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Agrioccasions, les occasions agricoles
Filière bovine chinoise

En pleine mutation...

Les Chinois sont 1,3 milliard et ils se mettent à manger de la viande bovine... Autant dire que cette évolution ne sera pas sans incidence sur le marché mondial. En attendant, la Chine a besoin de partenaires pour acquérir de la génétique et des savoir-faire. Bien évidemment, étant donné le niveau de performances de son élevage, la France est en position de force. 
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Le 21 juin dernier, l’Institut charolais recevait un chercheur chinois. Ce dernier était accompagné de Jean-François Hocquette, directeur de recherche à l’Inra de Theix. Ce dernier entretient des relations privilégiées avec l’Institut charolais, notamment sur les questions relatives de la qualité des viandes. Le professeur Qingxiang Meng venait rencontrer les membres de l’association charolaise, présidée par Henri Guillemot. Il a pu découvrir les locaux de la Maison du charolais et en a profité pour présenter la filière bovine de son pays et ses besoins.

Les Chinois se mettent à la viande de bœuf


Une filière qui commence tout juste à se mettre en place. Jusqu’en 1980, abattre des bovins pour produire de la viande était considéré comme immoral en Chine. Seules les bêtes en fin de vie pouvaient ainsi être tuées et, aujourd’hui encore, les bovins sont avant tout utilisés pour la traction animale. Les Chinois consomment environ 5 kg de viande bovine par habitant et par an. Cette consommation est en forte augmentation, mais elle est encore loin des 90 kg annuels que consomme un Français ! Seulement 10 % de la population chinoise aurait les moyens de se payer de la viande de bœuf. Beaucoup serait importée d’Australie et de Nouvelle-Zélande. La viande bovine (8 % des volumes) est largement devancée par le porc (64 % du volume) et la volaille (21 %).
Le cheptel de bovins chinois s’élève à 107 millions de têtes, dont environ 40 millions de vaches. A cela s’ajoute 13 millions de vaches laitières. Cela équivaut à une production de 6,35 millions de tonnes de viande. Les élevages chinois sont au nombre de 13,4 millions. 96 % d’entre eux sont des petites fermes familiales détenant moins de 9 bovins. Ils ne produisent que 59 % des bovins commercialisés. 749 élevages détiennent plus d’un millier de bovins. Bien que peu nombreuses, ces structures sont impressionnantes d’organisation et de productivité.

Des besoins en génétique et en alimentation animale


La Chine détient 69 races bovines locales ainsi que 26 races de buffles et 11 races de yacks. Ces derniers n’étant présents qu’au Tibet à plus de 3.000 mètres d’altitude. Plusieurs races étrangères ont été introduites. La simmental est la plus nombreuse, suivie de la charolaise (700.000 animaux) et de la limousine (500.000 animaux). La Chine a encore énormément à faire en termes de progrès génétique. Deux nouvelles races ont cependant été créées par croisement avec des charolaises et des limousines. La plupart des animaux sont conduits en système extensif. Pour l’alimentation des bovins, les éleveurs utilisent beaucoup de sous-produits dont ils ne connaissent pas la valeur alimentaire. Comme en génétique, les Chinois ont besoin de progresser dans le domaine de l’alimentation animale, les races locales étant nettement moins performantes que les races françaises importées. D’ailleurs, ils cherchent à se procurer les tables de valeur des aliments mises au point dans les pays étrangers. L’Inra a bon espoir de leur transmettre son « livre rouge », celui qui est basé sur le système des "UF et des PDI". Un enjeu important dans la défense des intérêts français en Chine, informait Jean-François Hocquette.

Un potentiel énorme


Un accord de collaboration franco-chinoise a été signé en 2010 par le ministre français de l’agriculture. D’une durée de cinq ans, il viserait notamment le domaine de l’alimentation et de la nutrition animale, la génétique et la génomique et peut-être le bien-être animal. Le professeur Qingxiang Meng dirige le Centre de recherche franco-chinois sur la recherche et le développement en viande bovine. La Chine se fixe comme défi de garantir la quantité, la qualité, la sécurité, l’efficacité de la ressource alimentaire et le bien-être animal. La politique gouvernementale veut clairement promouvoir la recherche et le développement. « L’industrie de la viande bovine commence tout juste en Chine. Des choix stratégiques sont en train de se faire, notamment en termes de race et de génétique. La production de viande bovine va se développer et il y a là des potentiels de marché énormes. Pour la France, ce sont des opportunités immenses d’importer de la semence, de la génétique, des savoirs-faire », estimait Jean-François Hocquette.
Même si le chantier parait très vaste, les Chinois sont capables d’accomplir des prouesses. Ainsi, dans son laboratoire spécialisé dans l’alimentation animale, le professeur Qingxiang Meng réalise des avancées majeures. On y trouve des équipements semblables à ce qui existe dans un laboratoire de l’Inra en France. Situé à une heure de Pékin, le centre de recherche de Qingxiang Meng comprend un laboratoire, un abattoir, une ferme de 3.700 bovins à l’engrais.

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