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Agrioccasions, les occasions agricoles
Président de la section bovine de la FDSEA de Saône-et-Loire

Il nous faut rester mobilisés !

Président de la section bovine de la FDSEA de Saône-et-Loire, Christian
Bajard est éleveur à Saint-Symphorien-des-Bois. A un an de l'action
conduite par la section bovine de blocage des établissements Bigard à
Cuiseaux, il rappelle les priorités d'action pour les mois à venir.
Par Publié par Cédric Michelin
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" Voilà un peu plus d'un an que nous bloquions, tous ensemble, l'accès aux abattoirs Bigard à Cuiseaux, tandis que nos confrères des autres départements en faisaient de même dans huit autres sites de production. Une action dure, sans précédent dans sa durée et dans sa vigueur.
Un an après, l'espoir est enfin de mise. Certes, tout n'est pas résolu, loin s'en faut, mais la reprise des cours a donné un espoir que nous appelions tous de nos voeux.
Aujourd'hui plus que jamais, les éleveurs ne doivent pas relâcher leurs efforts. Nous sommes au milieu du gué et, de notre capacité à poursuivre et à amplifier nos efforts, dépendra l'avenir de nos exploitations.
Nous avons face à nous le délicat dossier de la Politique agricole commune, la Pac, qui, dans sa teneur actuelle, a purement et simplement mis de côté nos zones intermédiaires. Notre département de Saône-et-Loire joue gros dans ce dossier : pas moins de 25 millions d'euros au bas mot, du fait de la perte probable en l'état des ICHN, qui seraient réservées aux seules zones de montagne, de l'incertitude sur la PHAE, la prime à l'herbe, et du probable découplage de la PMTVA. En l'état, la Pac 2014 assassinerait ce qu'il reste de notre élevage en zones intermédiaires. Nous devons le dire et le redire, à tous : élus, administrateurs, acteurs économiques et politiques, et bien entendu à tous les agriculteurs.
Toujours dans les dossiers qui figurent sur le haut de la pile, figure la démarche engagée par les Jeunes agriculteurs de Saône-et-Loire, et leur groupe Viande. Comme nous, ces derniers travaillent pour une juste et équitable rémunération de leur travail, au travers de prix rémunérateurs. Les JA le savent, nous les soutenons et les accompagnons dans ce travail conduit en étroite relation avec les groupements de producteurs, mais pas seulement. Tous ensemble, nous devons maintenir - pour ne dire accroître - la pression tant que nous n'aurons pas durablement des prix rémunérateurs en face de nos productions.
Trois pistes de travail se présentent à nous :
1) la reprise en main de nos marchés de proximité, en l'occurrence ceux des collectivités avec Charolais de Bourgogne. Nous travaillons à la section bovine dans ce sens. Le travail est long, mais commence enfin à porter ses premiers fruits. Les éleveurs doivent le savoir. Il y a aussi, et nous ne devons pas les négliger, les circuits courts, autre débouché à ne pas négliger pour nos productions de qualité ;
2) il y a également un important travail à conduire sur nos coûts de production ; nous disposons de marges de manoeuvre qu'il nous faut dégager et sur lesquels nous entendons, avec l'Institut de l'Elevage, Vivéa et nos structures de terrain, travailler.
3) il faut profiter de la hausse de la demande sur les marchés, en raison de l’accroissement des exportations, pour amener - les abatteurs et surtout la Grande distribution - à intégrer dans le prix de nos produits, un index sur nos coûts de production. Cette indexation donnerait une meilleure vision à moyen-terme pour les producteurs et ainsi préservera le potentiel de production.
Un an après Bigard, les choses ne sont toujours pas parfaites, mais nous avons repris confiance. Nous savons désormais tous qu'en nous mobilisant, qu'en restant unis, nous disposions de leviers réels pour modifier le cours des choses. A la section bovine, nous travaillons en ce sens ".