Fractures, tensions et désinformations
Après avoir mis en lumière, dans un premier article, la gestion collective qui a permis à la Saône-et-Loire de rester indemne de la dermatose nodulaire contagieuse, puis analysé les marges de progression du dispositif, ce troisième volet donne la parole aux critiques. Au fil des témoignages, il revient sur les tensions, les incompréhensions et les dérives qui ont marqué cette crise sanitaire.
Il y a les chiffres, les protocoles, les réunions de crise. Et puis il y a tout le reste. Les doutes, les attaques, les fractures. La gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) en Saône-et-Loire n’a pas seulement été une bataille sanitaire. Elle a aussi été une épreuve humaine et collective, parfois brutale, où ceux qui agissaient ont dû encaisser des coups venus… de leur propre confrère.Derrière le discours positif d’une mobilisation réussie, les mots prononcés lors de la conférence de presse à Saint-Usuge laissent apparaître une réalité plus rugueuse. Une crise traversée de tensions, d’incompréhensions et, surtout, d’un climat délétère alimenté par les réseaux sociaux et certaines prises de position jugées irresponsables.« La peur fait dire beaucoup de bêtises »Dès les premières minutes, le ton est donné par le président de la chambre d'agriculture de Saône-et-Loire. Luc Jeannin alerte, presque agacé, sur ce qu’il a vu se déployer durant la crise. Il déplore sans détour, « un monde où les réseaux sociaux déforment les choses et où le doute gagne les esprits », et insiste : « la peur fait dire beaucoup de bêtises »....
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