les animaux ;
- la digestibilité de la cellulose brute est supérieure à celle de la paille de blé.
La paille de colza doit ainsi être distribuée bien mélangée, notamment avec l’ensilage de maïs. Seule, en libre-service, les ingestions sont quasi nulles. La quantité moyenne recommandée est de 500 à 800 grammes par vache laitière et par jour et les brins doivent être de 4 à 8 cm maximum.
En cas de distribution de paille de colza, il est conseillé de disposer d'une paille récoltée bien sèche, stockée à l'abri de l'humidité, de l'utiliser en quantités limitées et de l'introduire progressivement dans la ration. La surveillance des animaux et l'observation de l'aspect des fèces restent des indicateurs du niveau d'utilisation dans le lot d'animaux.

Paillage avec des pailles de colza


En cas de pénurie, la paille de colza peut être utilisée pour la litière en sachant que son efficacité pour capter les liquides semble moins bonne que celle des céréales. Par ailleurs, sa moindre densité fait que, sur une litière accumulée, les animaux ont tendance à s’enfoncer de façon plus importante.

Les caractéristiques des pailles de colza


Les données valeur alimentaire de la paille de colza sont rares. Les données canadiennes ci-dessous nous paraissent les plus pertinentes.

Insérer ici le tableau n°1

Insérer ici le tableau n°2

La paille de colza peut être considérée comme proche d’une paille de céréales, voire encore plus fibreuse. Elle est plus riche en parois (ADF, cellulose brute et ADL) que les pailles de céréales (200 à 250 g, 400 à 450 g et 80 à 120 g/kg MS respectivement) et aussi pauvre en protéines (20 à 50 g MAT (matières azotées totales) par kg de MS pour les pailles céréales).
La valeur énergétique de la paille de colza sera donc plus faible que celle des pailles de céréales. Par contre, la valeur protéique sera de même niveau ou à peine supérieure.

Insérer ici le tableau n°3


Références :
- "Atlas of nutritional data on United States and Canadian feeds" - 1971
- Ademe, étude Agrice - 1998
- Coopagri, 2006
- Brunschwig Philippe, Institut de l’élevage, ”La paille de colza, un fourrage de pénurie, à consommer avec modération” - 2003
- Tables alimentation des bovins, Inra 1988


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