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Influenza aviaire : les autorités appellent à la vigilance

Sanitaire / La recrudescence des cas de grippe aviaire à l’occasion des migrations automnales amène les autorités sanitaires à renforcer les mesures de surveillance. Les éleveurs de volaille doivent respecter les mesures de protection. 

Par Actuagri
Influenza aviaire : les autorités appellent à la vigilance
©Apasec
En France, déjà 70 élevages de volailles (fin novembre) ont été touchés par la grippe aviaire.

C’est en découvrant des milliers de cadavres de grues cendrées autour du lac du Der dans la Marne, haut lieu de rassemblement d’oiseaux migrateurs, que les autorités sanitaires ont réalisé que la grippe aviaire était de retour, début octobre, beaucoup plus tôt que les années précédentes. Vingt mille grues cendrées mortes ont été recensées en France. Aussitôt, les autorités sanitaires se sont mobilisées pour limiter l’émergence de nouveaux virus de type H5N1 face à une contamination plus importante qu’en 2021-2022. « Le virus circule chez les oiseaux sauvages à des niveaux nettement supérieurs à ceux observés lors de ces deux années précédentes », a déclaré le professeur Didier Lepelletier, directeur général de la Santé lors d’un point presse. Sa présence a été déclarée dans vingt-cinq pays européens, chez les grues cendrées mais aussi chez des goélands, des mouettes et des canards. Des renards et des loutres ont été décelés positifs, d’où l’inquiétude quant à la propagation du virus et notamment à l’homme. Lors de l’apparition de la grippe aviaire en 1997 à Hong Kong, une vingtaine de cas humains avaient été décelés, puis un millier depuis 2003 avec une explosion des cas en Chine en raison d’une plus grande proximité avec les animaux. À ce jour, aucun cas humain de grippe aviaire n’a été observé en France, où le risque est estimé faible pour la population en général, qualifié de faible à modéré pour les personnes exposées à des animaux infectés ou un environnement contaminé, selon Santé publique France. Aux États-Unis, 1 700 foyers de grippe aviaire ont été détectés dans des élevages de volailles depuis 2022. Récemment les autorités constatent une reprise des cas en aviculture et en élevage de bovins. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plus de mille foyers sont concernés dans des troupeaux laitiers dans dix-huit États. Soixante-et-onze cas ont été signalés chez les hommes, dont un cas mortel en Louisiane.

Vaccination 

« Le virus de type H5N1 s’est ainsi adapté à de nombreuses espèces », a déclaré Marie-Anne Rameix-Welti, spécialiste du virus de la grippe aviaire à l’Institut Pasteur. « Pour l’instant pas de transmission interhumaine. Pour combien de temps ? La contamination passe par les voies respiratoires, le plumage du poulet, les aérosols du lait. Les vaches font des mammites. Les hommes déclarent des conjonctivites, mais il n’y a pas de pandémies grippales dans les populations humaines. » En France, déjà 70 élevages de volailles (fin novembre) ont été touchés cette année. Maud Faipoux, directrice générale de l’alimentation au ministère de l’Agriculture, a rappelé les trois piliers sur lesquels repose la prévention en France. Tout d’abord, la biosécurité dans les élevages, c’est-à-dire la désinfection des bottes, le lavage des mains, la limitation de la circulation de véhicules, l’instauration de zones tampons, la surveillance des animaux à l’intérieur des élevages et autour des foyers, etc. Des règles qui devraient être appliquées aussi par les petits détenteurs de basses-cours. Ensuite, la vaccination des canards est obligatoire depuis 2023, en tant qu’espèce sensible. Une troisième dose de vaccin devrait être rendue obligatoire en Vendée, suite à l’apparition de soixante nouveaux foyers. Enfin, Maud Faipoux a souligné la nécessité de surveiller pour détecter en appliquant le principe « One Health » (Une seule santé). Pour les éleveurs et les personnes au contact d’animaux, il est recommandé de se faire vacciner contre la grippe saisonnière, de réduire la chasse au gibier d’eau, de ne pas ramasser les oiseaux sauvages, de porter un masque si toutefois vous devez manipuler un animal malade, de signaler à l’Office français de la biodiversité (OFB) tout cadavre d’animal, de consulter un médecin et de porter un masque même pour des symptômes bénins. Le ministère de l’Agriculture rappelle que la consommation de volaille, d’œuf, de canard ou de foie gras ne présente aucun risque.

Actuagri