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Agrioccasions, les occasions agricoles
Exportations vers le bassin méditerranéen

Feu vert officiel

La France et les pays méditerranéens ont une volonté affichée de
développer des partenariats commerciaux dans la filière bovine. Côté
français, la stratégie d’exportation passe publiquement par la création
du GIE Export, créé le 1er juin dernier à la demande de la FNB. Son lancement n’attendait plus
que le feu vert du Gouvernement, lequel est intervenu ce jeudi à Saint-Rémy, dans les locaux de Global. Analyse.

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« Il y a un cadre d’exécution de la politique d’importation d’animaux vivants et de semences », affirmait Abderrahman Benlekhal, le représentant marocain invité au dernier Sommet de l’élevage, à l'occasion de la conférence sur le GIE Export. Les pouvoirs publics marocains ont des objectifs chiffrés concernant l’importation des génisses laitières, des veaux d’engraissement et des semences. En Égypte, une volonté d’autonomie était affichée par le docteur Osama Mahmoud Ahmed Selim : « le gouvernement veut améliorer les potentialités génétiques des races locales en priorité ». Reste que les conditions climatiques sont difficiles pour l’élevage bovin et que le gouvernement égyptien ne pourra se passer des importations de bovins vifs et de viande congelée. Peu à peu, l’idée d’ouvrir et de développer les marchés trans-méditerranéens semble mûrir. Reste à lever les barrières sanitaires et douanières pour que la machine puisse se mettre en marche.

Les barrières sanitaires se lèvent


« Dans l’Union européenne, tout est harmonisé pour les importations. Mais, pour l’export, chaque État membre peut négocier en bilatéral avec des pays tiers », expliquait Jean-Luc Angot, directeur général adjoint de la DGAL et chef des services vétérinaires. La France a une ligne de route concernant les négociations de certification sanitaire qui se font sur la base de missions dans les pays partenaires concernés. Il s’agit de redéployer des relations commerciales endommagées par les crises sanitaires successives dues à l’ESB. « Nous avons signé avant-hier un certificat sanitaire avec nos homologues turcs sur les animaux reproducteurs », précisait Jean-Luc Angot. Avec l’Égypte, les négociations sont en cours pour obtenir des certificats sanitaires sur les bovins d’engraissement de moins de 20 mois et sur les bovins prêts à l’abattage de moins de 24 mois. Concernant l’Algérie, la Tunisie et le Maroc, les négociations se poursuivent suite à la prophylaxie de la FCO. Les pouvoirs publics semblent optimistes : « le dispositif de certification sanitaire français est réactif et beaucoup de pays sont ouverts. Les opportunités existent », insistait le chef des services vétérinaires français.

Des efforts restent à faire


Abderrahman Benlekhal expliquait que la politique de commerce extérieur est tournée vers les importations. « Les procédures administratives sont simplifiées pour les opérateurs de l’import et une subvention est octroyée aux éleveurs pour l’achat de génisses importées », rapportait-il. En Tunisie, des mesures prises en faveur de l’importation d’aliments du bétail confirment la volonté des pouvoirs publics d’ouvrir les marchés de bovins d’engraissement. La TVA sur le maïs et le soja importés en Tunisie est passée de 18 % à 13 % avec la nouvelle loi des finances. « Elle est encore élevée, mais cela va dans le sens d’une volonté d’engraisser des animaux sur notre territoire », soulignait un représentant de la délégation tunisienne. L’ouverture des marchés vers les pays du Maghreb est en bonne voie tant dans la volonté des pouvoirs publics que dans les aspects sanitaires et douaniers. Malgré tout, le président de l’interprofession de viandes rouges du Maroc, présent au Sommet, rappelle que « les Français devront être compétitifs, car le retour des productions du Mercosur est probable et il constituera une concurrence sérieuse ».


Feu vert officiel


Bruno Le Maire, ministre de l'Agriculture, a apporté son soutien à la création du GIE Export. Restait toutefois à officialiser son lancement. Pour le faire, il a choisi de se rendre en Saône-et-Loire, à Saint-Rémy, au siège de Global, union de groupements de producteurs que l'on sait favorable au dispositif. On connait aussi les réserves des industriels de l'abattage (privés et coopératifs) sur le dispositif, ces derniers mettant en avant la nécessité de conserver un maximum de disponibilité pour approvisionner leurs outils. Mais l'exportation de viande n'est pas aussi simple que celle de bovins vivants, notamment au regard des taux de TVA qui s'appliquent sur les différents marchés du bassin méditerranéen...




Pourquoi les JA et la FDSEA n’y seront pas.


Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture, se rendra demain matin dans les locaux de Global à Saint-Rémy. Invités, les JA et la FDSEA de Saône-et-Loire ont pris le parti de ne pas se rendre à cette visite, pas plus que de participer à la table ronde organisée à cette occasion.
La raison en est simple.
Le 28 septembre dernier, à l’appel des JA et de la FDSEA de Saône-et-Loire, de nombreux éleveurs se sont rendus à Paris, face au ministère, mais aussi à Autun et à Charolles, face aux sous-préfectures, pour dénoncer la gestion actuelle de la crise bovine, qui dure depuis près de 4 ans maintenant, et l’urgence qu’il y a à redonner de l’oxygène et de nouvelles perspectives au monde de l’élevage français.
Si la profession soutient sans réserve le GIE Export - sujet sur lequel le Ministre compte intervenir demain à Saint-Rémy -, les éleveurs attendent des réponses urgentes à leurs questions concrètes sur les multiples dossiers au sujet desquels ils ont saisi les pouvoirs publics. Citons notamment :

- L’année blanche, avec le report d’annuités en fin de tableau ;
- l’avenir de la Pac et la nécessaire autonomie alimentaire des exploitations d’élevage, ainsi que le maintien du couplage de la PMTVA (prime à la vache allaitante) ;
- l’avenir de nos Zones défavorisées simples, purement et simplement remises en cause par les projets bruxellois ;
- ou encore la poursuite du dispositif de gratuité des autoroutes pour les transports de paille et de fourrages et ce jusqu’au dernier camion.
« Monsieur le Ministre, nous attendons sans délai des engagements et des actes perceptibles sur ces sujets qui concernent au premier chef l’avenir de nos exploitations », rappellent les JA et la FDSEA de Saône-et-Loire.