L’Agriculture dans le débat
l’APCA et les JA ont rendu public leurs orientations qu’ils souhaitent
faire partager aux différents candidats. Un journal "Spécial
présidentielles 2012" de huit pages décline leurs priorités pour
l’agriculture française.
D’abord, l’agriculture avec son amont, son aval et les services doit être « consolidée dans son pôle d’excellence », a plaidé Xavier Beulin. Ce que beaucoup de nos concitoyens ignorent c’est que l’agriculture et l’agroalimentaire ont dégagé un excédent commercial de près de 12 milliards d’€ en 2012, un nouveau record, alors même que la balance commerciale française affichait un déficit lui aussi record de 70 milliards d’€ ! Sans parler de l’emploi qui représente 15 % de la population active française…
Passer des idées aux actes
Face aux adeptes du repli, le positionnement de l’agriculture française doit être international. « Nous attendons confirmation des orientations du G20 agricole », a insisté le président de la FNSEA, même si des progrès ont été réalisés en matière de systèmes d’information sur les marchés. La priorité étant, bien entendu, la relance de la production agricole à l’échelle de la planète, y compris en France, pour éviter de nouvelles crises alimentaires. Ainsi que l’encadrement de la financiarisation des marchés agricoles pour limiter la volatilité des prix et donner de la visibilité aux agriculteurs.
Une priorité
Tous les candidats à la présidentielle, quels qu’ils soient, sont tous attendus sur l’Europe. Pour la FNSEA et les organisations agricoles « fixer le budget de la Pac et le rendre stable est la priorité absolue ». Ce c’est qu’une fois que cette garantie sera acquise qu’il sera alors possible de discuter du contenu. Même si à l’heure actuelle le verdissement préconisé par Dacian Ciolos inquiète beaucoup, notamment la mise en jachère de 7 % des terres agricoles.
« Nous attendons un positionnement clair des candidats » sur ce sujet, a martelé le président de la FNSEA qui a également évoqué le nécessaire renforcement des mesures de gestion des marchés. « Nous devons mieux articuler les mesures communautaires qui restent faibles avec une dimension nationale sur les aspects fiscaux, sociaux et de financement de l’agriculture ».
Distorsions de concurrence
Tous les candidats seront également interrogés sur le rétablissement de la compétitivité de l’agriculture française. Xavier Beulin n’a pas caché qu’il entendait que la France redevienne le numéro un du secteur en Europe… La France dispose de fait des compétences, du savoir-faire, de la terre et elle se fait « damer le pion » par ses voisins, l’Allemagne en particulier, déplore-t-il.
« Le prochain président de la République aura une lourde responsabilité en la matière, car il y va de l’avenir de notre pays », a insisté le président de la FNSEA.
Et d’évoquer les différentes normes franco-françaises que les pouvoirs publics imposent aux agriculteurs, les charges sociales excessives, le retard en matière d’innovation qui plombent la compétitivité de la ferme "France" et pénalisent injustement les agriculteurs français. « Nous ne voulons pas une écologie punitive et dogmatique », a rappelé le président de la FNSEA qui plaide aussi pour un changement d’assiette des cotisations sociales - la TVA Emploi - pour réduire le coût du travail. Avant d’insister sur l’importance de l’innovation, y compris en matière de biotechnologies, pour que la France reste dans la course à l’avenir.
A quand « une administration partenaire » ?
Ce sont les questions d’environnement qui préoccupent en premier chef les chambres d’Agriculture. Les remontées des conseillers agricoles - en contact quotidien avec les agriculteurs - visent toujours les exigences draconiennes et les tracasseries administratives qui sont imposées aux agriculteurs. « Nous avons besoin d’une administration partenaire et non punitive », a plaidé Guy Vasseur, rejoignant les propos du président de la FNSEA sur la nécessité de parvenir à une harmonisation européenne pour ne pas brider la compétitivité de l’agriculture française. Lui aussi souhaiterait que la commande publique en matière de recherche et d’innovation « soit plus claire et plus lisible » pour préparer l’agriculture de demain.
« Construire l’agriculture de demain »
Les Jeunes agriculteurs (JA) sont sur la même longueur d’ondes. Leur président, Jean-Michel Schaeffer, a mis en avant la nécessité de mettre en place une stratégie nationale agricole pour produire davantage et offrir une alimentation abondante, diversifiée et de qualité aux consommateurs. Cela impose aux différents candidats qu’ils soient attentifs à la sauvegarde du foncier agricole et à l’installation des jeunes, « pour construire aujourd’hui l’agriculture de demain ».