Pour produire au moindre coût
Gérer son herbe au printemps
Pour les éleveurs, l'herbe reste la principale composante de la ration alimentaire du cheptel. Aussi, convient-il de porter ses efforts pour gérer au mieux son herbe au printemps en vue de produire au moindre coût. Et cela passe entre autre par une mise à l’herbe dans de bonnes conditions.
La mise à l’herbe est toujours un moment délicat qui ne répond pas forcement à une problématique fourragère, mais plutôt à des raisons pratiques et/ou économiques : baisse inquiétante des stocks (foin, ensilage...), mise à la reproduction, risques sanitaires, économie de paille, opportunité météo, lassitude de l’éleveur…
Dans les sols portants, c’est plus simple. Dans les sols lourds, c’est parfois un casse-tête. Malgré tout, différentes stratégies sont mises en place avec plus ou moins de réussite par chacun.
Ce printemps a permis une mise à l’herbe correcte dans la plupart des situations.
D’un aspect strictement fourrager, il faut intégrer la date de mise à l’herbe dans la stratégie fourragère de l’exploitation. C’est un outil de pilotage du pâturage, et ces choix vont conditionner l'exploitation de la pâture qui suivra.
Dix jours d'avance...
La mise à l’herbe doit se faire aux environs de 300 °C à 350 °C (base février). Cette année, ces sommes de températures ont été atteintes entre le 25 et le 30 mars selon les altitudes, soit une dizaine de jours plus tôt que l’année 2009. La pousse a vraiment démarré la semaine du 4 au 9 avril (370 à 420 °c) suite aux pluies du 12 et 13 mars. Pour ceux qui ont lâché un peu tard - au-delà du 10 avril -, le déprimage sera à éviter pour ne pas être dépassé par la suite dans les parcelles de pâture. Dans un parcellaire, il y a généralement une pousse hétérogène ; un classement des parcelles en précoce, intermédiaire et tardive permet d’optimiser leur utilisation, notamment pour la gestion d’un pâturage tournant.
Mise en place d’un pâturage tournant
Présentation d'une approche simplifiée en zone portante pour la mise en place d'un pâturage tournant sur 5 parcelles. Pour cela, il faut prévoir un niveau de chargement en mai de 38 à 45 ares par UGB, voire un peu plus en zone séchante (faites le calcul avec vos pratiques pour vous situer).
Prenons l'exemple d'un lot de 22 vaches + veaux + 1 taureau :
je calcule les UGB correspondants avec le tableau ci-contre :
(22 X 1,05) + 1 = 24,1 UGB avec 40 ares/UGB = 9,64 ha en 5 parcelles d'1,9 ha.
Si la pousse est plus importante que prévue, la parcelle n° 5 sera enrubannée. Prévoir de la faire déprimer jusqu'au 15 avril maximum, pour qu'elle soit encore pâturable en fin de premier cycle, autour de la mi-mai. Cela permet d'avoir 7 à 8 ares de dégagement. Les animaux devront changer de parcelle tous les 7 jours environ.
Présentation d'une approche simplifiée en zone avec risque de piétinement. Dans les zones avec risque de piétinement, un pâturage tournant sur 3 parcelles permet de maîtriser plus facilement les problèmes de portance. Le chargement instantané sera moins élevé, même si le chargement moyen reste identique. Il faut prévoir un niveau de chargement en mai de 40 à 48 ares par UGB (faire le calcul avec vos pratiques pour vous situer). Par contre avec 3 parcelles, il ne sera pas possible d'en "sauter" une. Il faudra éventuellement, couper la 3e en cas de débordement. Il faut donc qu'une partie au moins de cette parcelle soit mécanisable et envisager d'enrubanner ou au minimum de faire un foin précoce (début juin).
Prenons l'exemple d'un lot de 22 vaches + veaux + 1 taureau :
je calcule les UGB correspondants avec le tableau ci-contre :
(22 X 1,05) + 1 = 24,1 UGB avec 40 ares/UGB = 9,64 ha en 3 parcelles de 3,3 ha.
Si la pousse est plus importante que prévue, la parcelle n° 3 (choisir la moins précoce ou faire un léger déprimage) sera en partie récoltée. La décision de fauche devra être prise avant l'entrée des animaux. Les animaux devront changer de parcelle tous les 10 à 12 jours jours environ.
La bonne hauteur
Pour l'éleveur, la question qui se pose est celle de la hauteur d'herbe pour la mise à l'herbe. Une méthode en la matière existe. Elle a été mise au point par Arvalis : la consommation d'herbe par un bovin dépend essentiellement de son poids : Arvalis l'estime à 18 kg de MS par jour, pour une vache (de 650 kg) et son veau (de 150 kg). Ce couple sert d'unité de référence appelée EVV. Pour une vache de 800 kg et un veau de 200 kg, vous aurez ainsi 1,19 EVV. Une laitonne de 350 kg fait 0,47 EVV. La consommation journalière de ces catégories sera respectivement de 18 kg de MS/j, 1,19 X 18 = 21,5 kg de MS/j dans un troupeau lourd, et 8,46 kg de MS/j pour une laitonne. Si vous avez 22 paquets (standards) dans un lot, les besoins journaliers seront de 22 X 18 = 396 kg/j.
La suite du raisonnement est basée sur la quantité de MS d'un centimètre d'herbe. En général, sur prairie permanente, il y a 200 kg de MS par cm d'herbe en avril. Il est déconseillé de faire pâturer en-dessous de 5 cm mesurés à l'herbomètre. Fort de ces informations, il est possible d'estimer les jours d'avance permis par le pâturage. Reste à pouvoir interpréter cette donnée. Pour la mise à l'herbe dans notre région, il est conseillé d'avoir 15 à 20 jours d'avance à la mise à l’herbe, 20 à 30 jours au 25 avril et 25 à 35 jours au 15 mai. Pour le second cycle, il faut 30 à 40 jours d’avance fin mai début juin.
Exemple de calcul de hauteur pour la mise à l'herbe :
A partir de l'exemple "Approche simplifiée en zone portante" (40 ares/UGB), on avait 22 paquets + 1 taureau = 23,03 EVV pour 9,64 ha. Pour la mise à l'herbe, il faut (23,03 EVV X 18 kg de MS/J X 15 jours) / 200 kg/cm / 9,64 ha = 3,2 cm + 5 cm (éviter sur-pâturage) = 8,2 cm minimum, mesurés à l'herbomètre. Avec 50 ares/ UGB (2 paquets/ha), il faut 2,5 cm + 5 = 7,5 cm minimum, à la mise à l'herbe.
Finir le déprimage
Le déprimage doit s’arrêter aux alentours de 500°C. Au-delà, le risque est de faire un étêtage (épis 10 cm à 600 °C), à savoir une consommation de l'épi des graminées, ceci ayant pour conséquence une amélioration potentielle de la qualité du fourrage mais aussi une réduction de la quantité récoltée pouvant atteindre plus de 30 % selon l’année. Cela peut être une stratégie dans des systèmes extensifs à vêlage précoce, mais peut être pénalisant dans la plupart des autres systèmes.
Suivez l’évolution des températures et les conseils fourrage chaque semaine sur le site internet de la chambre d’agriculture en lisant l’Herbe Hebdo 71.
Dans les sols portants, c’est plus simple. Dans les sols lourds, c’est parfois un casse-tête. Malgré tout, différentes stratégies sont mises en place avec plus ou moins de réussite par chacun.
Ce printemps a permis une mise à l’herbe correcte dans la plupart des situations.
D’un aspect strictement fourrager, il faut intégrer la date de mise à l’herbe dans la stratégie fourragère de l’exploitation. C’est un outil de pilotage du pâturage, et ces choix vont conditionner l'exploitation de la pâture qui suivra.
Dix jours d'avance...
La mise à l’herbe doit se faire aux environs de 300 °C à 350 °C (base février). Cette année, ces sommes de températures ont été atteintes entre le 25 et le 30 mars selon les altitudes, soit une dizaine de jours plus tôt que l’année 2009. La pousse a vraiment démarré la semaine du 4 au 9 avril (370 à 420 °c) suite aux pluies du 12 et 13 mars. Pour ceux qui ont lâché un peu tard - au-delà du 10 avril -, le déprimage sera à éviter pour ne pas être dépassé par la suite dans les parcelles de pâture. Dans un parcellaire, il y a généralement une pousse hétérogène ; un classement des parcelles en précoce, intermédiaire et tardive permet d’optimiser leur utilisation, notamment pour la gestion d’un pâturage tournant.
Mise en place d’un pâturage tournant
Présentation d'une approche simplifiée en zone portante pour la mise en place d'un pâturage tournant sur 5 parcelles. Pour cela, il faut prévoir un niveau de chargement en mai de 38 à 45 ares par UGB, voire un peu plus en zone séchante (faites le calcul avec vos pratiques pour vous situer).
Prenons l'exemple d'un lot de 22 vaches + veaux + 1 taureau :
je calcule les UGB correspondants avec le tableau ci-contre :
(22 X 1,05) + 1 = 24,1 UGB avec 40 ares/UGB = 9,64 ha en 5 parcelles d'1,9 ha.
Si la pousse est plus importante que prévue, la parcelle n° 5 sera enrubannée. Prévoir de la faire déprimer jusqu'au 15 avril maximum, pour qu'elle soit encore pâturable en fin de premier cycle, autour de la mi-mai. Cela permet d'avoir 7 à 8 ares de dégagement. Les animaux devront changer de parcelle tous les 7 jours environ.
Présentation d'une approche simplifiée en zone avec risque de piétinement. Dans les zones avec risque de piétinement, un pâturage tournant sur 3 parcelles permet de maîtriser plus facilement les problèmes de portance. Le chargement instantané sera moins élevé, même si le chargement moyen reste identique. Il faut prévoir un niveau de chargement en mai de 40 à 48 ares par UGB (faire le calcul avec vos pratiques pour vous situer). Par contre avec 3 parcelles, il ne sera pas possible d'en "sauter" une. Il faudra éventuellement, couper la 3e en cas de débordement. Il faut donc qu'une partie au moins de cette parcelle soit mécanisable et envisager d'enrubanner ou au minimum de faire un foin précoce (début juin).
Prenons l'exemple d'un lot de 22 vaches + veaux + 1 taureau :
je calcule les UGB correspondants avec le tableau ci-contre :
(22 X 1,05) + 1 = 24,1 UGB avec 40 ares/UGB = 9,64 ha en 3 parcelles de 3,3 ha.
Si la pousse est plus importante que prévue, la parcelle n° 3 (choisir la moins précoce ou faire un léger déprimage) sera en partie récoltée. La décision de fauche devra être prise avant l'entrée des animaux. Les animaux devront changer de parcelle tous les 10 à 12 jours jours environ.
La bonne hauteur
Pour l'éleveur, la question qui se pose est celle de la hauteur d'herbe pour la mise à l'herbe. Une méthode en la matière existe. Elle a été mise au point par Arvalis : la consommation d'herbe par un bovin dépend essentiellement de son poids : Arvalis l'estime à 18 kg de MS par jour, pour une vache (de 650 kg) et son veau (de 150 kg). Ce couple sert d'unité de référence appelée EVV. Pour une vache de 800 kg et un veau de 200 kg, vous aurez ainsi 1,19 EVV. Une laitonne de 350 kg fait 0,47 EVV. La consommation journalière de ces catégories sera respectivement de 18 kg de MS/j, 1,19 X 18 = 21,5 kg de MS/j dans un troupeau lourd, et 8,46 kg de MS/j pour une laitonne. Si vous avez 22 paquets (standards) dans un lot, les besoins journaliers seront de 22 X 18 = 396 kg/j.
La suite du raisonnement est basée sur la quantité de MS d'un centimètre d'herbe. En général, sur prairie permanente, il y a 200 kg de MS par cm d'herbe en avril. Il est déconseillé de faire pâturer en-dessous de 5 cm mesurés à l'herbomètre. Fort de ces informations, il est possible d'estimer les jours d'avance permis par le pâturage. Reste à pouvoir interpréter cette donnée. Pour la mise à l'herbe dans notre région, il est conseillé d'avoir 15 à 20 jours d'avance à la mise à l’herbe, 20 à 30 jours au 25 avril et 25 à 35 jours au 15 mai. Pour le second cycle, il faut 30 à 40 jours d’avance fin mai début juin.
Exemple de calcul de hauteur pour la mise à l'herbe :
A partir de l'exemple "Approche simplifiée en zone portante" (40 ares/UGB), on avait 22 paquets + 1 taureau = 23,03 EVV pour 9,64 ha. Pour la mise à l'herbe, il faut (23,03 EVV X 18 kg de MS/J X 15 jours) / 200 kg/cm / 9,64 ha = 3,2 cm + 5 cm (éviter sur-pâturage) = 8,2 cm minimum, mesurés à l'herbomètre. Avec 50 ares/ UGB (2 paquets/ha), il faut 2,5 cm + 5 = 7,5 cm minimum, à la mise à l'herbe.
Finir le déprimage
Le déprimage doit s’arrêter aux alentours de 500°C. Au-delà, le risque est de faire un étêtage (épis 10 cm à 600 °C), à savoir une consommation de l'épi des graminées, ceci ayant pour conséquence une amélioration potentielle de la qualité du fourrage mais aussi une réduction de la quantité récoltée pouvant atteindre plus de 30 % selon l’année. Cela peut être une stratégie dans des systèmes extensifs à vêlage précoce, mais peut être pénalisant dans la plupart des autres systèmes.
Suivez l’évolution des températures et les conseils fourrage chaque semaine sur le site internet de la chambre d’agriculture en lisant l’Herbe Hebdo 71.