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Agrioccasions, les occasions agricoles
Paille

En quête d’alternatives !

Avec le succès des stabulations sur aires paillées et le recul des superficies consacrées aux cultures dans la zone allaitante, la Saône-et-Loire s’est rendue très dépendante du marché de la paille. Une situation qui pousse à chercher des solutions pour regagner de l’autonomie dans la litière. 
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Avec la généralisation des stabulations sur aires paillées et la flambée du prix de la paille, la profession s’interroge sur la dépendance à cette ressource en Saône-et-Loire. Dans l’ouest du département, la consommation de paille des élevages a explosé alors que ces derniers ont, pour la plupart, abandonné la culture de céréales. Cette situation les rend très dépendants d’un marché de la paille bouleversé par de nouveaux débouchés. Il en est d’ailleurs de même vis-à-vis des aliments dont les éleveurs ne peuvent plus se passer faute de céréales à auto-consommer. Ce constat soulève bien évidemment la question même de l’autonomie des exploitations avec une réponse qui parait logique : faire davantage de cultures ! Techniquement, c’est sans doute jouable dans certains secteurs, à condition de bien raisonner les coûts mécanisation (recours aux Cuma, aux entreprises prestataires…). Mais l’idée butte sur le cadre réglementaire de la Pac qui, en l'état, empêche pour l’instant de retourner des prairies. Ce sujet fait cependant l'objet d'une réflexion engagée par l'administration départementale et la profession, laquelle soulève depuis plusieurs années la question. Le préfet François Philizot a d'ailleurs clairement abordé celle-ci lors de ses visites d'exploitations en zone allaitante, soulignant l'importante stratégique de parvenir à reconquérir une plus grande autonomie alimentaire et en paille. Le travail est donc engagé... La profession en attend beaucoup.

Le bois des haies


Autre piste explorée : trouver, sur l’exploitation, des alternatives à la paille en guise de litière. Des copeaux de bois produits à partir des haies des exploitations pourraient être utilisés. Certains éleveurs nivernais utilisent ainsi et avec succès des plaquettes de bois en guise de litière depuis plusieurs années. L’efficacité de ce matériau serait prouvée (drainage, absorption, effet aseptisant…). Ces plaquettes de bois sont fabriquées de la même manière que celles qui servent de combustible dans les chaudières à bois. Selon la FDCuma de la Nièvre, il faut utiliser des perches d’un diamètre suffisant (15 à 40 cm) pour 2 à 15 m de hauteur. Les essences de bois blanc doivent être privilégiées pour leur faible teneur en tannins, mais les chênes sont admis en bovins. Les bois verts sont broyés en copeaux d’environ 20 mm de diamètre. Stockés immédiatement en tas, c’est l’échauffement créé par leur fermentation (70 à 80°C) qui assure leur séchage en 4 à 5 mois de temps. A ce sujet, nous invitons nos lecteurs à se référer à l'article publié dans notre édition du 3 juin en page 14 par Etienne Lalanne.

Entre 50 et 70 € la tonne


Il existe différentes manières de préparer et d’entretenir une litière faite de copeaux de bois. Certains en installent une bonne épaisseur (15 à 20 cm) avant l’entrée des animaux, litière qui est régénérée au bout de trois semaines par un passage d’outil. D’autres n’en mettent que 6 à 8 cm au départ, avant d’en rajouter tous les quinze jours ensuite. Il est également possible de disposer les plaquettes de bois en couches alternant avec de la paille, sachant que la paille apporte tout de même un supplément de confort aux animaux.
Dans la Nièvre, la Cuma Terre’Eau facture sa prestation de broyage entre 7 et 9 € le mètre cube ce qui équivaut à 28 à 36 € la tonne de copeaux ; une tonne de copeaux absorbant autant qu’une tonne de paille, selon la FDCuma 58. En tenant compte des frais l’abattage, de débardage, de transport des plaquettes et de la main-d’œuvre fournie par l’éleveur, la litière de bois lui reviendrait à 50, voire 70 € la tonne.

14 septembre à Fontenay
Démonstration de l’abattage au paillage


Le 14 septembre prochain, la chambre d’agriculture de Saône-et-Loire organisera une démonstration de matériel à Fontenay sur ce thème. L’objectif sera de montrer comment peut être valorisée la haie bocagère. Moyennant une conduite dite « en haie haute », c'est-à-dire qui laisse pousser en hauteur les arbres composant les haies, il est possible de produire du bois qui peut être valorisé pour le chauffage ou en litière. C’est cette possibilité qui sera illustrée à travers différentes démonstrations d’abattage, broyage, épandage à la pailleuse… le 14 septembre. Des éleveurs utilisateurs de copeaux de bois en litière seront également là pour témoigner.



Et aussi


Plusieurs éleveurs se seraient tournés vers l'utilisation des cannes de tournesol pour pailler, selon certains dires, avec succès. Il conviendrait en la matière de broyer convenablement ladite tige, pour l'ouvrir au cœur, là où se situent les tissus absorbants... Vous avez fait cette expérience ou une autre qui permet de réduire la dépendance de votre exploitation à la paille ? N'hésitez pas à contacter l'équipe de L'Exploitant Agricole de Saône-et-Loire ! Nous partagerons votre expérience au plus grand nombre.