GIE Synergie Charolais : 90 veaux dans la course et en pleine forme à la station de Jalogny !
Une nouvelle campagne d’évaluation est en cours à la station de Jalogny. 90 veaux charolais triés sur le volet sont en phase de contrôle depuis fin septembre.
90 veaux en provenance de 71 élevages sont en évaluation à la station de Jalogny. Ils sont entrés sur le site le 30 septembre dernier à l’issue d’un recrutement effectué un mois plus tôt. Composées d’éleveurs et de techniciens, les commissions de recrutement du GIE sont allées visiter 220 candidats dans plus d’une centaine d’élevages. Les veaux retenus proviennent de 15 départements. 39 veaux sont de Saône-et-Loire et 32 autres proviennent des départements limitrophes (03, 21, 42, 58). 11 veaux sont issus des régions nord-est de la France (Champagne-Ardenne, Lorraine), trois viennent de Franche-Comté et deux de la Lozère.
Sans corne, vêlage, viande, diversité…
La sélection des veaux en ferme est une étape clé dans le processus d’évaluation de la station saône-et-loirienne. Le recrutement tient compte des statistiques de vente des cinq dernières années. Ainsi, sait-on que les veaux les plus performants et dotés des meilleurs index ont la faveur des acheteurs. Le caractère sans corne est particulièrement recherché, confie Emma Gayet, la nouvelle technicienne de la station (lire encadré). Les animaux homozygotes pour ce gène (qui transmettent le gène sans corne à tous leurs descendants) trouvent tous preneurs lors de la vente. Cette année, le lot en évaluation comporte plusieurs veaux génétiquement sans corne (environ 30 hétérozygotes et six homozygotes), indique Emma. Les recruteurs sont également sensibles aux aptitudes bouchères des futurs reproducteurs (gènes culards, Mh Beef). Et ils privilégient évidemment les facilités de naissance, l’aptitude au vêlage, les qualités maternelles. Sur le catalogue de la vente, ces qualités sont signalées par des estampilles “Facilité de Naissance, Aptitude au Vêlage, ALait, Sans Corne P, Sans Corne PP”. Toutes ces estampilles sont recherchées par les acheteurs, confirme la technicienne qui ajoute que le recrutement attache une grande importance aussi à la diversité génétique en évitant, par exemple, que trop de veaux soient d’un même père.
Contexte sanitaire surmonté
Cette nouvelle campagne d’évaluation a débuté dans un contexte « un peu spécial », témoigne Emma. L’arrivée des veaux tombait juste après la découverte d’un foyer de Dermatose nodulaire contagieuse dans le Rhône. Certains départements d’origine des veaux étaient concernés par le zonage sanitaire. Les responsables du GIE ont vécu des moments d’incertitude. Un protocole sanitaire très rigoureux s’est appliqué à la station et à partir du moment où le site s’est retrouvé en zone réglementée mi-octobre, le lieu a été entièrement confiné. En dépit de ce contexte perturbé, le GIE Synergie avec ses 90 pensionnaires dispose d’un effectif identique à une année normale.
Démarrage sur les chapeaux de roues !
À l’issue d’une phase d’adaptation d’un mois, le lot était même en meilleure forme que ne l’était son prédécesseur l’an dernier. « En 2024, il y avait eu beaucoup de grippes. Cette année, nous avons de la chance. Les veaux ont même réalisé une croissance très élevée pour une période d’adaptation. Le lot est très homogène », rapporte Emma Gayet.
L’évaluation a débuté pour de bon fin octobre et une pesée mensuelle a été effectuée mardi dernier. Le lot affiche toujours une très belle forme. « Tout se passe bien pour le moment. On a de la chance d’en avoir toujours 90 en pension », confie Emma Gayet. Alimentés avec un objectif de croissance de 1.400 grammes par jour, les veaux sont soumis à une période de contrôle de 84 jours.
La prochaine vente aux enchères de la station de Jalogny est prévue le 20 février 2026.
« C’est une belle expérience : je découvre plein de choses ! »
Âgée de seulement 21 ans, Emma Gayet est la nouvelle technicienne en charge de la station d’évaluation de Jalogny. Originaire de Vaudebarrier où son papa élève des charolaises, Emma est diplômée d’un BTS production animale qu’elle a effectué par apprentissage dans une ferme de Neuvy-Grandchamp. Dans le cadre de ses études, la jeune femme avait accompli son rapport de stage à Ferm’Inov, la ferme expérimentale de Jalogny. Souhaitant exercer comme salariée agricole, elle a postulé et a été embauchée pour le GIE Synergie Charolais. Une vraie surprise, avoue Emma qui pensait être trop jeune pour ce poste à responsabilité. Les membres du GIE ont visiblement été séduits par son dynamisme, son enthousiasme et son sérieux. Depuis le début du mois de septembre, Emma partage son temps de travail entre la station et la ferme expérimentale. Très motivée à l’idée de s’occuper de ses futurs pensionnaires, la jeune technicienne a devancé sa prise de fonction en assistant aux commissions de recrutement dès la mi-août puis les 1er et 2 septembre. Une expérience très intéressante, confie-t-elle. « C’était important d’y être allée, d’avoir vu les veaux dans leurs élevages ». Emma s’est ainsi rendue en Lozère, dans la Moselle, autour de Lyon, dans le Louhannais et en Côte-d’Or. Au quotidien, la jeune femme assure le pansage des veaux en leur distribuant leur ration deux fois par jour. Le foin est régulièrement remué de sorte que les pensionnaires aient du fourrage frais à volonté, explique la technicienne. Cette dernière assure une surveillance assidue du lot de veaux : « dès que l’un d’entre eux ne va pas manger ou qu’il ne finit pas sa ration, on lui prend sa température. On va les voir plusieurs fois dans la journée ; c’est aussi une façon de les dociliser », ajoute Emma. « Ils sont comme à l’hôtel ! », sourit-elle. Travaillant en autonomie, la technicienne a par ailleurs la charge de commander les aliments, les produits vétérinaires… C’est aussi elle qui saisit les poids pendant les pesées de contrôle. Et son rôle est également de caler tous les rendez-vous pour chaque étape du protocole d’évaluation : parage, spermatogenèse, vidéo, etc. « Je vais apprendre plein de choses ! » se réjouit Emma.