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Interview de la nouvelle directrice de l'EPLEFPA Fontaines Sud Bourgogne

Interview : Audrey Strippoli-Gay, nouvelle directrice de l’EPLEFPA Fontaines Sud Bourgogne

Nouvelle directrice de l’EPLEFPA Fontaines Sud Bourgogne, Audrey Strippoli-Gay rappelle le cap de l'établissement agricole : développement du supérieur, ancrage territorial renforcé et modernisation de l’exploitation. Une rentrée dynamique, des effectifs en hausse et une évaluation quinquennale pour bâtir le prochain projet d’établissement.

Par Cédric Michelin
Audrey Strippoli-Gay, directrice de l’EPLEFPA Fontaines Sud Bourgogne
Cédric Michelin
Audrey Strippoli-Gay, directrice de l’EPLEFPA Fontaines Sud Bourgogne

Pour commencer, pouvez-vous retracer votre parcours et vos fonctions jusqu’à votre prise de poste à Fontaines ? Qu’attendez-vous de cette rentrée ?

Audrey Strippoli-Gay : J’exerce des responsabilités de direction depuis 18 ans, dont 5 ans comme directrice. Auparavant, j’ai été directrice adjointe avec un périmètre très orienté formation continue et apprentissage.
Mon parcours n’est pas celui d’une école d’ingénieurs agronomes : j’ai une maîtrise en sciences de l’éducation et un master en ingénierie de la formation. J’ai travaillé dans plusieurs établissements de l’enseignement agricole, sur des territoires variés, en m’attachant à choisir des structures où je pouvais être utile au regard de leurs enjeux du moment.

 
Vous avez donc connu des sites et des systèmes de production très différents ?

A. S-G. : Oui. J’ai travaillé sur des exploitations pédagogiques polycultures-élevages où l’on retrouvait viticulture, arboriculture (notamment le cerisier), maraîchage, pépinière, et des ateliers bovins (notamment Limousins). J’ai aussi connu des productions plus originales comme l’osier. Cette diversité m’a permis d’alterner et de combiner des exploitations de lycées agricoles “végétal” et “animal”.

 
Vous connaissiez déjà la Saône-et-Loire ou Fontaines ?

A. S-G. : Je ne connaissais pas le territoire « de l’intérieur » mais je choisis d’abord un établissement et ses problématiques, là où je pense pouvoir apporter une plus-value. Depuis mon arrivée (1er septembre), je multiplie les rencontres : Chambre d’agriculture, réunions territoriales (comité LEADER...), partenaires… C’est essentiel, car l’EPLEFPA a, au-delà de la formation, une mission d’animation et de contribution au développement territorial, notamment via ses exploitations et ateliers technologiques.

Développement du supérieur : BTS, licence, bachelor

 
Côté effectifs et équipes pour cette rentrée, quel constat ?

A. S-G. :  La rentrée est très positive. Les équipes pédagogiques et de formation sont au complet, ce qui n’est pas si fréquent dans le contexte actuel. À Fontaines, nous avons accueilli environ 40 internes supplémentaires ; cela a demandé un peu de logistique, mais l’organisation fonctionne. Au total, l’EPLEFPA tend vers les 1.000 apprenants sur l’ensemble de ses sites (initial, apprentissage et formation adultes).
Nous développons le supérieur : ouverture d’un BTS en apprentissage et d’une licence professionnelle ; nous travaillons à l’ouverture d’un bachelor dès la prochaine rentrée, en partenariat avec l’Institut AgroSup Dijon, afin d’offrir des parcours continus de la seconde jusqu’à des études d’ingénieur pour ceux qui le souhaitent.

 
L’EPLEFPA a-t-il un gros "dossier" en cours ?

A. S-G. : Oui. Comme tous les cinq ans, l’établissement va réaliser une évaluation interne et externe (inspection, administration, enquêtes auprès des élèves, familles, personnels, professionnels, élus…). Cette « photographie » alimente le projet d’établissement pour les cinq prochaines années, décliné ensuite par chaque centre (lycée, CFA, CFPPA, exploitation).
Dans ce cadre, l’exploitation agricole se penchera sur ses objectifs et investissements (par exemple rénovation de bâtiments), pour rester au niveau des attentes professionnelles et pédagogiques – il ne s’agit pas de montrer à nos élèves des équipements qui deviendraient rapidement obsolètes.

Vie scolaire et bien-être des apprenants 


Quelles priorités nationales irriguent votre feuille de route ?

A. S-G. : Deux axes majeurs : les valeurs de la République (prévention du harcèlement, liberté de conscience, laïcité avec des temps forts comme le 9 décembre, etc.) et la reprise-transmission des entreprises agricoles. L’enseignement agricole a un rôle à jouer pour préparer et mettre en relation porteurs de projet et cédants.

 
Quid donc du « bien vivre » à Fontaines ?

A. S-G. : La majorité de nos élèves sont internes du lundi au vendredi. Au-delà des cours, nous proposons des ateliers chaque mercredi après-midi (sportifs, culturels, ludiques), des temps d’études obligatoires, et un accompagnement individualisé. L’établissement est reconnu pour son climat scolaire, sa proximité éducative et ses projets (par ex. classe Défense).

 
Les filières d’élevage sont confrontées a de nombreux changements. Comment l’école se positionne-t-elle ?

A. S-G. : Nos établissements doivent expérimenter, éveiller nos élèves à d’autres pratiques, adapter les systèmes et proposer une boîte à outils pour qu’ils construisent leur propre système, adapté à un territoire et à un contexte. L’époque des schémas figés est derrière nous.

 
En matière d'enseignement, on entend beaucoup parler de l’IA générative. Quelle approche avez-vous de ces nouvelles technologies ?

A. S-G. : Dans les exploitations, les technologies sont déjà là : guidage des tracteurs, capteurs, drones, détection des chaleurs via colliers connectés, applications météo et d’alerte, etc. Pour l’IA à l’école, nous en sommes encore aux balbutiements : pas de consigne ministérielle spécifique à ce stade. Notre enjeu, c’est d’amener les élèves à un usage raisonné, avec esprit critique, vérification des sources et prise de recul. On ne peut pas l’ignorer, mais on doit en faire un outil, pas un substitut à la réflexion.

 
Un dernier mot sur l’EPLEFPA Fontaines Sud Bourgogne et ses perspectives ?

A. S-G. : C’est un très bel établissement, bien entretenu, avec un cadre de travail privilégié. La boutique valorise nos productions dans une logique de circuits de proximité et d’agro-écologie raisonnée. Nous allons poursuivre la dynamique : ancrage territorial, expérimentation au service de la profession et parcours de formation complets pour les jeunes et les adultes. Mon rôle, c’est d’assurer la continuité de ce qui fonctionne et d’apporter les actualisations nécessaires.