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Estelle, la cloche née dans la terre du village d’Esteil

TRADITION / Entre les murs millénaires de l’église d’Esteil (Puy-de-Dôme), l’histoire se superpose. Un couvent, des moniales cloîtrées, les stigmates de 1944 et des vestiges païens enfouis. Aujourd’hui, une cloche nommée Estelle renaît de la terre, symbole d’une église qui défie le temps.

Estelle, la cloche née dans la terre du village d’Esteil
©M_Comte
Dans un four installé deux jours plus tôt, le mélange d'étain et de cuivre a été porté à plus de 1 100°C avant d'être coulé dans le moule enterré dans le sol.

Le village d’Esteil est niché sur un plateau de quartz, à la frontière de la Limagne-sud et du Livradois-Forez, dans le Puy-de-Dôme. D’aucuns qui viennent s’y perdre n’auraient pu imaginer trouver là une vieille dame de près de 1 000 ans. La chapelle Saint-Jean-Baptiste, unique vestige roman du prieuré des Dames de Fontevraud fondé en 1151, est classée aux monuments historiques depuis 1922. La soixantaine d’âmes qui vivent aux pieds de ses murs veillent jalousement sur ce trésor. Le week-end du 8 mai, les habitants ont pourtant ouvert les portes de leur village pour accueillir la naissance de la troisième cloche de son clocher-mur, unique en basse Auvergne. Coulée dans le sol même d’Esteil, Estelle a pris vie avant d’être baptisée par l’archevêque de Clermont-Ferrand, Monseigneur François Khalist, deux jours plus tard. Hasard du calendrier, la coulée a eu lieu le jour de la fin de la Seconde Guerre mondiale, conflit durant lequel le village a été incendié par les Allemands frustrés de ne pas avoir pu dénicher les 200 résistants qui se cachaient dans ces bois.1  100 °C et une fusion de métal : la naissance d’EstelleDe la terre est né le fer et le fer est...

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