En quête d’alternatives !
Le bois des haies
Autre piste explorée : trouver, sur l’exploitation, des alternatives à la paille en guise de litière. Des copeaux de bois produits à partir des haies des exploitations pourraient être utilisés. Certains éleveurs nivernais utilisent ainsi et avec succès des plaquettes de bois en guise de litière depuis plusieurs années. L’efficacité de ce matériau serait prouvée (drainage, absorption, effet aseptisant…). Ces plaquettes de bois sont fabriquées de la même manière que celles qui servent de combustible dans les chaudières à bois. Selon la FDCuma de la Nièvre, il faut utiliser des perches d’un diamètre suffisant (15 à 40 cm) pour 2 à 15 m de hauteur. Les essences de bois blanc doivent être privilégiées pour leur faible teneur en tannins, mais les chênes sont admis en bovins. Les bois verts sont broyés en copeaux d’environ 20 mm de diamètre. Stockés immédiatement en tas, c’est l’échauffement créé par leur fermentation (70 à 80°C) qui assure leur séchage en 4 à 5 mois de temps. A ce sujet, nous invitons nos lecteurs à se référer à l'article publié dans notre édition du 3 juin en page 14 par Etienne Lalanne.
Entre 50 et 70 € la tonne
Il existe différentes manières de préparer et d’entretenir une litière faite de copeaux de bois. Certains en installent une bonne épaisseur (15 à 20 cm) avant l’entrée des animaux, litière qui est régénérée au bout de trois semaines par un passage d’outil. D’autres n’en mettent que 6 à 8 cm au départ, avant d’en rajouter tous les quinze jours ensuite. Il est également possible de disposer les plaquettes de bois en couches alternant avec de la paille, sachant que la paille apporte tout de même un supplément de confort aux animaux.
Dans la Nièvre, la Cuma Terre’Eau facture sa prestation de broyage entre 7 et 9 € le mètre cube ce qui équivaut à 28 à 36 € la tonne de copeaux ; une tonne de copeaux absorbant autant qu’une tonne de paille, selon la FDCuma 58. En tenant compte des frais l’abattage, de débardage, de transport des plaquettes et de la main-d’œuvre fournie par l’éleveur, la litière de bois lui reviendrait à 50, voire 70 € la tonne.
14 septembre à Fontenay
Démonstration de l’abattage au paillage
Le 14 septembre prochain, la chambre d’agriculture de Saône-et-Loire organisera une démonstration de matériel à Fontenay sur ce thème. L’objectif sera de montrer comment peut être valorisée la haie bocagère. Moyennant une conduite dite « en haie haute », c'est-à-dire qui laisse pousser en hauteur les arbres composant les haies, il est possible de produire du bois qui peut être valorisé pour le chauffage ou en litière. C’est cette possibilité qui sera illustrée à travers différentes démonstrations d’abattage, broyage, épandage à la pailleuse… le 14 septembre. Des éleveurs utilisateurs de copeaux de bois en litière seront également là pour témoigner.
Et aussi
Plusieurs éleveurs se seraient tournés vers l'utilisation des cannes de tournesol pour pailler, selon certains dires, avec succès. Il conviendrait en la matière de broyer convenablement ladite tige, pour l'ouvrir au cœur, là où se situent les tissus absorbants... Vous avez fait cette expérience ou une autre qui permet de réduire la dépendance de votre exploitation à la paille ? N'hésitez pas à contacter l'équipe de L'Exploitant Agricole de Saône-et-Loire ! Nous partagerons votre expérience au plus grand nombre.